Trousseau, loc. cit. p
HAE ETS
«Il y a donc ici, conclut Becquerel, qui avait bien analysé ces phénomènes, double action et influence réciproque : 10 de l’urine sur la muqueuse vésicale pour Paltérer ; 2° du produit de la muqueuse vésicale enflammée sur l’urine pour l’altérer davantage. » (1).
Il faut ajouter que la cystile ainsi produite est beaucoup plus rare que celle qui résulte d’un cathétérisme évacuateur qui agit lorsqu'il est mal fait, par la déplétion vésicale trop rapide et trop complète qu'il amène et par l'introduction accidentelle de germes morbides.
Nousn'avons observé cette complication etencore à un faible degré que très rarement. Mais dans l’observation VIII, l'urine rendue à chaque miction était, dès le début, d’odeur fortement ammoniacale.
Le pronostic de la rétention en général, par rapport à la gravité de la dothiénentérie, serait intéressant à connaître. Malheureusement les données sur ce point sont incomplètes. Si dans un certain nombre de cas, la rétention de même que l’incontinence,
sont symptomaliques d’un état adynamique grave
souvent suivi de mort, si donc à ce point de vue ce
sont là des symptômes d'un pronostic réservé, il n'en est pas toujours ainsi. Sur 23 cas mortels, Jenner cité par Marchison dans son Traité de la fié-
1. Becquerel. Séméiotique des urines ou traité des altérations de l'urine dans les maladies,1841,p. 426.
Rene
re typhoide ne l’a observé qu'une fois, alors qu'il avait rencontré dix fois l'incontinence des matières.
Nous en avons observé dans des formes légères, moyennes et mortelles de fièvre typhoïde, et l’opinion de Gaussail (1) disant que «la rétention d’urine, si grave, qui est liée à la paralysie de la vessie et qui ne s'observe guère que lorsque les symptômes cérébraux sont portés à un haut degré », n’est pas comme on peut le voir, rigoureusement exacte.
Signalons cependant que le cas où nous l’avons observée d’une façon vraiment précoce (obs. I), au deuxième ou au troisième jour de la maladie, fut grave et rapidement mortel. Nous rapprocherons de ce fait celui publié par Jaccoud {2) et que nous rapportons à la suite de nos observations personnelles, où cette rétention survenue d’une façon également précoce, eul lieu au cours d’une fièvre grave à terminaison fatale rapide.
De tels cas sont trop rares pour emporter la conviction ; il est possible cependant que cette manifestation précoce sur un organe en général épargné par l'infection typhique, soit l'indice d’une plus grande malignité de l'affection.
1. Gaussail. De la fièvre typhoïde, de sa nature et de son traitement, 1839, p. 83.