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PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE ET ESSAI DE PATHOGÉNIE

Avant Louiset Chomel, on s’accordait déjà à reconnaître quela rétention etl’incontinence s’expliquaient aisément, l’une, par la paralysie des fibres musculaires qui forment le corps de l'organe, l’auire, par suite de l’inertie qui frappait le sphincter vésical. Ces raisons étaient d'autant plus satisfaisantes que c'était surtout dans les formes ataxo-adynamiques qu'on les observait, et qu’elles s’accompagnaient le plus souvent de paralysies généralisées ou localisées ailleurs. |

Cette même explication rend d’ailleurs un compte suffisant de la constipation qu’on peut observer dans la dothiénentérie. Lés fibres lisses intestinales paralvsées n’ont plus l'énergie de faire cheminerle contenu de l'intestin, et elles se laissent forcer amenant ainsi d'énormes distensions abdominales, et le tympanisme qui en est le témoin. D’autre part, la paralysie du sphincter anal rend compte de l’évacuation involontaire des matières alvines, dans le cas où cette évacuation ne se fait pas seulement

parce que toutes les sensations étant émoussées,

le malade n’éprouve plus le besoin ordinaire de défécation.

Rappelons que cette interprétation peut s’appliquer également à un certain nombre d'incontinences, et que d’autres sont dues uniquement à la baisse des facultés psychiques. à la négligence, à la paresse qu'elle occasionne.

Dans quelques-uns de nos faits aussi, nous avons reconnu, ainsi qu'on l’a vu au chapitre précédent, une rétention d’allure vraiment spasmodique puisqu'il suffisait que le sphincter fut forcé pour que la miction s’effectuât aussitôt et normalement. Le spasme, rendant les mictions difficiles, l'émission d'urine lente, se faisant attendre, est un phénomène du même ordre.

Ce n’est là sans doute qu’une répercussion isolée et rare d’un état de susceptibilité nerveuse exagérée qui se traduit de multiples façons. On connaît les phénomènes spasmodiques qui peuvent se présenter sur les muscles, sur ceux des mémbres en général, les contractures localisées et généralisées, l'hyperesthésie, etc., qui se voient surtout dans la forme ataxique et qui revêtent même la physionomie d’une affection médullaire dans la forme spinale.

Nous avons retrouvé dans un certain nombre de cas cette excitabilité nerveuse anormale.

Les réflexes rotuliens, anti-brachiaux, olécraniens étaient en effet un peu ou très notablement exagérés dans les cas T et V, et dans ce dernier cas il y avait aussi de la trépidation épileptoïde du pied. Dans le

cas VIT, les réflexes étaient complètement abolis : dans le cas IV, abolis d'abord, ils revinrent ensuite

et une légère trépidation épileptoïde fut alors notée.

Ces notions de paralysie et de contracture n’ont, il est vrai, rien de spécial à la fièvre typhoïde. C'est qu'en effet, la vessie est un organe sur lequel l’infection typhique n’a guère d’action directe et spéciale. Ces désordres nerveux qui s’y produisent sous son influence rentrent donc dans des cadres connus.

Mais est-il possible d’aller un peu plus avant dans l’étude de la pathogénie de ces symptômes ?

Certes, des prédispositions individuelles ou héréditaires, qui ne sont pour nous d’ailleurs que de simples hypothèses, doivent contribuer pour une part à leur production. Les antécédents urinaires des sujets, les altérations de la vessie et de l’urètre dues à l’âge doivent également entrer en ligne de compte. Mais comment expliquer que quelques-uns seulement parmi ces malades qui paraissent devoir fournir à leur développement un excellent terrain, en demeurent indemnes ? Un certain nombre de typhiques en effet ont de l’exagération ou de labolition des réflexes, des signes variés de réaction nerveuse pathologiquement développée ; d’autres ont eu plusieurs blennorragies antérieures, des blennorragies en évolution, des traumatismes, du surmenage, etc., et tous cependant n’ont pas d’incontinence fou de

rétention.

Peut-être sommes-nous là en présence d’un fait inconnu : l'infection ou l’intoxication typhoïdiques peuvent amener des modifications intimes des tissus qui créent des lieux de moindre résistance.

Peut-être aussi ces lieux de moindre résistance sont-ils antérieurs au développement de la fièvre typhoïde. Dans les observations que nous avons eues, la rétention était fréquente chez la femme. Ce peut être l'effet du seul hasard.

Mais cependant la femme n’a-t-elle pas plus que l’homme peut-être des raisons profondes de souffrir dans sa vessie, même sans que cette souffrance se soit manifestée par des signes positifs. S’il est vrai par exemple que la cystite soit, comme l’indique la statistique générale, moins fréquente chez elle que chez l’homme, il en est une qui lui est spéciale et sur laquelle le professeur Guyon (1) a insisté : la cystite d'origine utérine.

Si les affections de l’arbre urinaire, du rein par exemple, de même que les affections des organes péri-vésicaux ont un retentissement fréquent sur ce viscère, l'utérus avec les modifications physiologiques ou pathologiques dont il est souvent le siège, doit pouvoir être souvent incriminé dans les affections de la vessie. La vessie est d’une vascularisation extrêmement riche. Nombreuses sont les causes d’origine utérine qui peuvent amener sa conges-

tion fréquente et excessive. Au moment des règles,

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