OBSERVATION VII
(Due à M. Ferrand, interne de service.)
Fièvre typhoïde modérément grave. — Trois blennorragites dont la dernière remonte à douze années. — Pas de goutte urétrale pendant tout ce temps. — Rétention de 2 litres et demi d'urine, alors que le malade continue à uriner spontanément. — Après le cathétérisme, goutte
urétrale contenant des gonocoques.
L..., irente-deux ans, employé au Bon Marché, entre a la maison Dubois le 31 juillet.
Rien à signaler dans les antécédents héréditaires. Luimême a toujours été bien portant. Il a eu cependant {rois blennorragies: à dix-huit, dix-neuf et vingt ans, qui ont duré environ deux mois chacune. Il dit n'avoir jamais conservé de goutte et il n’en a jamais observé même après des excès. Depuis l’âge de vingt ans, depuis douze années par conséquent, son urètre lui paraissait absolument sain.
La maladie actuelle remonte à une quinzaine de jours ; depuis une huitaine, il est alité.
A l’arrivée, langue rôtie, ventre douloureux, diarrhée, pas de céphalée, il a toujours eu la tête libre ; pas d'épistaxis. Taches rosées ; grosse rate ; bronchite légère réflexes
légèrement exagérés. Balnéation.
Il urine bien, facilement, sans douleur, jamais involontai-
pro rement dans le lit ; quelquefois dans le bain, mais volontairement. Il rendait environ 2 litres d'urine par jour.
16 août, — Ventre un peu ballonné, à la palpation seulement, sans que rien n'ait attiré l'attention de ce côté. En examinantle ventre, on s'aperçoit que la vessie est distendue. On pratique immédiatement le cathétérisme qui se fait sans difficulté et on retire la quantité énorme de 2 litres et demi d'urine, alors que le malade venait d'émettre volontairement une faible quantité d'urine.
On le sonde trois jours de suite, une seule fois, le matin. On retire 1 litre le deuxième jour, 800 grammes le troisième.
Pendant tout cetemps, le maladecontinuait à uriner spontanément cinq à six fois par jour. |
Jamais pendant sa maladie et pendant la première phase de celle-ci, il n'avait eu de difiicultés ou de douleurs en urinant ; pas d’envies fréquentes.
On applique des compresses chaudes qu'on renouvelle fréquemment, sur la région hypogastique. Puis on donne des buins chauds à 38 degrés. Dès le quatrième jour, il n’est heureusement plus besoin de le sonder, la malade urine volontairement dans ses bains et sa vessie ne se distend plus autant. Le cathétérisme en effet, quoique se faisant facilement, était devenu excessivement douloureux.
La vessie continue cependant à être appréciable à la palpation pendant quelques jours, on ne la sent plus ensuite.
Depuis les cathétérismes, le malade a conservé une dou- | leur, uneirritation assez vive dans la verge, surtout la nuit.
Il a une sensation de cuisson assez intense, particulièrement.
après les mictions qui continuent à se faire sans difficulté et sans douleur dans les bains chauds.
On applique non seulement sur la vessie, mais sur la verge et les cuisses, des compresses chaudes. Au bout de trois ou quatre jours, le malade est complètement soulagé.
Pas d'albumine dans les urines , mais celles-ci ont une odeur fortement ammoniacale dès l'émission.
Quelques filaments apparaissent après expression de l’urètre. L'un d'eux examiné montre d’abondantes cellules épithéliales, des globules de pus et des gonocoques.
26 août. — Tous ces phénomènes ont presque complètement disparu. Les réflexes continuent à être un peu exagérés. Dès qu'on lui en eût fait connaître le danger, le malade cesse même d'uriner dans ses bains.
La maladie suit son cours normal et le malade sort convalescent le 2 septembre.
OBSERVATION IX (Personnelle) (Service du D' Courtois-Sufit.)
Fièvre ty phoïde très grave, adynamique, puis ataxique. — Incontinence d'urine, puis rétention incomplète, et quand celle-ci disparaît, de nouveau incontinence des matières
et des urines. — Mort.
T..., trente ans, boulangère, entre à la maison Dubois le 25 août.
Elle est alitée depuis quinze jours.
Ella toujours été bien portante ; elle a deux enfants en
excellente santé. Elle n’a jamais fait de fausse couche eta
toujours été bien réglée. Pas d'infection post-puerpérale : elle n’a jamais souffert du ventre. Elle avait quelques pertes blanches, surtout quand elle se fatiguait, mais qui ne furen: jamais vertes ou jaunâtrés. Son mari nous dit n'avoir jamais eu de blennorrhagie. Elle a toujours uriné normalement.
A son arripée prostration assez marquée ; congestion du visage ; rate percéptible à la percussion ; pas de taches rosées ; langue rôtie ; un peu de diarrhée, bronchite légère. Balnéation.
26 août. — Elle a uriné volontairement, mais peu, 250 gr. environ.
27 août. — Elle a uriné sans s’en rendre compte dans le bain, en même temps qu'elle avait une évacuation alvine. Pas d’incontinence dans son lit. Elle n’a uriné que deux fois en vingt-quatre heures. Urines rares et très albumineuses.
28 août. — Ventre ballonné et dur ; vessie perceptible à la palpation. Le cathétérisme se fait facilement ; on trouve dans la vessie 1 litre d’une urine rouge foncé, très albumineuse.
Pas de taches rosées. langue rôtie, cœur éréthique, spartéine. Le même soir, pas d’urine dans la vessie, ventre normal, à peine ballonné. Réflexes patellaires très diminués, peut-être abolis. tbe
29 août.— Réflexes patellaires nettement abolis, Le matin, à 8h. 1/2, elle urine un peu dans son bain involontairement. Une heure après, la vessie paraissant distendue, on sonde la malade à l'heure habituelle. On retire 1 litre de liquide. Ventre très ballonné au moment du cathétérisme.
Cœur éréthique et très rapide ; on continue le sulfate de
spartéine.
A 9 heures du soir, la vessie n’est pas distendue. P. 140.
30 août. — Séro diagnostic positif.
5 septembre. — Pouls, 134. Agitation. Délire pendant toute la nuit précédente. Incontinence des urines et des matières. Pas de rétention nécessitant le cathétérisme.
8 septembre. — Incontinence des matières et des urines ; la malade est de plus en plus agitée. Son cœur est très rapide et faible. On compte 160 pulsations. Les réflexes patellaires sont revenus et paraissent normaux ; il y a une ébauche de trépidation épileptoïde.
13 septembre. — L'incontinence des matièreset des urines a continué pendant les derniers jours. La malade est presque continuellement dans le coma. Il se produit des troubles trophiques ; taches ecchymotiques disséminées. la main gauche paraît comme macérée par la sueur.
La malade meurt dans la nuit.
OBSERVATION X (Personnelle )
(Service du D: Courtois-Suflit.)
Fièvre typhoïide prolongée; rechute. — Rétention incomplète.— Malade excessivement nerveuse. — Douleurs gas-
triques et abdominales se prolongeant pendant la con-
valescence.
Mie M... vingt-huit ans, sans profession, entre à la mai-
son Dubois le 7 octobre.
Elle est souffrante depuis le 10 septembre,alitée seulement
RON es le jour de son entrée dans le service. Mais ce jour même, on lui découvre des taches rosées, une grosse rate.
La température est de 40 degrés.
Le lendemain : séro-diagnostic positif.
Dès son arrivée, elle eut des mictions excessivement pénibles ; elle criait chaque fois qu’elle urinait spontanément. Comme la vessie restait distendue malgré les mictions. onla sonda deux fois par jour, pendant quatre ou cinq jours.
La dothiénentérie suivit son cours normal ; la température fut oscillante jusqu'au commencement de novembre. Puis elle atteignit 37 degrés le matin, mais remonta habituellement le soir. Vers le 20 octobre, elle cessa de remonter le soir pendant trois jours, puis il y eut une rechutè qui dura jusqu’au 15 décembre.
Enfin elle sort guérie le 17 janvier.
Pendant la plus grande partie de son séjour dans le service, elle eut des douleurs gastriques et des coliques abdominales violentes qui persistèrent pendant la convalescence. Elle eut même pendant un certain temps un point appendiculaire qui resta d’ailleurs le seul signe d’une appendicite possible.
Elle avait une constipation opiniâtre,
Elle était excessivement nerveuse, avec des crises de larmes et de cris, à la moindre émotion, à la moindre contra-
riété. Vierge, elle n'avait aucun passé génital ou urinaire.
— 69 su
OBSERVATION XI (Résumée, personnelle)
(Service du D'Courtois-Suffit.)
Fièvre typhoide légère. — Pas d'antécédents urinaires
ou génitaux. — Rétention incomplète.
M'eR.…., vingt-quatre ans, sans profession, entre à la maison Dubois le 10 octobre.
Elle est malade depuis le 25 septembre environ, alitée depuis six jours.
Céphalée, courbature, grosse rate, taches rosées. Sérodiagnostic positif.
Rétention incomplète les deux premiers jours de son arrivée dans le service. |
La fièvre tourne court rapidement. A partir du 19 octobre, plus de température. La malade sort guérie le 21 novembre.
Elle n'avait aucun antécédent urinaire ou génital.
OBSERVATION XII (Résumée)
(Due à M. Ferrand, interne du service).
Fièvre typhoide modérément grave, à rechutes. Douleurs anales et rectales très violentes.—Concurremment mictions excessivement fréquentes et très douloureuses. — Ténesme
rectal et vésical. — Pas de rétention.
LVY (À
M'e E..., trente-six ans, demoiselle de magasin, entre le 30 mai, au cours d’une dothiénentérie confirmée. Maillard 5
Elle urine quelquefois involontairement dans ses bains, jamais au lit.
En pleine fièvre typhoïde, elle urinaït assez peu : 6 à 8 fois par jour, et ne rendait pas beaucoup d'urine, 1.200 grammes en moyenne.
Vers la fin de juillet, elle eut pendant quinze jours des souffrances épouvantables à l'anus et dans le rectum, douleurs que rien ne pouvait calmer. Pas de fistule. Petites hémorroïdes internes à peine appréciables. Il s'agissait peut-être dans ce cas de plaques de Peyer ulcérées, situées très bas.
À ce moment, elle urinait 20 à 30 fois par jour, et plus. Ténesme rectal et vésical. Mictions très douloureuses.
Dans la convalescence qui survint après deux rechutes, elle urinaiït encore beaucoup et souvent : 3 à 4 litres par vingt-quatre heures et 15 et 20 mictions .
D'ailleurs elle nous dit avoir toujours uriné très souvent. Même avant d’être malade, elle ne pouvait se retenir longtemps d’uriner qu'avec une certaine difficulté.
Après une convalescence longue, la malade sort guérie, le:
17 septembre.
OBSERVATION XIII (Résumée, personnelle)
(Service du Dr Courtois-Sufi t.)
Fièvre typhoïde de moyenne gravité. — Hémorragies intestinales. — Signes vésicaux allant en s'accentuant jusqu'à
l'incontinence. — Pas de rétention.
Mie S.., trente-trois ans, femme de chambre, entre à la
maison Dubois le 3 septembre.
Malaises depuis quinze jours au moins, alitée depuis une huitaine.
Taches rosées, céphalée, courbature, constipation, grosse rate, pas d'épistaxis. Ballonnement du ventre. Séro-diagnostic longtemps négatif, positif enfin le 26 septembre.
Le huitième jour de sa fièvre typhoïde, jour de son arrivée dans le service, incontinence d'urine dans les bains, accident qui se renouvela dans la suite. |
26 septembre.— Elle se plaignait de douleurs en urinant ; mais les mictions étaient encore suffisamment espacées.
1** octobre. — Mictions fréquentes et douloureuses.
& octobre. — Mictions involontaires, même le jour, et qui persistent jusqu’au 12 octobre. Pas de rétention.
Les organes génitaux examinés, on trouve la vulve et l'entrée du vagin très rouges. Pas de goutte urétrale.
28 octobre. — L'amélioration commence et la malade sort
guérie le 2 décembre.
OBSERVATION XIV (Résumée)
(Due à M. Ferrand, interne du service.)
Dothiénentérie grave à forme septique. — Phlegmatia alba dolens ; adénites. — Incontinence souvent volontaire
par suite d’affaiblissement de l'intelligence.
G..., trente ans, entre à la maison Dubois le 26 août, environ au dixième jour de sa fièvre typhoïde.
à : 2 ) Diarrhée, taches rosées, présence d’albumine et de pus
dans les urines ; diazo-réaction positive. Il avait eu au régiment une blennorragie parfaitement guérie depuis lors.
Séro-diagnostic positif. Bains.
Le quatorzième jour, début d’une phlegmatia alba dolens du membre inférieur gauche qui nécessita son immobilisation dans une gouttière de Bonnet.
Fièvre typhoïde grave ; température oscillante ; fréquemment deux à trois degrés de différence entre le matin et le soir pendant plus d’un mois, jusqu’au 2 octobre. Défaillance cardiaque. Frissons répétés. Adénite et périadénite sousmaxillaires gauches. Douleurs assez violentes dans les membres inférieurs,
Pendant une huitaine de jours, envies impérieuses et fréquentes d'uriner, tous les quarts d'heures pendant quelques jours. Mictions non douloureuses. [urine pendant son bain.
1@ septembre. — Incontinence des matières sans incontinence d'urine, fait qui se renouvela plusieurs fois dans la suite. Très rarement émission involontaire des urines quand il était éveillé.
Il est possible que ces évacuations aient été quelquefois involontaires, les jours où le malade prostré, paraissant profondément infecté. n'avait qu'une minime réaction ou était dans un état de subdélire. Souvent il s’oubliait volontairement dans son lit plutôt que de demander le bassin, opération excessivement pénible pour lui à cause des douleurs vives dans les jambes qu'il éprouva longtemps et aussi pour être désagréable à la garde qui était obligée de le changer. Le malade fut au cours de sa fièvre typhoïde excessive-
ment fantasque, violent, grossier envers ses gardes et même
“envers ses parents.
Le malade sort en bonne voie de guérison, le 20 sep-
tembre.
OBSERVATION XV (Personnelle, résumée) (Service du Dr Courtois-Sufiit.)
Fièvre typhoide assez bénigne. — Blennorragies antérieures. — La dernière, complètement guérie quelques semaines avant, au dire du malade, réapparaît pendant la fie-
ore actuelle. — Aucun trouble urinaire; pas de rétention.
R..., trente-cinq ans, diplomate, entre à la maison Dubois, le ro octobre.
La fièvre typhoïde assez légère suit son cours normal. Le huitième jour de la maladie confirmée, diarrhée, grosse rate, langue rôtie. Séro-diagnostic positif. Il sortit en pleine convalescence au bout d'un mois, après avoir pris quelques bains seulement.
Le seul point intéressant de cette observation est celui-ci. Le malade a eu cinq blennorragies : la première à dix-huit ans, puis il eut à vingt et un, vingt-cinq et vingt-huit ans, ce qu'il appelait des « retours » de ce premier écoulement. Chacun d'eux demandait environ deux mois de soins.
Il pratiqua des injections de substances diverses et prit à plusieurs reprises des opiats variés.
La cinquième blennorragie précédait de quelques semaines la fièvre actuelle. Elle avait été traitée par de grands lavages au permanganate de potasse assez mal tolérés d'ail-
leurs. Ils occasionnaient, dit le malade « des douleurs au col
— 54 2 de la vessie ». Aucune trace de pus ne fut constatée avant l'entrée du malade dans le service.
Au bout de peu de temps cependant, apparut une goutte urétrale jaunâtre qui devintbientôt un véritable écoulement permanent et abondant avec tous les caractères d'un écoulement blennorragique et dans lequel on constata au micros- : cope d'abondants gonocoques intra et extra-cellulaires.
Le malade n’eut cependant à aucun moment de difjicultes
pour la miction. L'écoulement était absolument indolore.
OBSERVATION XVI (Personnelle, résumée)
(Service du D: Courtois-Suflit.)
Fièvre typhoide modérément grave, — Syndrome ataxoadynamique assez peu marqué.— Blennorragie il yaun an.— Jamais le moindre symptôme urinaire au cours de
l'affection actuelle.
MieM.…., vingt-trois ans, sans profession, entre à la maison Dubois le 23 juillet à la fin d’une fièvre typhoïde de gravité moyenne, pour laquelle elle avait été soignée chez elle depuis une quinzaine de jours environ.
Rien de particulier à signaler dans la maladie actuelle au moment de l'entrée dans le service. Il y a une certaine prostration cependant qui fait suite à l'état subdélirant dans lequel elle s’est trouvée quelques jours auparavant. Séro-diagnostic positif, La température élevée au début, environ 4o degrés,tombe rapidement, et elle sort complètement gué-
rie le 28 août. OT
Pr te
Les mictions furent toujours n ormales ; les urines très peu albumineuses ; elles étaient très claires et ne présentèrent rien d’anormal.
Elle n'eut jamais de mictions involontaires ni dans son lit ni dans ses bains. Pas de vaginite, pas de métrite. Col utérin petit et d'apparence normal. Un an auparavant elle fut cependant soignée pour une blennorragie aiguë avec pertes verdâtres et même striées de sang qui dura un mois. Elle n’en
garda ensuite, dit-elle, aucune trace.
OBSERVATION XVII (1) (Résumée)
(Due à M. Vouters interne, service du D’ Courtois-Suffit.)
Fiècre typhoide moyennement grave ; antécédents brightiques ; mictions douloureuses et difficiles. — Pas de réten-
tion.
Mr: G..., quarante ans, sans profession, entre au mis de septembre à la maison Dubois.
Elle a eu des antécédents brightiques très nets, de la cé-
phalée, des vertiges, des ædèmes passagers, etc.
1. Nous croyons devoir donner ici 4 nouvelles observations prises ultérieurement dans ce même service de la maison Municipale de santé par M. Vouters, interne du service, qui nous en a obligeamment communiqué le résumé. Nous n’en tenons pas compte cependant dans l’analyse que nous avons faite de ces rétentions, car elles sortent de la limite du temps d'observation, que nous avons voulu étudier iei.
Au début de sa fièvre typhoïde, les mictions étaient normales, mais l’urine renfermait une très notable quantité d’albumine.
Le cinquième jour de son entrée, les mictions devinrent douloureuses, puis extrêmement difficiles. On craignit un moment d’être obligé de la sonder. Des compresses chaudes furent appliquées sur la région hypogastrique, et à partir de ce moment les mictions furent plus faciles. La maladie suivit
ensuite son cours normal.
OBSERVATION XVIII (Résumée)
(Due à M. Vouters.)
Fièvre typhoide grave. — Traumatisme cranien consécutif à une chute. — Rétention complète puis incontinence.— Spasmeurétro-vésicalprobable. — Mort au bout
de neuf jours.
H..., quarante et un ans, entre à la maison Dubois au mois de septembre.
Il avait probablement des antécédents urinaires d’après les renseignements assez vagues qu'on put tirer de lui quand il n’était pas dans un demi coma. Dans l'hôtel qu'il habitait, il fit en eftet une chute grave qui le laissa sans connaissance pendant plusieurs jours. Les renseignements faisant défaut, il est impossible de dire si cette chute fut. purement accidentelle ou consécutive à un ictus ou à un
accès épileptique.
Après son arrivée, il sortit un peu de son coma, il eut de l'hyperthermie et présenta des signes typhiques.
L'agglutination fut positive. Dès le premier jour de son arrivée, on fut obligé de le sonder deux fois dans les vingtquatre heures. Etant donné le traumatisme antérieurement subi, toute réserve doit être faite sur l’origine typhique de cette rétention.
On cessa le cathétérisme quelques jours après, parce que le malade émettait, probablement par regorgement, une suflisante quantité d'urine. Ces émissions étaient d’ailleurs involontaires.
Le malade retomba rapidement dans le coma et mourut
quelques jours après son entrée dans le service.
OBSERVATION XIX (Résumée) (Due à M. Vouters.)
Fièore typhoïide grave. — Ataxie. — Délire. — Complications pulmonaires, mort. — Antécédents génitaux. —
Rétention.
M'ic L.…., trente ans, entre à la maison Dubois le 13 septembre.
Lors de son arrivée, extrême agitation, délire. Elle voulait se suicider en avalant des morceaux de verre. Dès le deuxième jour, on fut obligé de la sonder deux fois par vingtquatre heures, pendant sept à huit jours. Elle eut ensuite de l’incontinence des urines et des matières.
À mesure que l'agitation se calmait, elle présenta d’autres
phénomènes graves. Le cœur était extrêmement faible ; puis
on note de la congestion des deux poumons et enfin une broncho-pneumonie emporta rapidement la malade.
Au dire de l'entourage, car il fut impossible de tirer d'elle aucun renseignement positif, elle aurait eu un passé génital
pathologique assez chargé.
OBSERVATION XX (Résumée)
(Due à M. Vouters.)
Fièvretyphoïde grave. — Rétention. — Cathétérismeimpos: sible d'abord, difficile ensuite, puis d'une grande facilité. — Rôle très net du spasme urétral. — Mictions involontaires par regorgement quelques jours avant la mort.
. — Surmenage physique et intellectuel.
P..., quarante ans, ingénieur, entre à la maison Dubois le 19 août, au début d’une fièvre typhoïde confirmée.
23 août, — Les mictions devenant de plus en plus difliciles, et la vessie se distendant, on décide de sonder le malade. La rétention fut d’ailleurs complète pendant plusieurs jours et le malade souffrait beaucoup quand on lui faisait attendre le cathétérisme.
Ces cathétérismes présentèrent de réelles difficultés le premier jour, on mît plus d’une demi-heure avant de pouvoir passer. Le lendemain, nouvelles difficultés. On essaya avec des sondes molles, des sondes béquilles, de grosses sondes, des bougies filiformes, on parvint enfin à introduire une
sonde et on la laissa pendant trois jours.
Il faut ajouter d'ailleurs que le malade avait déjà été sondé chez lui à plusieurs reprises,
Mais, fait remarquable, le même jour, quand on dut lui remettre la sonde, celle-ci passa sans difficulté. I1 y eut en-
suite de nouveau quelques cathétérismes faciles, d’autres assez difficiles, et c'était toujours aATO Centiniétpes environ. de l’orifice urétral que l’on était arrêté.
Quelques jours avant la mort qui survint le 8 septembre, on put cesser de sonder le malade qui urinait suffisamment par regorgement.
P... s'était beaucoup surmené physiquement et intellectuellement avant sa fièvre typhoïde. Il était d’une remar-
quable intelligence, mais extrêmement nerveux.
OBSERVATION XXI (Résumée)
(Jaccoud, in Clinique de la Pitié, 1886-1887, p. 22.)
Jeune fille de vingt-deux ans, obèse et de mauvais terrain organique, malade depuis quelques jours, alitée depuis trois jours.
A l’arrivée, température élevée, abattement, céphalée, langue saburrale, diarrhée. Rate augmentée de volume.
Le lendemain pas encore de taches rosées. L’urine était rare et trouble et contenait une proportion considérable d’albumine et de cylindres épithéliaux.
A partir du cinquième jour de la maladie, rétention complète de l'urine, nécessitant matin et soir l'emploi de la sonde. Lorsque ce phénomène survient vers le troisième
septenaire d'une fièvre typhoïde adynamique, il n'a pas
par lui-même une signification pronostique fâcheuse ; mais s’il se montre comme ici vers le cinquième ou le sixième jour il dénote une perturbation anormalement précoce du système nerveux et il impose par lui seul un pronostic grape. Dans la suite, la température resta au-dessus de 4o degrés ; le sixième jour, prostration complète ; tous les signes extérieurs de l’état typhoïde sont en plein développement.
La gravité incontestable de la situation tient uniquement à la gravité de l'infection générale, et à l'insuffisance de la dépuration urinaire.
Le septième jour quelques taches rosées apparaissent.
Une angine ulcéreuse grave survient le huitième jour. De la congestion se montre aux deux poumons, le premier bruit du cœur s’affaiblit progressivement. |
Pas de délire, de convulsions, pas de phénomènes d’agitation. Prostration croissante.
Le dixième jour, légère excoriat'on sacrée entourée d’une raie de rougeur diffuse.
Le treizième jour, la malade meurt dans le coma.
Autopsie. — Congestion et ecchymose des reins. L'urine trouvée dans la vessie est d'un brun grisâtre, contenant des cylindres, des globules rouges et du pus. Le protocole ne
fait mention d’aucune altération des parois vésicales.