Depaul, Ann. de Tocologie
en avant la paroi postérieure du vagin, remplissait plus des trois quarts de l’excavation pelvienne. Elle se prolongeait très-bas en refoulant le cul-de-sac péritonéal et son extrémité inférieure n’était pas éloignée de plus de deux centimètres de l’orifice anal. Le toucher rectal conduisit à des résultats identiques, en démontrant que la tumeur était dans le cul-de-sac du péritoine.
L’intestin comprimé longeait sa région postérieure. Le palper abdominal était rendu difficile' par un embonpoint un peu exagéré, cependant nous nous assurâmes qu’il y avait de la matité dans la fosse iliaque gauche et nous eûmes la sensation d’une réniltence indiquant la présence d’un corps étranger.
Ce à quoi cet état ressemblait le plus de prime abord, c’était à un cas de rétroversion utérine compliquant une grossesse de trois ou quatre mois; mais, j’avais vu la malade un mois avant et je savais que cela ne pouvait pas être ; je m’étais également assuré qu’elle n’avait ni corps fibreux, ui kyste de l’ovaire, et un temps assez long ne s’était pas écoulé pour que des tumeurs de cette nature eussent pu prendre un pareil développement. D’ailleurs, ce qu’on touchait n’en avait pas la forme ni la consistance. Un phlegmon péri-utérin ne nous parut pas admissible; il n’y avait presque plus de douleur, et toute réaction inflammatoire avait disparu ; l’existence d’une grossesse extra-utérine ne pouvait être acceptée. Une fécondation remontant à quatre ou cinq semaines n’aurait pas donné lieu à un kyste fœtal d’un pareil voiume. Après avoir passé en revue toutes les éventualités qu’un état semblable pouvait suggérer, nous nous arrêtâmes à l’idée d’une hématocèle rétro-utérine. La forme de la tumeur, sa consistance, son brusque développement, le refoulement considérable du cul-de-sac péritonéal postérieur en bas, tout nous parut se réunir pour nous confirmer dans cette opinion. Il ne restait plus, pour arriver à la certitude, qu’à pratiquer le cathétérisme de la matrice. Une sonde fut introduite avec précaution à travers l’orifice et pénétra à cinq centimètres et demi de profondeur, en montant verticalement dans la direction de la symphyse pubienne. Tout ce qui s’est passé depuis a confirmé notre diagnostic.
Dans un cas analogue, en imitant la conduite habile et prudente de M. Depaul, le praticien aura toutes les chances d’éviter une erreur.
9° Grossesse extra-utérine. — Dans presque tous les cas que nous venons de passer en revue, un médecin instruit a pu, avec de l’attention, reconnaître le déplacement et poser le véritable diagnostic. Mais ici l’erreur est excusable ; la discussion des signes rationnels et sensibles a pu amener les princes mêmes de la science à ces erreurs de diagnostic dont j’ai dit un mot à propos du loucher. Je rappelle les observations que j’ai déjà rapportées, dans lesquelles Velpeau, MM. Ollivier et Siredey, Charles (de Liège), ont senti à la fois une tumeur abdominale présentant la forme et le volume de l’utérus, une tumeur pelvienne, remplissant l’excavation et offrant les caractères d’un kyste fœtal, et ont pu admettre une grossesse extra-utérine alors qu’ils avaient affaire à une rétroversion de l’utérus gravide. Le Dr Barnum a relaté un cas de grossesse extra-utérine regardée par J. Burns comme une rétroversion. Inversement, les observations rapportées par Merriman comme des exemples de rétroversion terminées par suppuration et élimination des débris fœtaux par le rectum et le vagin ont été contestées par Dewees, Bowin et Dugès et considérées par ces auteurs comme appartenant à des grossesses extrautérines. Dans le cas suivant, l’erreur fut commise par des hommes illustres, qui purent la reconnaître et la rectifier.
Observation XL1X (1).
Capuron fut appelé par les docteurs Gresily et Londe pour examiner