‹ De la retroversion uterine pendant la grossesseChapitre 32 sur 35 · Blundell. Diseases of wotnen, p · texte numérisé non relu

Blundell. Diseases of wotnen, p

2. De l’influence de la position dans les maladies chiruryic., 1851.

s’est développée dans l’épaisseur des parois utérines. On a vu de semblables tumeurs occasionner la rétroversion de l'utérus, et cela par un mécanisme dans lequel la position trouve une large part.

Entraînées par leur propre poids dans toutes les attitudes où le corps conserve la position verticale, ces tumeurs tendent manifestement à se précipiter vers l’excavation pelvienne, et dans ce mouvement, elles entraînent à leur suite l’organe auquel elles sont liées, avec d’autant plus de facilité, qu’elles sont comme secondées dans cette action par le poids de la masse intestinale.

Le même effet peut se produire dans les premiers mois de la grossesse, particulièrement chez les femmes dont l’excavation pelvienne a des dimensions exagérées. L’utérus, dont le poids est alors accru par le fait de la grossesse commençante, n’étant pas suffisamment contenu, obéit à toutes les impulsions qui lui sont communiquées et spécialement à celles de ces impulsions qui se renouvellent le plus fréquemment, c’est-à-dire celles que déterminent les positions les plus habituelles. »

Affections utérines antérieures. — C’est surtout, je crois, dans une modification du tissu utérin que l’on doit chercher le secret de cette « disposition spéciale, dont parle Nélalon, congénitale ou acquise, physiologique ou pathologique, condition première tout au moins, sinon indispensable, des déformations utérines. » M. Depaul a montré l’importance des affections utérines permettant un développement inégal de la matrice distendue par le produit de la conception et sa dilatation sacciforme, dilatation qui peut se produire, je crois, pendant

tout le cours de la grossesse. Pour certains auteurs, l’immense majorité des rétroversions de l’utérus gravide ne serait due qu’à l’existence d’une affection utérine antérieure, en particulier au maintien d’une déviation préexistante (Bernutz, Barnes, Schrœder). Il est certain que nombreuses sont les observations de rétroversions existant avant la grossesse, réduites vers le troisième ou quatrième mois et reproduites de nouveau après l’accouchement. Si l’on réfléchit que les déplacements de la matrice peuvent exister sans que les femmes en éprouvent d'incommodités, et que d'autre part l’avortement est une terminaison fréquente de la rétroversion, on peut logiquement admettre une rétroversion préexistante à la grossesse dans les cas, où avec les antécédents que nous signalons, on constate une rétroversion de l’utérus gravide. Les anciens auteurs regardaient la rétroversion et surtout la rétroflexion comme étant des obstacles presque invincibles à la conception ; les observations modernes ont prouvé qu’il n’en est rien ; souvent ces déplacements n'amènent chez un grand nombre de femmes aucun trouble fonctionnel et ne se révèlent qu’au toucher ; si la grossesse survient, l'organe, dans un grand nombre de cas, se rectifie insensiblement, soit spontanément, soit sous l’influence de moyens très-simples (Bernutz).

Observation LXVIII (1).

M. Pajot, consulté par une dame atteinte de rétroversion , lui conseilla la grossesse, comme moyen de guérison. Cette dame devint enceinte, mais l’utérus gravide conserva sa position vicieuse durant les premiers temps. Un jour en montant les marches d’un escalier, la malade 1. Herbet, Th. Paris, t872, n° 95.

sentit une violente secousse dans le ventre et éprouva des douleurs atroces. M. Pajot, appelé immédiatement, constata que la réduction était opérée ; il combattit les accidents et la grossesse continua heureusement jusqu’à terme. Mais la rétroversion se reproduisit à l’état de vacuité.

L’observation suivante me paraît aussi digne d’intérêt.

Observation LXIX (1).

Madame Del... 30 ans, a eu deux grossesses qui se sont terminées à terme.

Au mois d’avril 1872. M. Le Blond "constate une métrite chroni-

que et une rétroversion utérine. Un an plus tard, sensation de pesanteur vers l’anus et la vulve, constipation, fréquentes envies d’uriner. La rétroversion se réduit aisément et se reproduit avec la même facilité. Le 12 février 1875, la malade annonce quelle n’a pas eu ses règles depuis le 13 décembre; elle a des vomissements qui reviennent irrégulièrement. M. Le Blond qui a suivi la malade depuis trois ans, constate que malgré un traitement varié, [toniques, douches froides, pessaire, électricité, l’utérus est toujours en rétroversion. Il réduit facilement en introduisant un doigt dans le rectum et repoussant en avant sa face postérieure, pendant que l’indicateur de la main opposée est introduit daus le vagin de façon à repousser le col en arrière. Le 20 avril, l’utérus retombé en rétroversion est réduit aisément de la même façon. Un mois plus tard, Madame Del... sent remuer pour la première fois. L’utérus n’est pas retombé en rétroversion, et l’accouchement a lieu à terme. Quelque temps après, on constate que l’utérus est de nouveau rétroversé.

Causes occasionnelles. — Ce sont des accidents, des traumatismes, coups, chutes, efforts de différentes espèces, soit pour soulever ou transporter un fardeau, soit pour uriner,

1. De la Rétroversion et de la Rêtroflexion de V utérus. Th. Paris,' Parrical de Chamard, 1876, n° 360.

aller à la selle, vomir, tousser, sauter, danser, etc. Souvent les femmes rapportent d’autant plus facilement leur maladie à l’accident, que les symptômes ont paru immédiatement, ou peu de temps après ce dernier et que dans certains cas, elles ont éprouvé au moment même une sensation spéciale de déplacement dans le bas-ventre. J’ai montré que dans le plus grand nombre des cas, cités comme des exemples de rétroversion à forme subite, on trouve signalés des symptômes prémonitoires, prouvant que l’accident n’a fait que compléter un déplacement commencé déjà et peul-êlre antérieur à la gestation. « Il est douteux que l’utérus ayant sa situation normale, une cause aiguë puisse suffire à produire une rétroversion, à un moment où l’utérus est assez développé pour qu’une incarcération puisse se manifester immédiatement » (Schroder). C’est aussi lavis de M. Bernutz, de Lohmeir, Brunninghaiisen, Barnes, Tyler Smith ; pour ces auteurs, il s’agit ordinairement de grossesses se produisant dans des utérus déjà rétroversés.

Je citerai encore, comme causes occasionnelles, les émotions morales signalées par quelques observateurs; on ne peut leur accorder une importance étiologiqne bien sérieuse.

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