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DES PARTIES DISS1MILAIRES

inconvénients de la réunion immédiate. L'occasion se présentera d'elle-même d'examiner à fond cette grande question et de discuter la valeur des objections qu'elle a soulevées. Je terminerai par des observations sur des amputations faites dans la continuité et la contiguïté des membres.

Il n'a pas échappé à Ilippocrate que les plaies doivent être réunies, et cependant c'est à peine plusieurs siècles après lui s'il est fait mention de ce procédé.

Celse a connu la réunion immédiate et parait même en avoir fait l'application dans l'amputation des membres. Une fois le sang arrêté, il importe, dit-il, de réunir, et c'est à ce propos qu'il établit les cas où la suture convient et ceux où elle ne convient pas.

Mais quelques applications plus ou moins heureuses sont loin de constituer une méthode, et la réunion immédiate ne date en réalité que d'une époque beaucoup plus rapprochée de nous. Vers le milieu du xyiii" siècle, Scharp écrivait que depuis quatre-vingts ans on avait tenté de réunir les plaies à la suite des amputations par inoculation. Le premier essai est consigné dans le Cumis triumphalis terebentinœ (Londres, 1679).

On regardait alors la réunion immédiate comme inutile et dangereuse, et l'on admettait que le moignon ne pouvait se guérir avant que l'exfolialion de l'os ne se fût faite. Pourtant elle trouva un défenseur dans James Young, qui semble, d'ailleurs, avoir soutenu l'opinion de Lowdham plutôt que la sienne propre. Quoi qu'il en soit, sa manière de voir, bien que partagée par quelques esprits éminents de l'époque, n'obtint que peu de succès, et vers 1765 la méthode la plus généralement admise consistait à faire suppurer les plaies avant de songer à les réunir.

Il paraîtrait, au surplus, que Scharp ne fut pas toujours

heureux dans les essais de réunion qu'il tenta, bien qu'il fit usage de la suture.

Profilant des recherches de Scharp, Valentin admit la réunion immédiate et repoussa avec énergie l'emploi des tentes de charpie dans les plaies pénétrantes de poitrine. 11 proclama la méthode adhésive, qui lui sembla très-supérieure à l'ancienne.

Dés cette époque, les chirurgiens anglais avaient déjà reconnu que, dans les amputations, on avait le tort grave de ne pas conserver assez de peau pour rendre la réunion possible. C'est en 1772 que Bell s'empara de ces idées et pratiqua d'après elles l'amputation de la cuisse. Mais après avoir parlé de la réunion immédiate, comme s'il en était non-seulement le partisan, mais même l'inventeur, il la repoussa plus tard, prétendant que la cicatrisation doit se faire par degrés, et que si elle est trop prompte, les bords de la plaie se, renversent et les fils sont difficiles à enlever. Les moignons lui paraissent plus corrects lorsque la plaie s'est fermée lentement, que lorsque la réunion a été rapide.

Ed. Alansondate pour ainsi dire la grande révolution qui s'opéra dans le pansement des plaies ; c'est lui qui en 1779 démontra les immenses inconvénients de l'ancienne manière de panser et les avantages de la nouvelle. En 1779 il publia un manuel pratique où il généralisait l'emploi delà réunion immédiate et l'étenditaux amputations des membres et aux extirpations des tumeurs (1). 11 constata que sur quarante- six amputés, pansés suivant l'ancienne méthode, dix moururent d'une hémorrhagie, un de resserrement des mâchoires, quatre de fièvre hectique, et trois de gangrène du moignon ; que dix-huit eurent des hémorrhagies étendues à toute la

(1) Prartical obxerratiow m/km (imputation «ml the after freatment, Lomlou, 1779.

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plaie, et douze d'un ou de plusieurs vaisseaux isolés ; que tous eurent une fièvre violente, des spasmes, une abondante suppuration; que certains d'entre eux furent atteints d'exfoliation osseuse, quelques-uns de la conicité du moignon, et que chez d'autres, enfin, la plaie fut incurable.

En 1783 Desault eut recours à la réunion immédiate pour une amputation de la cuisse. Le vingt-deuxième jour la guérison était complète. L'adoption de cette méthode parles chirurgiens français ne date réellement que do cette époque. Puis, la guerre étant survenue et toute relation ayant cessé entre l'Angleterre et la France, elle fut un peu abandonnée. Cependant Percy l'adopta à la bataille de Newbourg, et eut lieu de s'en féliciter. Sur quatre-vingt-douze amputations qu'il pratiqua, trente-huit de la cuisse, trente-trois du bras el vingt et une de la jambe, il obtint quatre-vingt-six guérisons en vingt-six jours, et ne perdit que six de ces malades.

Ce fut vers cette époque que John Hunier publia son travail sur les altérations du sang; il y préconisait la méthode adhésive dans sa généralisation en la repoussant, toutefois, pour les plaies qui résultent de l'extirpation de tumeurs cancéreuses. Mais c'est là une exception qu'il n'aurait certainement pas faite, n'eussent été quelques préjugés inhérents à l'époque où il vivait.

Hunter rejette la suture comme moyen de réunion ; il conseille les bandelettes agglutinatives et les bandages. Ces idées paraissent avoir été adoptées par Samuel Cooper, qui reproche à Hey d'avoir fait usage de la suture.

Dans un ouvrage de clinique, qui parut en 1810, un professeur de la Faculté de Paris, chirurgien en chef de l'Hôtel-Dieu, s'éleva contre la réunion immédiate. Mais la chirurgie anglaise n'en éprouva aucune secousse et continua de marcher dans la véritable voie du progrès.

56 DES RÉUiNlONS IMMÉDIATES

Les appréciations de Pelletan auraient pu faire beaucoup de mal, en raison de la position élevée de celui qui les émettait. 'Elles ne restèrent pas sans une certaine influence sur la pratique civile, mais elles n'en eurent aucune sur la chirurgie militaire qui conserva ses principes scientifiques. Dubois et son école firent usage de la méthode adhésive.

En 1812, M. Maunoir ainé (de Genève) réfuta les assertions de M. Pelletan dans un mémoire qu'il fit parvenir à l'Institut.

M. Maunoir soutint ses opinions sur la réunion immédiate à la Faculté de Montpellier, dans un concours ouvert pour une chaire de professeur. Delpech, qui le suivit dans cette voie, ne tarda pas à le dépasser ; l'illustre chirurgien eut la gloire de féconder cette grande question si longtemps méconnue, et de faire passer la conviction dont il était animé dans l'esprit de ses auditeurs et de ses élèves.

A une époque où la pourriture d'hôpital envahissait les plaies des opérés, Delpech eut l'heureuse idée de couper les fils ras du nœud et de rendre la réunion encore plus immédiate. Il ne craignit pas de renfermer des bouts de fil au fond do moignon, au moment où la suture était décriée par tout le monde ; il eut la hardiesse de l'employer pour parfaire la réunion, et mit les opérés à l'abri du fléau qui sévissait avec violence.

Dans le même temps, Ph. J. Houx s'élevait à Paris contre la défaveur qui pesait injustement sur la réunion immédiate, et lisait à l'Institut un mémoire pour démontrer les avantages de cette méthode dans les amputations circulaires de la cuisse. Roux ne défendait cependant pas la réunion immédiate dans toute sa rigueur, car il conseillait qu'on laissât un angle libre pour donner issue au liquide qui pouvait s'amasser au fond du moignon. Il n'admettait pas non

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