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ET TROUBLENT L'ORGANISME

Mille causes extérieures ou morales agissent sur l'organisme et tendent par là, tantôt à empêcher la déposition d'une bonne lymphe, et tantôt à la détruire localement lorsqu'elle avait toutes les conditions voulues de vitalité. Il ne faut pas alors rechercher la cause de ces accidents, de ces troubles fonctionnels dans la réunion immédiate ellemême, qui, seule, est propre à les prévenir et non à les provoquer.

Nous allons successivement passer en revue ces diverses complications.

Complications fébrile*.

On sait que toute blessure grave, toute opération douloureuse, est invariablement suivie de troubles nerveux, consistant en un assoupissement et un épuisement de l'organisme, accompagnée de faiblesse du pouls, de pâleur de la peau et de diminution fonctionnelle dans tous les appa-

LA RÉUNION IMMÉDIATE ET TROUBLENT L'ORGANISME. 7tf

rcils de la vie. On sait que la mort peut être la suite d'un semblable état. Suivant Delpech, une opération douloureuse qui se prolonge pendant une demi-heure suffirait pour amener une terminaison fatale ; Pelletan a eu occasion de l'observer dans des cas où l'opération n'avait pas été très-douloureuse, mais où la dissection s'était beaucoup prolongée.

Le trouble peutaussi se manifester par l'agitation musculaire, l'insomnie, la fréquence du pouls, etc.; d'une façon comme de l'autre, si cet état nerveux ne se termine pas par une réaction franche et prompte, il faut s'attendre à des accidents plus ou moins graves, et voilà pourquoi les chirurgiens, et en particulier Delpech, ont tant insisté sur l'usage des opiacés qui amènent une détente en anéantissant le spasme. .

Je ne manque jamais de prescrire à mes opérés l'extrait aqueux d'opium à petites doses.

Les accidents ne sont pas à redouter chez le blessé ou l'opéré lorsque la douleur est supportable, lorsque la peau est chaude, que le pouls a augmenté de fréquence et qu'il règne une faible agitation ; c'est le traumatisme qui accompagne toute blessure accidentelle ou artificielle. Si cette fièvre, dite traumatique, ne se montre pas, il est a craindre, lorsque l'opération offre une certaine gravité, qu'il n'existe au sein des organes une congestion qui s'oppose à la réaction, c'est ce que nous avons eu l'occasion de démontrer ailleurs.

Lorsqu'un malade a été soumis à une dissection laborieuse et prolongée, l'excès de la douleur engendre le traumatisme. Une réaction plus ou moins forte se produit dans son état, qui n'offre rien d'extraordinaire ou d'anormal, tant que la réaction se maintient dans de certaines limites, mais dès que le pouls prend une fréquence exagérée, dès

que la chaleur de la peau se fait acre et violente, que la soif devient intense et que la face devient turgescente, il y a traumatisme anormal, exagéré. C'est ce que Ton observe surtout dans les plaies qui suppurent et dans les pansements par l'ancienne méthode.

Le traumatisme fébrile ne doit pas dépasser les premiers jours qui suivent l'opération; il est à craindre, s'il se prolonge, qu'il ne survienne une inflammation violente, des foyers purulents, des phlébites et des inflammations des viscères. La réaction est d'ailleurs une nécessité inséparable pour ainsi dire de toute opération, si bien que lorsqu'elle ne s'établit pas il y a lieu de redouter que des symptômes de congestion n'existent ailleurs. Cependant, depuis que Ton fait usage de l'éther, ses effets sont bien moins saisissables, parce que cet agent diflusible et irritant a prévenu le travail inflammatoire, en l'établissant sur les membranes muqueuses qu'il parcourt, sur les vaisseaux dans lesquels il s'introduit, sur le sang qu'il modifie et sur l'appareil nerveux qu'il attaque. Les auteurs sont loin d'être d'accord sur la nature des lièvres qui peuvent se montrer à la suite des blessures ou des opérations. Ainsi Celse les regarde comme inflammatoires; Magatus les range dans le genre des putrides; Paré les considère comme produites par une matière bilieuse, et Guillemeau les attribue aux vices des humeurs ; Heister paraît se ranger à l'opinion de Celse, et van Swieten à celle de Magatus.

Cette diversité dans les opinions est avant tout une preuve de l'incertitude et de la confusion qui régnaient alors dans les idées. Les anciens jugeaient assez mal ces sortes d'accidents, ce qui ne veut pas dire que la question soit encore parfaitement élucidée. Plusieurs espèces de fièvres dues à des causes nécessairement différentes, peuvent affecter les

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