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LA RÉUNION IMMÉDIATE ET TROUBLENT I. ORGANISME

opérés, et ressentie] est d'établir entre elles îles distinctions importantes.

Les blessés et les opérés sont assez fréquemment atteints de fièvres avec accès ; le chirurgien doit en rechercher soigneusement la cause, car tantôt l'accident dépend d'une lésion d'organe, d'une inflammation, d'un abcès, tantôt il il provient d'une altération du sang déterminée par des miasmes, et tantôt il faut l'attribuer à des secousses morales ou physiques. M. Dumas (de Montpellier) a attiré l'attention des chirurgiens sur cette fièvre qui est symptomatique et qui diffère essentiellement de la fièvre intermittente. Les altérations observées chez les individus qui succombent sont quelquefois bien différentes.

On peut à l'autopsie trouver du pus dans les organes, une inflammation aux viscères, une altération du sang devenu plus liquide par une sorte d'empoisonnement atmosphérique; d'autres fois, ainsi que le rapporte M. Serres (de Montpellier), on ne rencontre aucune lésion qui puisse rendre compte de la mort, mais, bien qu'inappréciable, il est â présumer que, dans ce cas, il existe toujours une altération du sang.

La mort peut être la conséquence de douleurs internes causées par une opération, et lorsque l'épuisement n'a pas lieu instantanément, les souffrances peuvent continuer, de l'agitation peut venir accompagnée de soif et de fréquence dans le pouls, avec abaissement dans la température de la peau. Cet état fébrile disparait quelquefois sans laisser de traces; d'autres fois il ne se montre que quelque temps après l'opération, et par accès on remarque de l'agitation, de la soif, un peu de frisson, des douleurs vagues fixes parfois accompagnées de fréquence du pouls. L'accès est toujours incomplet, et n'offre jamais les stades de la fièvre

intermittente. Il peut y avoir de la chaleur ou un peu de sueur. Les malades salivent ou urinent beaucoup. Nous avons eu assez fréquemment occasion d'observer cette fièvre, qui disparaît comme la fièvre intermittente par l'administration du sulfate de quinine.

La fièvre purulente n'est pour nous que l'infection purulente déterminée, soit par l'absorption du pus, soit par son mélange avec le sang (phlébite), soit encore par sa déposition dans les vaisseaux ou au sein des viscères, déposition qui peut être la suite d'une altération de l'organisme et en particulier des liquides, produite par l'action des miasmes dans les encombrements des hôpitaux, ainsi que l'a dit J. P. Tessier dans un travail intéressant qu'il a publié sur ce sujet (1), et ainsi que M. Alpli. Guérin, aide d'anatomie à la Faculté de Paris, l'a avancé (2). Ce dernier est à peu près d'accord, quant à la théorie, avec J. P. Tessier, mais il admet, en outre, que les miasmes peuvent être absorbés par les moignons comme par la surface pulmonaire, el qu'ils portent leur action sur le système veineux.

La fièvre purulente des amputations et des grandes blessures est fréquemment mortelle; cependant nous en voyons qui guérissent par des sueurs et des évacuations abondantes. 11 résulte de là qu'il faut veiller, autant que possible, à ce que les salles soient saines. 11 faut qu'elles soient ventilées et spacieuses, et que de temps en temps on y fasse des fumigations chlorurées pour détruire les matières animales répandues dans l'air.

L'isolement peut convenir lorsque l'appartement est assez large pour que le malade ne s'emprisonne pas lui-

(1) De la diathésc purulente [Journal l'Expérience, 1838;.

(2) !Je l'infection purulente. Thèses de Paris. 1847.

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