VIII PRÉLIMINAIRES
récents de la méthode d'observation sur la routine chirurgicale, la démonstration définitive de ce fait élémentaire : que les surfaces des plaies tendent à se réunir et à se cicatriser si leurs bords sont rapprochés ou se tiennent par quelques points de leur étendue. À l'origine de l'art, Hippocrate avait érigé ce fait en principe, et cependant, si nous nous reportons au commencement de ce siècle, nous trouvons partout professé et partout pratiqué un principe contraire, qui consiste à mondifier les surfaces d'une plaie en vue d'obtenir la formation de granulations et la cicatrisation consécutive.
Parmi les conséquences de ce nouveau dogme chirurgical, on doit noter celle d'écarter toute idée de respecter la peau dans l'enlèvement des tumeurs, et celle même de favoriser l'exfoliation des os, considérée comme inévitable dans les amputations.
Comment une pareille déviation daus la connaissance des lois naturelles aurait-elle pu s'imposer pendant des siècles à des hommes d'une grande habileté, si ce n'est par l'influence de ces fausses doctrines scolastiques qui, longtemps après la renaissance, ont continué à tyranniser l'enseignement dans le pays même de Bacon?
La vérité oblige à dire, en effet, que si la chirurgie anglaise a sa part dans l'honneur du retour définitif à la tradition hippocratique, et si elle a contribué à rétablir le traitement des plaies sur les principes de la philosophie naturelle, c'est par les chirurgiens anglais du siècle dernier que les doctrines irrationnelles ont été le plus exagérées dans la théorie comme dans la pratique.
O'Halloran refusait d'admettre qu'une cicatrice pût avoir lieu en trois jours. Une plaie, n'eût-elle qu'un