‹ De la reunion en chirurgieChapitre 4 sur 96 · PRÉLIMINAIRES. IX · texte numérisé non relu

PRÉLIMINAIRES. IX

pouce de longueur, ne devait, selon lui, se réunir que par la suppuration. En 1765, on le vit, adoptant la suture pour les plaies des amputations , ne l'appliquer qu'après la suppuration. On vit lesWhite, les Bromfield, voulant appliquer dans leur rigueur les préceptes de O'Halloran, pousser les conséquences d'un faux principe jusqu'à employer, après l'amputation, un bandage destiné à s'opposer à la réunion par première intention. Dans les amputations à lambeaux, ils pansaient les lambeaux isolémeut pendant douze jours, comme un ulcère qui suppure. On juge, d'après ces exemples, que la notion des phénomènes naturels et des lois qui s'y révèlent était perdue, et que la réunion par première intention ne pouvait être admise ni pratiquée.

L'histoire des vicissitudes au milieu desquelles s'est obscurcie la vérité primitive, et qui l'ont ramenée de nos jours avec tout son éclat, fournirait l'objet d'une intéressante étude, dont je n'ai le dessein d'indiquer que les points saillants.

Hippocrate (1), en conseillant et en pratiquant la réunion immédiate, n'avait fait qu'adapter à une question de pratique chirurgicale le principe général d'après lequel lé médecin > interprèle et ministre de la nature, doit, avant tout, favoriser l'action de celle-ci et écarter toutes les causes qui lui font obstacle. La réunion par première intention était ainsi un corollaire thérapeutique évident de cette doctrine générale de la nature médicatrice, qui avait ses raisons profondes dans l'observation des phèno-

(i) Œuvres complètes, traduction nouvelle par E. Littré. Paris, 1849, t. VI, p. 401.

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