ET A LA CICATRISATION DES TENDONS. I
* paisseurde la nouvelle substance. Ce renflement dus deux » bouts appartenait, non aux fibres tendineuses elles-mêmes, » mais à des prolongements du tissu fibreux nouveau qui 9 se trouvaient placés dans leur interstice, et qu'on pouvait t regarder comme du tissu cellulaire tuméfié, induré par » un travail inflammatoire trop intense. Il est donc probable
> que la formation de ces petites tumeurs est unfaitpure- 3 ment accidentel et, en effet, je ne les ai point rencontrées t sur les autres animaux que j'ai ouverts. La cicatrice ten-
> dineuse, longue de près de deux pouces, jouissait néan- » moins d'une grande force de résistance ; elle adhérait so- » lidement au tendon avec lequel seulement des fibres sem-
> blaientle continuer.il n'existait plus autour d'elle aucune » trace du travail inflammatoire qui l'avait produite. 11 » est probable qu'à la longue les deux bouts du tendon
> auraient disparu et que son épaisseur serait devenue plus i uniforme.
» Enfin, sur un tendon qui avait été coupé trente-cinq
> jours avant la mort de l'animal, la cicatrice intermédiaire
* était parfaitement continue aux deux bouts, qui n'offraient » aucun renflement, et bien que la substance tendineuse
* et la substance fibreuse nouvelle fussent encore très-dis- » tinctes l'une de l'autre.
» Sur un animal tué soixante -seize jours après la section, » le tendon offre à peu près la même apparence que le pré- » cèdent, si ce n'est que la substance intermédiaire est en- » core plus solide. »
J'aurai à montrer par la suite que la nature médicatrice n'agit pas du tout de la manière indiquée par M. Bouvier; mais avant d'entrer dans la discussion, je crois devoir continuer l'exposition des opinions qui ont cours dans la science.
Le docteur Vincent Duval a entrepris sur les animaux
13à DES THÉORIES RELATIVES A LA RÉGÉNÉRATION
une série d'expériences dont voici quelques extraits principaux (1) :
g Aussitôt, dit-il, que nous avons eu coupé le tendon » d'un lapin ou d'un chien, nous avons vu un vide se faire » sous la peau par la rétraction instantanée des muscles. 9 Quelques heures après, en visitant la section, nous avons » remarqué que le tissu cellulaire environnant etavoisinant » les extrémités du tendon divisé se remplissait de sang, » devenait rouge et enflammé, subissait enfin un état d'in- » filtratiou que nous avons toujours vu persister pendant les
> trois à huit premiers jours.
» En même temps que nous avons observé cette infiltrait tion des liquides blancs, il nous est quelquefois arrivé de
* trouver entre les deux divisions un amas de matière rouge,
* à peu près semblable à un caillot de sang qu'on aurait
> lavé. De cette petite masse fibrineuse, quand nous laren- » controns, nous voyons partir des filaments qui vont se j> rendre au tissu cellulaire infiltré, et vice versa. Trente- » six heures après la section, la substance de prolongement i avait parcouru tout le trajet d une extrémité à l'autre et » réparé la solution de continuité , sous forme de menai brane ligamenteuse, toujours plus développée dans sa » partie supérieure que dans sa partie inférieure, ce qui » compliquait le commencement de sa formation autour » du fragment supérieur, et ce qui explique l'inégalité » des deux renflements que l'on sent sous la peau dans les » endroits répondant aux deux bouts du tendon coupé, le
* lendemain et le surlendemain de l'opération.
> Le troisième et le quatrième jour, de nouvelles explo- » rations nous ont montré la substance intermédiaire con-
tl) Traite pratique du pied bot, V édition. Paris. 4859, p. 339.