DES RECHERCHES EXPÉRIMENTALES SUR LE CAL RELATIVES
Les théories sur le cal peuvent être utilisées pour la thérapeutique des fractures; on peut en tirer partie, en pathologie et en mécanique, pour la confection des appareils destinés à leur traitement. (Test donc et sur la pathologie et sur la thérapeutique que doivent porter nos considérations. Les expériences sur les animaux et les observations sur l'homme démontrent d'une manière irrécusable que l'anatomie pathologique peut jeter une vive clarté sur certaines questions chirurgicales relatives au traitement des fractures.
Dans l'étude sur le cal, nous avons cherché à démontrer, par des expériences, sa triple origine. Les os ne diffèrent pas des parties molles par leur mode de réunion, puisque pour eux aussi on admet une cicatrisation immédiate par les deux modes précédemment indiqués, et une cicatrisation par bourgeons.
Le sang sert à la cicatrisation des os, lorsqu'il est déposé sous formes de couches peu épaisses entre les fragments ou à leur surface. Ce liquide n'est plus alors un corps étrangerj mais une fibrine vivante sortie des vaisseaux, et en rapport de vitalité avec les parties environnantes.
Cette fibrine semble donc vivre aux dépens des parties environnantes, et, lorsqu'il en est autrement, elle ne sert plus à la réunion, et le cal ne se forme pas s'il n'intervieni un autre mode de cicatrisation.
D'où il résulte que tous les efforts du chirurgien doivent tendre à obtenir la réunion en évitant l'altération du sang et en favorisant ses transformations successives. C'est dans ce but que Ton doit condamner à l'immobilité le membre ou tout au moins l'os fracturé.
La seconde indication, à mon avis capitale, consiste à prévenir toute compression forte, tout mouvement violent entre les fragments, toute contraction musculaire, toutes causes présentant du danger puisqu'elles tendent à détruire et à désorganiser le sang.
Le cal est mixte, lorsque le sang se trouve mêlé à de la lymphe fournie par le périoste. Il provient alors de deux sources différentes, Tune représentée par la fibrine venue du sang directement, l'autre par la fibrine spontanément coagulable, résultant de l'irritation de la membrane d'enveloppe des os.
Le cal par bourgeons indique de la suppuration, l'exfoliation superficielle ou profonde d'un os, et l'apparition tardive de bourgeons semblables à ceux fournis par les parties molles.
Conditions de formation de la première espèce de cal.— Pour que dans un os brisé la réunion ait lieu par le premier mode, il faut que cet os soit vasculaire, que les fragments soient en contact, le périoste conservé en tout ou en partie, le sang plastique. Dans ces conditions, la réunion se fait par de la fibrine, et le cal est plus ou moins régulier, plus ou moins volumineux, suivant la quantité de liquide déposé.
Conditions de format ion du cal mixte. — Une contusion de l'os et des chairs, une fracture comminutive, le décollement du périoste et ses déchirures par des fragments, des irritations provoquées dans les parties molles et le périoste,
sont autant de causes déterminantes de l'espèce de cal dont il s agit.
Cal par bourgeonnement, par seconde intention ou par suppuration, ~- les plaies qui mettent l'os à découvert, l'inflammation et la destruction du périoste, les abcès, les inflammations diffuses, le ramollissement du sang, sont autant de complications qui provoquent la formation du cal par bourgeons.