ET ABLATIONS DES TUMEURS
» nicn lut ouverte, on vit sur le péritoine une petite portion » de sang rouge récemment coagulé, qui, étant examinée t de près, se montra unie à la surface sur laquelle elle » avait été déposée, par un pédicule d'un demi-pouce de i long, et ce col avait été formé avant que le caillot eût » perdu sa couleur rouge. » Or, si les vaisseaux avaient ï pénétré au travers de ce col étroit ei avaient organisé le
* caillot de sang, comme celui-ci serait devenu une partie » vivante, il aurait pu atteindre une grandeur indéfinie, et i sa nature et ses progrès auraient probablement dépendu i de l'organisation qu'il avait prise. Je possède une tumeur
* indubitablement formée de la manière que Hunter a dé- » critc, qui pendait à la (ace antérieure du péritoine, et où » l'organisation et les actions qui en dépendent ont été si » bien complétées, que le corps de la tumeur est devenu une » masse de graisse, tandis que le col est d'une texture uni- » quement fibreuse et vasculaire. 11 ne saurait y avoir de
* doute que ces tumeurs se forment partout de la même » manière. La partie coagulable du sang étant ou acciden- % tellement répandue, ou déposée en conséquence d'une » maladie, devient ensuite une partie organisée et vivante, > par l'accroissement en elle des vaisseaux adjacents et des » nerfs. Si la substance déposée n'est attachée que par un » seul fil, tout son appareil vasculaire doit passer au tra- » vers de celui-ci ; mais, dans d'autres cas, les vaisseaux s'y » introduisent irrégulièrement dans différents points de sa » surface. >
Si cette opinion est vraie pour les tumeurs fibreuses, fibro-cartilagineuses, il n'est pas démontré que les choses se passent ainsi pour les diverses variétés de cancer qui tiennent à un état diathésique ou qui sont dues à un état morbide local dont on ne connaît pas bien le mécanisme :
mais toujours est-il qu'il existe alors une modification dans l'innervation et la circulation locale. Les expériences que j'ai faites à ce sujet me paraissent jeter quelque lumière sur le mode de production de ces tumeurs : c'est, je crois, à la désharmonie qui existe alors entre les trois sources de vitalité, circulation artérielle, veineuse et l'influx nerveux, qu'est duc l'origine de certains cancers. En agissant sur les artères, les veines et les nerfs, on produit une modification importante dans l'ulcère ou la tumeur cancéreuse.
Lorsqu'on 1830 M. le professeur Serre (de Montpellier) publia son ouvrage sur la réunion immédiate, il s'éleva énergiquement contre les tendances à pratiquer l'extirpation des tumeurs avant de s'être sérieusement occupé de leur nature, de leur marche, de leur mode d'apparition et même de leur siège (1).
Maintenant encore on s'occupe peu du résultat d'une extirpation de tumeur et encore moins de savoir si la chirurgie sera compromise par une opération aventureuse qu'il serait souvent plus honorable d'abandonner.
Pour arriver à un résultat satisfaisant dans les ablations de tumeurs, il est nécessaire d'en apprécier la nature, le siège, l'étendue et l'état d'intégrité ou de maladie des tissus qui les entourent ou les avoisinent. Comme la réunion immédiate convient surtout après l'extirpation des tumeurs, il faut avoir décidé quels sont les tissus qui doivent être enlevés et ceux qui doivent être respectés. Je ne dis pas qu'il soit à priori toujours facile de résoudre ces grandes questions, mais le chirurgien doit au moins être sur ses gardes, prêter attention à tout ce qu'il voit et mettre le temps nécessaire à l'examen des tissus.
(I) Page 521.