DANS LA TRÉPANATION. A
pratiquer une opération sérieuse qui doit provoquer une récidive d'inflammation et même la mort.
Dans aucun cas, nous ne la regardons comme inoflensive, et nous sommes bien éloigné de ces auteurs qui l'ont conseillée jusqu'à l'abus.
L'expérience a démontré que les plus graves blessures de la tête, avec enlèvement d'une partie des os du crâne lorsque les membranes du cerveau étaient conservées, n'avaient souvent aucune suite dangereuse. C'est que la duremère, membrane fibreuse, protège puissamment le cerveau en le mettant à l'abri, ainsi que la membrane séreuse, du contact excitant de l'air atmosphérique.
Ces blessures heureuses auraient dû faire réfléchir les chirurgiens et les engager â faire leur profit de ce qu'ils avaient vu pour l'utiliser en faveur de la réunion immé- ■ diate.
Cette opération peut être héroïque lorsqu'on retire un corps étranger et qu'on lève la compression ou l'irritation qui se produit par sa présence lorsqu'il est irrégulier, ou enfin lorsqu'on donne issue à un liquide purulent qui comprime le cerveau.
C'est à dessein que j'ai indiqué le liquide purulent, car je n'admets pas que le sang puisse demeurer longtemps liquide, car il se coagule, au contraire, en très-peu de temps sous forme de nappe ou de caillot, et il n'y a pas dé trépan à appliquer; dans ce cas, la nature fera mieux que le chirurgien ; ce n'est que dans des circonstances d'une gravité telle, que le sang se trouve en quantité considérable de caillot et de sang liquide. Mais alors le désordre est tel que l'opération est inutile et dangereuse. En abandonnant l'épanchement aux efforts de la nature, on pourra espérer, et jamais par la trépanation, qui met un foyer de sang à
découvert, accompagné, toujours ou à peu près, d'une lésion profonde du cerveau. Je n'ai jamais vu une opération de trépan, appliqué dans des circonstances pareilles, être suivie de quelque bon effet ; au contraire, l'ébranlement communiqué à la tête, les douleurs que l'opération occasionne, amènent un résultat rapide et fâcheux.
Toutefois, quand les symptômes de compression ne se modifient pas dans un sens favorable, on doit recourir au trépan, et, lorsque le corps étranger est découvert, on doit le retirer immédiatement; mais on doit s'abstenir si aucun signe ne dénote son domicile.
Il est des médecins qui conseillent de pratiquer le plus tôt possible le trépan lorsqu'on est décidé à y avoir recours, parce qu'ils prétendent que plus on s'éloigne de l'accident, plus les membranes et le cerveau sont susceptibles d'inflammation.
M. le professeur Serres, membre de l'Institut, a remarqué sur les animaux que l'opération était d'autant moins grave et d'autant plus suivie de succès que la trépanation a été plus rapprochée de l'accident.
M. Serre (de Montpellier) était partisan de l'opération faite après l'accident, et, pour le résultat, il comparait l'opération du trépan à l'opération de la hernie. Ces opérations ne me paraissent nullement comparables, car dans l'une il y a étranglement et constriction, et dans l'autre il n'y a que compression sur un point de la surface du cerveau, soit par un fragment osseux, soit par un liquide, le sang, le pus, ou par les côtés d'un corps étranger, d'une balle par exemple.
En ce qui concerne les opérations du trépan pratiquées sur le crâne, j'ai trois fois réussi à guérir les malades par l'évacuation du pus accumulé entre la dure-mère et les os :