CARTILAGINEUX
Cette méthode se compose de plusieurs temps : 1° l'incision sous-cutanée ; 2° l'ouverture de l'articulation ; 3° le creusement comme domicile temporaire du corps étranger, son extraction définitive ; 4° suture de la plaie et compression de ses bords.
Quelle que soit l'articulation dans laquelle les corps étrangers se rencontrent, il faut avoir bien présentes à
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l'esprit les dispositions anatomiques articulaires, afin d'attaquer sûrement la cavité synoviale, mais avant tout, il faut s'assurer de la fixité, ou de la mobilité du corps étranger ; car, suivant qu'il sera mobile ou iixé le chirurgien l'attaquera dans le point d'où il peut être délogé.
Quant aux corps étrangers mobiles, l'opérateur choisira l'endroit qui lui conviendra le mieux pour son extraction.
Dans le premier temps de l'extraction, le corps étranger géra fixé par les mains d'un aide ou par l'instrument que j'ai désigné sous le nom de trident.
Une fois le corps étranger fixé, on procède à l'opération. Armé d'un bistouri long, à lame étroite, le chirurgien le plonge dans les chairs eu labourant les tissus d'assez loin» avant d'ouvrir l'articulation.
Cette manière de faire a plusieurs avantages, et entre autres elle a celui d'éviter la formation d'une plaie qui ne met pas toujours le malade à l'abri de l'entrée de l'air dans l'articulation.
L'ouverture de l'articulation sera faite obliquement et suivant le sens du plus grand diamètre articulaire, et elle sera proportionnée à l'étendue et au volume du corps étranger. C'est une véritable boutonnière pratiquée à la poche synoviale. L'inoision de cette membrane est suivie de l'écoulement de la synovie, et de son infiltration dans le tissu cellulaire. Sans être retiré, le même bistouri, dont le tranchant est dirigé en dehors de l'articulation, est porté en bas et dans le point le plus déclive articulaire, afin de creuser une cavité par un mouvement d'allées et de venues au milieu des tissus et sans atteindre la peau. Le corps étranger immédiatement s'échappe de l'articulation pour se placer dans sa nouvelle demeure. 11 suffit de la pression des doigts et même d'une simple pression de la main pour obtenir ce
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résultat. On sait qu'il est parvenu dans sa cavité artificielle à la saillie qu'il y forme et à la dureté que la main exploratrice reconnaît.
Toute compression articulaire me paraît parfaitement inutile, et il suffit, pour assurer le succès, d'entourer l'articulation avec des cataplasmes froids que l'on renouvelle pour empêcher qu'ils ne s'échauffent. Il 6uffi t de les employer pendant les premiers jours, puis on les remplace par une liqueur résolutive.
La piqûre faite par le bistouri doit être soigneusement fermée par le sparadrap.
L'extraction définitive des corps étrangers se pratique quinze ou vingt jours après son expulsion de l'articulation. Ce dernier temps de l'opération se fait par une incision pratiquée sur le corps étranger, et elle doit être exactement fermée et comprimée pour que la cavité nouvelle soit effacée par un travail d'agglutination. Ce n'est que le troisième ou le quatrième jour que l'appareil de compression est enlevé.
Extraction des corps étrangers de l'articulation du genou en particulier, — Quand on a reconnu la présence du corps étranger, et quand l'opération est fixée, on doit, avant de la pratiquer, préparer sérieusement le malade par le repos absolu, par les purgatifs et l'application de cataplasmes émollienU,afin de faire disparaître toute irritation.
Situation du membre, — L'extension seule, avec inclinaison latérale du membre, convient pour manier le bistouri sans difficulté. Cette situation permet le relâchement des tissus et la mobilité de la rotule.
L'élévation du membre sur des coussins est d'une indispensable nécessité pour que la manœuvre s'exécute sans entrave.
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Que l'opération soit faite en dedans ou en dehors du membre, le bistouri, tenu parallèlement à l'axe du genou, est enfoncé sous la peau qu'il sillonne dans l'étendue d'un pouce et demi environ. Bientôt la pointe de l'instrument est déviée et portée obliquement vers la rotule, sur les côtés de laquelle la capsule est ouverte. L'incision se fait parallèlement à l'un des bords de cet os, soit sur le corps étranger, soit de dedans en dehors.
Ainsi ce premier temps de l'opération commence à la partie déclive de l'un ou l'autre condyle du tibia, et se termine sur les bords interne ou externe de la rotule. Une fois la capsule séreuse ouverte par le bistouri, la lame de ceiui-ci en l'agrandissant est portée en bas et par des mouvements de demi-cercle d'avant en arrière, le chirurgien creuse la cavité nouvelle dans laquelle le corps étranger doit être placé; une petite quantité de sang s'écoule de la synovie, s'infiltre dans le tissu cellulaire et s'échappe quelquefois par gouttelettes à travers la plaie tégumentaire. Le bistouri est retiré; à l'aide de pressions doucement exercées sur le genou, le corps étranger est chassé de la cavité articulaire; la petite plaie est fermée avec un emplâtre de sparadrap, le genou est couvert d'un cataplasme froid et le membre est placé dans la position horizontale sur un coussin gouttière.
L'opération n'est terminée que lorsque le corps étranger est retiré de son nouveau domicile, c'est encore par une incision faite suivant l'axe du creux poplité qu'on doit pratiquer celte incision et attaquer par conséquent le corps étranger par la partie la plus déclive.
Pour exécuter ce dernier temps de l'opération, on élève le membre très-haut afin d'ouvrir la poche facilement et largement; avec des pinces prenantes, on saisit le corps