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étranger ou avec une cuvette qui est glissée devant lui afin de pouvoir le chasser par un mouvement de bascule imprimé à l'instrument.
Pendant que cette dernière période de l'opération s'ac- - complit, un aide exerce une douce pression sur tout le genou afin de prévenir l'entrée de l'air et les mouvements auxquels le malade pourrait se livrer.
Un emplâtre de sparadrap est appliqué sur la surface de la plaie, et une compression est exercée sur la poche afin de l'effacer par le rapprochement de ses parois qui s'agglutinent alors avec la lymphe exhalée. Il est entendu que le repos le plus complet doit être observé. Le membre doit être immobilisé par un huit de chiffre placé autour du pied.
Un peu de gonflement survient dans les environs de la plaie, mais bientôt tout se calme et le travail adhésif s'opère.
Extraction des corps étrangers de la poche séreuse posiligamento-rotuliennc. — Jusqu'à présent, on n'avait pas pensé à ouvrir ce petit sac qui est situé entre le ligament rotulien qui est placé en avant de lui, et le paquet de tissu adipeux qui est situé en arrière. Il n'y a pas de poche séreuse qui soit plus facile à atteindre par le bistouri ou le trocart.
Plusieurs fois j'ai été à même de faire la ponction de la . bourse synoviale dont il s'agit et j'ai pu injecter dans son intérieur de la teinture iodée pure. Une tuméfaction et de l'œdème ont suivi l'opération, et dans aucun cas il n'est survenu d'accidents.
La tuméfaction diminue graduellement, et la résorption du liquide se fait rapidement.
Que l'on pratique la ponction avec un trocart ou bien qu'on
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l'incise dans une certaine étendue, le chirurgien doit toujours se comporter de la même manière. Il devra éviter soigneusement de mettre en rapport direct l'ouverture de la poche et la plaie des téguments.
L'instrument, quel qu'il soit, pénétrera donc à une certaine distance du ligament rotulien et, parvenu à ses côtés, on le glissera derrière lui en le plongeant, pour ainsi dire, comme si l'on voulait pénétrer entre les deux condyles du tibia.
A-t-on fait usage du bistouri? On devra, après avoir ponctionné la membrane séreuse, agrandir la plaie en le retirant obliquement et en dirigeant le tranchant entre la peau et l'aponévrose, de manière à produire un décollement assez considérable pour pouvoir admettre les corps étrangers à mesure qu'ils sortent.
La petite ouverture est fermée avec un morceau de sparadrap et le membre placé dans la position horizontale.
Méthode par segmentation ou morcellement des corps étrangers extra-capsulaires. 11 me reste maintenant à décrire un procédé que j'ai désigné autrefois, à tort, sous le nom de broiement ; je le nommerai désormais sous celui de segmentation ou de morcellement % ou encore de fragmentation. J'entends par morcellement, la réduction d'une substance en pulpe ou en granulations : ce n'est cependant pas là ce qui a lieu pendant l'opération, car l'instrument tranchant réduit en petits fragments le corps étranger et ne l'écrase pas. On peut le réduire en petites lames, lamelles, taUlées dans l'épaisseur du corps ûbreux, gélatineux ou fibrineux.
Toutes les fois qu'une opération de ce genre est pratiquée, le membre malade est placé dans l'horizontalité et incliné en sens inverse du sens dans lequel le corps étran-
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ger se présente, afin que la manœuvre s'exécute sans obstacle.
La jambe et la cuisse doivent être invariablement fixées par des aides pour s'opposer à tout mouvement qui pourrait gêner l'opération ou la rendre impossible. On sait, en effet, que les corps fibreux ont tantôt un long pédicule et offrent une remarquable mobilité dans l'articulation, enveloppés qu'ils sont par un prolongement de la synoviale, à la manière d'un doigt de gant renversé. Quoique leur pédicule se fixe toujours à la surface externe de cette membrane séreuse, il n'en est pas moins vrai qu'ils fuient sous les instruments lorsqu'ils n'ont pas été fixés ; tantôt enfin ils sont immobiles et adhérents à la surface externe de la membrane séreuse articulaire : dans cette circonstance l'opération est plus facile et plus sûre que dans le premier cas.
Cette opération doit toujours se pratiquer sur place, et le corps étranger doit être préalablement lixé par les doigts d'un aide, et mieux par un instrument piquant.
Les instruments dont je me sers pour pratiquer le morcellement sont :
1° Un ténotome à lame étroite et longue fixée sur un manche allongé ;
2° Un trident qui sert pour fixer le corps étranger.
Je reconnais dans mon procédé trois temps qui se succèdent :
1° Le membre convenablement assujetti, le corps étranger reconnu et saisi par les doigts d'un aide, le chirurgien enfonce le trident dans l'épaisseur de la peau et du corps étranger.
Un aide intelligent peut U nir le trident dans cette position et maintenir invariablement le corps étranger. Si l'on
n'est pas parfaitement sûr des aides on peut enfoncer plus profondément le trident, jusqu'à la surface des os, sans inconvénient.
Dans le second temps, le ténotome divise les téguments à plusieurs pouces au delà du corps étranger, de bas en haut, ou dans la direction horizontale, suivant qu'il sera plus facile de l'atteindre dans tel ou tel sens. L'instrument est poussé peu à peu sous les téguments qu'il sillonne, et, tout en évitant de blesser la peau, il arrive sur le corps étranger qu'il s'agit de détruire ; c'est ici que la manœuvre doit être prudemment dirigée et que le tranchant doit porter seulement sur le corps étranger lui-même, en évitant le plus possible de léser les parties environnantes. Le ténotome est dirigé alternativement à gauche et à droite du trident et les sections doivent en être faites dans différents sens, sans trop s'en éloigner. Chaque section est indiquée par un bruit particulier qui est plus ou moins éclatant suivant sa résistance. Quand on s'aperçoit que le volume <lu corps étranger diminue sous l'influence des sections, quaud on reconnaît que toute résistance disparaît, on peut être sûr que l'opération est terminée, et alors on retire le ténotome par la même voie qu'il a parcourue.
Quelques heures après, on voit une tumeur qui se présente dans l'endroit où l'opération a été faite ; elle est fluctuante et oflre quelquefois une certaine distension qui tient au liquide accumulé, au sang, à la sérosité et à la synovie.
Comme on le comprend, ce procédé est destiné à détruire les corps étrangers charnus, iibreux, tibrineux, peut-être fibro-cartilagineux. Il en est qui fournissent beaucoup de liquide pendant l'opération ; c'est ce que j'ai observé sur une femme qui demeurait rue Bonaparte et qui portait un corps étranger fibro-gélatineux du genou, du volume d'un
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petit œuf de pigeon. Cette opération fut pratiquée en présence de MM. Rayer et Andral.
Au bout de neuf mois, la tumeur avait entièrement disparu et les mouvements s'exécutaient aussi librement que par le passé.
Dès que le corps étranger a été détruit en grande partie, chose remarquable, il ne reparait plus. Ses liens ayant été détruits, ses moyens de nutrition ayant cessé, il est abandonné aux lois de l'absorption qui finit par faire disparaître ses restes. C'est une chose curieuse de voir les liquides se répandre dans l'articulation, hors de celle-ci, ne déterminer aucun travail inflammatoire et être résorbés, la synoviale se cicatriser et l'articulation fonctionner comme si rien n'avait existé.
L'opération une fois terminée, le membre est placé dans l'horizontalité et maintenu dans une gouttière ; les réfrigérants sont mis sur le genou pendant une huitaine ou une dizaine de jours pour prévenir l'inflammation.
Puisqu'il est fait mention dans ce travail de deux espèces de corps étrangers qui réclament deux méthodes différentes de traitement, je ferai deux groupes d'observations où l'on classera séparément cejles qui traitent de l'extraction et celles qui réclament le morcellement ou segmentation.
Première catégorie.
Dans celle-ci se trouveront tous les corps étrangers osseux, osséo-cartilagineux et fibro-carlilagineux intra-capsulaires.
Obs. 1. — Corps étranger osseux développé dans l'articulatioîi fémoro-tibiale droite. — Extraction. — Le nommé
Riallay (Jean), âgé de quarante-six ans, commissionnaire, né à Passy, est entre à l'hôpital le 28 mai 1851. Son père est mort à soixante-neuf ans et sa mère à soixante-douze. lia deux frères et deux sœurs qui jouissent d'une bonne santé.
Kn 1830, il reçut, sur le genou gauche, à la partie interne, un coup de lance qui ne fit qu'effleurer la peau et qui laissa néanmoins une cicatrice. Quelque temps après, en coupant du bois avec une hachette, il se fit une blessure à la partie interne et inférieure du genou gauche. Dans l'hiver de 18A9, il souleva et plaça sur ses crochets une fontaine de pierre (filtre) d'un poids considérable. Pendant qu'il exécutait ce mouvement, une douleur subite se fit sentir à la partie interne et supérieure du genou droit, et elle fut accompagnée d'un craquement qu'il dit avoir entendu distinctement. Cette sensation ne fui. douloureuse qu'un instant, car il continua son travail et se livra à ses occupations le reste de la journée. Le soir, le genou était enflé et les mouvements de flexion et d'extension étaient devenus impossibles. Le malade garda la chambre pendant trois ou quatre jours, appliqua des compresses d'eau-de-vie camphrée et de savon blanc, et reprit après ce temps ses occupations, quoique éprouvant de temps à autre de légères douleurs dans le genou droit.
Au mois d'août 1850, en voulant monter un escalier, il sentit dans l'articulation fémoro-libiale gauche, la même douleur et le même craquement que dans l'hiver de 1849. Le genou grossit et enfla, la flexion devint gênée, la douleur prit de la continuité et le travail fut impossible.
Le malade remarqua que le membre étant dans l'extension la douleur diminuait ; et un mois après l'accident il sentit quelque chose de dur, qui se déplaçait, tantôt à la partie interne, tantôt à la partie externe.
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Le 17 mai 18A9, en marchant 9ur un trottoir* le pied porta subitement sur le sol et il ressentit une douleur extraordinairement violente dans l'articulation fémoro-tibiale droite. Elle se propagea vers la partie postérieure et supérieure du membpe, et le malade rentra chez lui avec beaucoup de peine et demeura à la chambre jusqu'au 28 avril, jour de son entrée à l'Hôlel-Dieu.
^e me bornai à placer le membre dans l'extension, des compresses imbibées du mélange suivant furent appliquées sur le genou :
Eau de chaux 500 grammes.
Sel ammoniac 30 —
Après l'emploi de ce médicament, la quantité de liquide contenue dans l'articulation diminue.
Examen du malade le 7 juin 1851. — Il est bien constitué et ne présente aucun engorgement ganglionnaire ; les autres articulations sont saines.
Les articulations des deux genoux ont été soumises à la mensuration ; voici ce qu'elles ont offert de particulier.
Genou gauche. — Les saillies et les enfoncements sont nombreux, les mouvements de flexion peuvent très-bien s'effectuer. A la face interne de l'articulation on voit deux cicatrices, l'une à la partie supérieure de la rotule, l'autre à la partie inférieure. La coloration de la peau n'offre rien de particulier.
Genou droit. — La peau a sa coloration normale ; à la partie supérieure et externe de l'articulation se trouvent de petites pustules blanchâtres, entourées d'un cercle rouge ; elles sont très-nombreuses à la partie postérieure de l'articulation.
Le genou est déformé, les saillies et les enfoncements sont effacés.
A la partie interne et supérieure, on voit un relief ovoïde, dont le grand diamètre est dirigé de haut en bas, d'arrière en avant, et qui semble se perdre de sa partie inférieure sur la face antérieure et inférieure de l'articulation fémorotibiale. Quand on appuie une main à la partie supérieure et interne de la cuisse en arrière, l'autre à la partie inférieure et externe, et qu'on exerce une pression modérée, un flot de liquide soulève la main du côté opposé. Par cette exploration, le malade n'accuse aucune douleur. Si l'on déprime la tumeur, elle reprend aussitôt sa forme primitive, la compression cessant. Si l'on applique sur elle les deux pouces, on sent de la fluctuation, puis un corps mobile qu'on déplace à volonté; en le faisant frotter sur les surfaces articulaires on a une sensation particulière. 11 peut avoir 5 centimètres dans son plus grand diamètre et 3 dans le plus petit.
Circonférence du genou gauche.
Sur la partie médiane de la rotule 35 centimètres.
A la base de la rotule 35 —
Au tiers inférieur de la cuisse 34 —
Au quart supérieur de la jambe -. 29 —
Genou droit.
Sur la partie médiane de la rotule 37 centimètres
A la base de la rotule 36 —
Au tiers inférieur de la cuisse 35 —
Au quart supérieur de la jambe 27 —
La déformation du genou tient donc non-seulement à la présence du liquide, mais encore à une déformation du condyle externe et du tibia qui a augmenté de volume.
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Le 13 juin, je me décidai à extraire le corps étranger par mon procédé.
Je n'entrerai pas dans les détails de l'opération et je me bornerai à dire que l'articulation a été ouverte, que le corps étranger a été placé dans une cavité creusée pour le recevoir, et enûn fixé avec un trident, et qu'il a été définitivement extrait.
Il est curieux d'énumérer les phénomènes qui ont accompagné la présence du trident.
Le 14, il y a un peu de rougeur autour de l'aiguille. Le 15, la rougeur ne s'est pas étendue, mais les parties «ont sensibles au toucher.
Le 16, le trident est retiré et un morceau de diachylum est appliqué sur les parties sensibles.
Le 18, la rougeur est plus intense mais toujours circonscrite.
Le 19, on applique des compresses trempées dans l'eau de chaux 500 grammes et sel ammoniac 60 grammes.
Le 20, la capsule est fortement distendue par le liquide synovial, la rougeur est encore limitée. (Cataplasmes, avec l'eau de guimauve.)
Le 22, le genou a perdu de son volume, état général satisfaisant ; la jambe est maintenue dans l'extension. (Traitement : eau de chaux et sel ammoniac.)
Le 25 :
Circonférence à lu base de la rotule Au niveau du grand cul-de-sac. . . , Au sommet de la rotule
38 centimètres.
Le 26 :
Circonférence à la base de la rotule
Au sommet
Au niveau du grand cul-do-sac. .
37 centimètres.
Même traitement. L'inflammation séreuse n'étant plus à craindre, je procèdeà la troisième partie de l'opération, ou à V extraction du corps étranger.
Le 27, le membre est fixé pat* deux aides. Armé d'un ténotome, après avoir tendu les téguments au-dessus de la saillie, je fais une incision parallèle à l'axe du genou. Elle comprend les téguments et les parties molles jusqu'au corps étranger* Un'peu de liquide filant, jaunâtre, s'échappe par la plaie, et avec une pince, je fais basculer le corps étranger et les lèvres de la plaie sont réunies par deux points de suture entortillée.
Le 28, cuisson au côté externe de l'articulation jusque vers le soir, 80 pulsations à la minute. (Groseille, 2 pots; pilules d'opium, 1 centigramme.)
Le 29, douleur locale à l'endroit de la plaie, nuit bonne, pouls radial, à 92 pulsations, langue blanche, peau chaude. (Groseille, 2 pots; 2 pilules d'opium d'un centigramme; saignée de S palettes.)
Le 80, peau chaude, langue blanche, la peau de la jambe et de la cuisse est rouge à la partie externe, tendue, sensible au toucher; 108 pulsations. L'appareil est enlevé, la rougeur érysipélateuse part des bords de la plaie et s'étehd sur le côté externe de la cuisse et de la jambe. (Groseille, 2 pots ; cataplasmes froids.)
Les deux épingles qui maintenaient en contact les lèvres de la plaie sont enlevées, un peu de sang noirâtre s'écoule par là.
J" juillet. — Sommeil depuis onze heures jusqu'au matin; pouls radial, 8â pulsations; langue blanche.
Le 2, nuit bonne, langue blanche ; pouls radial, à 80 pulsations.
La rougeur est moins intense à la jambe, mais elle est
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toujours aussi forte à la cuisse. (2 bouillons, 2 potages.) La plaie ne présente aucune trace de suppuration, le liquide contenu dans l'articulation a diminué, de la lymphe plastique s'est déposée entre les lèvres de la plaie et, au côté externe de l'articulation, on sent un point dur, résistant, dû à un coagulum et à différents liquides épanchés. Un linge ccraté en recouvre les lèvres, un cataplasme froid, mince, couvre les parties érysipélateuses. (Groseille, deux pilules d'opium.) Le 3, état général satisfaisant.
Le A, le malade a éprouvé un peu de malaise et du fris* son ; la rougeur paraît éteinte, un quart de lavement est
administré.
Infusion de camomille 4 28 grammes.
Sulfate de quinine 3 décigrammes.
Le 5, pouls lent, battements de cœur réguliers. (Le malade a mangé une portion, rien du côté du membre malade ; même pansement.)
Le 6, depuis le lavement, il n'y a pas eu de sueurs ni de frissons.
Le 7, par la plaie, il s'échappe une substance membraniforme, et le 9, la plaie est presque cicatrisée ; le liquide qui baigne l'appareil n'est pas du pus, mais une espèce de sérosité mélangée à du sang. L'examen attentif du genou ne permet pas de découvrir aucune trace de
Le corps étranger a été examiné quant à ses caractères, sa structure, etc.; il est blanc, opaque, bosselé^ inégal sur ses deux faces, son plus grand diamètre a à centimètres, et son plus petit 3 centimètres et demi.
La circonférence est inégale ; ses deux faces présentent
aussi de l'irrégularité et son épaisseur n'est pas la même partout. 11 a été analysé par M. Pelouze, qui l'a trouvé composé de matière organique en tout semblable à celle des os. Toute la partie dure ou inorganique offre la mémo composition que celle du corps étranger trouvé dans l'articulation d'un cheval dont l'analyse a été rapportée plus haut.
Le 14, la bande qui maintient le pied dans l'extension est enlevée.
Le 18, on ne permet pas encore au malade de se lever.
Le 21, il y a du liquide dans l'articulation, surtout à la partie interne, un peu de douleur au niveau du condyle interne du tibia.
Examiné le 22, voici les mesures qu'il a fournies :
Circonférence au grand cul-de-sac 34 centimètres.
A la base de la rotule 35 —
Au sommet 35 —
Les mouvements de flexion et d'extension de l'articulation s'exécutent avec quelque gêne et un peu de douleur au niveau du condyle interne du tibia. (Application de compresses sur le genou trempées dans l'eau de chaux et le sel ammoniac.)
Le 29, au-dessus du grand cul-de-sac, on voit une cicatrice blanchâtre, longue de à centimètres et présentant une courbure à convexité supérieure.
Aujourd'hui 31 juillet, le genou a repris ses mouvements.
Une longue cicatrice située derrière le tendon du biceps crural est longitudinale, elle est encore rosée et a tous les caractères des cicatrices récentes. Une genouillère est appliquée autour du genou. Six mois après avoir pratiqué cette opération, j'ai revu le malade ; il se livrait à des occu-
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pations très-pénibles, et cependant l'articulation ne contenait pas de liquide et les mouvements étaient libres.
Obs. II. — Corps étranger osseux mobile dam f articulation du genou. — Extraction. — Guérison. — Le nommé Martin, âgé de trenle et un ans, garçon de bureau au ministère de la justice, est entré à l'Hôtel-Dieu, salle Saint- Corne, le 7 novembre 1857.
11 est né de parents sains ; dans son jeune âge, il se couchait le soir sur le sol ; aussi, à l'âge de huit ans fut-il pris tout à coup de douleurs dans les reins, qui bientôt s'élendirent à tous les membres et enfin se fixèrent sur le genou droit.
Dans les changements de température, on a vu successivement cette articulation éprouver des modifications dans l'état de santé. Toujours est-il qu'il a commencé à éprouver de la gêne dans les mouvements de flexion et d'extension ; ces phénomènes ont augmenté jusqu'au moment où le malade a cru avoir fait un faux pas qui a été la cause de nouveaux accidents qui réclamèrent le séjour au lit.
Le lendemain, le genou était tuméfié, douloureux, embarrassé dans ses mouvements ; c'est alors qu'il entra à l'Hôtel-Dieu.
L'examen de l'articulation me permit de constater l'existence d'un gonflement considérable dù à l'accumulation de la synovie dont la présence est démontrée parla fluctuation et le déplacement d'un liquide; en outre, les dépressions qui se rencontrent sur les côtés de la rotule et au-dessus ont disparu.
11 était facile d'admettre l'existence d'un corps étranger, mais il n'y avait pas possibilité de démontrer matériellement son siège, la tuméfaction du genou étant portée à un degré extrême.
Lorsque par le repos et l'application de cataplasmes, le liquide a été en partie résorbé, il a été possible de reconnaître le corps étranger et de le suivre dans ses migrations.
Par la pression, on pouvait le pousser dans divers sens de la synoviale.il y avait habituellement une douleur obscure dans le genou et elle acquérait des degrés d'acuité considérable.
Avant de songer à pratiquer une opération, j'ai dû combattre la douleur et l'irritation qui existaient; et pour cela, je plaçai le membre dans une gouttière matelassée, je fis usage de cataplasmes émollients et le malade fut purgé a différentes reprises. Ce ne fut qu'après la disparition complète du liquide contenu dans le genou, que je regardai les topiques comme inutiles et que je proposai l'opération qui fut acceptée.
Comme à différentes reprises j'avais reconnu en palpant la nature osseuse du corps étranger, j'ai dû pratiquer l'extraction et par conséquent ne pas penser au morcellement.
L'irritabilité du sujet et l'agacement nerveux qui le dominait toujours, m'engagèrent à le chioroformiser : c'est ce que je fis avec succès.
Le membre étant maintenu par des aides et étant élevé sur un coussin, le corps étranger fut attaqué le 18 novembre
Un ténotomefin, long et bien tranchant est enfoncé dans l'épaisseur de la peau au côté externe du genou droit, à à centimètres au-dessus du corps étranger, et est dirigé dans l'épaisseur des tissus. Parvenu sur le côté de l'articulation, je l'incise dans la direction du bord externe de la rotule, je porte le ténotome au côté externe du genou, dans l'épaisseur des chairs et au-dessous de l'ouverture articu-
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laire, de manière à décoller les tissus, et bientôt le corps étranger tombe dans celte cavité où il séjourne pendant vingt-qualre jours.
Au bout de ce temps, l'articulation n'offrant aucun symptôme inflammatoire, je procède à l'extraction du corps étranger.
Une incision longue est pratiquée au-dessous du corps étranger et dans son plus grand diamètre ; le bistouri pénètre et divise en même temps la poche dans laquelle se trouve le corps étranger. C'est alors qu'il est saisi avec des pinces prenantes et qu'il est attiré au dehors par de légers mouvements. 11 sort en même temps que le corps étranger quelques gouttes de sérosité et un peu de synovie ; les lèvres de la plaie sont réunies par la suture entortillée et elle est couverte avec des compresses qu'on renouvelle plusieurs fois dans la journée, et qui sont imprégnées d'eau froide.
Les jours suivants, le malade ressentit quelques douleurs dans le genou.
Le 23, Martin accuse de la céphalalgie, de la courbature, des douleiirsdans les reins, du trisson. En outre, la bouche est pâteuse, la langue est blanche, A ces phénomènes précurseurs, succède une manifestation érysipélateuse qui dure environ sept jours et qui a disparu par l'emploi de boissons délayantes et de plusieurs purgatifs.
Le 23, jour de l'apparition de l'érysipèle, les épingles ont été enlevées, la réunion par première intention avait été obtenue, et les lèvres de la plaie étaient maintenues en contact par de la lymphe.
Enfin, le malade a pu sortir de l'hôpital le 13 janvier 1858, guéri, avec la conservation des mouvements de l'articulation. L'extension et la flexion se faisaient régulièrement et complètement. Pendant quelque temps cependant,
le malade a conservé des douleurs dans l'articulation, et aujourd'hui, 22 décembre 18(53 , il n'en existe plus de traces.
Cet opéré et le précédent ont donc été affectés d'érysipèles précédés de phénomènes précurseurs et par conséquent fébriles. Ces deux fièvres érysipétaleuscs développées sur nos deux opérés ont donc été les seuls accidents que nous ayons pu observer après l'extraction des corps étrangers osseux, tant ces opérations ont été simples et exemples de complications.
Obs. ÏII. — Corps étranger du genou gauche osséo-car* tilagineux. — Extraction. — M. Colin (Auguste), âgé de dix- huit ans, est venu à Paris le 6 avril 1848, à la maison de santé des frères de Saint-Jean de Dieu, pour réclamer mes soins. Il me raconta qu'en voulant s'assurer des obstacles qui empêchaient les eaux de son jardin de couler, il entra à genoux dans un petit tunnel sous lequel passait la source, et eut pendant quelques instants les jambes mouillées.
Environ quinze jours après, il fut pris de douleurs dans le genou gauche. L'articulation se tuméfia sans changement de couleur à la peau.
Un médecin reconnut une hydarthrose et fit appliquer successivement six vésicatoires.
Deux mois après cet accident, son médecin déclara qu'il y avait un corps étranger dans l'articulation. Y ne compression fut établie sur le genou et le malade continua à se servir du membre. Lorsqu'il vint à Paris, je l'ai examiné et je reconnus qu'effectivement l'articulation contenait un corps étranger que je me proposai d'extraire après avoir fait subir au nommé Colin une préparation. Il fut mis au repos, purgé et baigné à différentes reprises.