SONT
Les textes les plus anciens ne nous parlent que d’une seule manière de fausser les jugements, savoir : le faussement de la Cour.
« Si aucun vient en la haute court et dit que la court est fausse, on que elle a fait faus jugemens, tous céaus de la court l’en deivent desmentir et tendre lor gages encontre lui devant le seignor et se il tent le sien et le seignor le receit après ce n'i peut aveir fin ni merci, la bataille deit estre telle qu'il se deit combatre à tous céaus de la court j'un après l’autre se il tant dure (!) ».
Ainsi donc celui qui fausse la cour doit combattre tous les juges qui la composent. Cette manière de combattre les jugements élait usitée non seulement en Palestine, ainsi que le prouve le texte précédemment cité, mais l'était également en France, ainsi que le prouve le texte suivant : « Quant aucuns apele de faus jugement et il atent tant que li jugemens est prononcies et que tuit li home se sunt acordé au jugement; et li apelères dist après que li jugemens est fax et malvès, et por tel le fera en le cort de chix ou droit le. menrra en tel manière d’apel, il converroit qu'il se combatist toz seus encontre toz les homes, se tuit li home offroient le jugement à fere pour bon 2) ».
Primitivement, la procédure féodale ne faisait aucune distinction dans la manière de fausser les jugements. Elle
donnait toujours lieu au duel judiciaire. Mais peu à peu, on (1) Assises de la haute cour, Navarre, c. 87 (I, 561), et [belin, c. 110 (T, 179). ù (2) Beaumanoir, LXI, 45.