II. — NOTE RECTIFICATIVE DE M. DE SACY
Journal des Débats, 28 octobre 1853 (1).
Nous avons commis une légère erreur dans notre
réponse au journal V Univers. Ce n'est pas à Jacques II,
mais à Jacques III^ plus connu sous le nom de cheva-
. lier de Saint-Georges, que Fénelon adressait les paroles
que voici, telles que les rapporte le chevalier de Ramsay :
« Nulle puissance humaine ne peut forcer le retrani( chement impénétrable de la liberté du cœur. La a force ne peut jamais persuader les hommes ; elle ne « fait que des hypocrites. Quand les rois se mêlent de « la religion, au lieu de la protéger, ils la mettent en « servitude. Accordez donc à tous la tolérance civile, « non en approuvant tout comme indifférent^ mais en « souff'rant avec patience tout ce que Dieu souffre, et en « tâchant de ramener les hommes par une douce per-
(1) Cette note rectificative a paru dans Jb Journal des Débats Je jourinéThé oti Y Univers donnait la courte réponse précédente.
« suasion. n {Vie dé Fénelon, par Ramsay, page 181.) Quant aux autres paroles de Fénelon que nous avons citées de mémoire, les voici telles qu'on les lit dans une lettre adressée à Bossuet le 8 mars 1686 : c Si Von « voulait leur faire abjurer le christianisme et suivre « VAlcorany iln'y aurait qu'à leur montrer des dragons. » Fénelon dit ailleurs dans une lettre adressée au duc de Bourgogne, le 26 février 1686 : « Si peu qu'on les a presse (les prolestants), on leur fera faire des sacri- « léges innombrables; les voyant communier, on « croira avoir fini Touvrage ; mais on ne fera que les « pousser par les remords de leur conscience jusqu'au a désespoir, ou bien on les jettera dans une impossibi- « lité et une indifférence de religion qui est le comble « de l'impiété. » Voilà ce que valent et ce que produisent les conversions opérées par des garnisaircs !