LA RÉPONSE DB*H. WEISS
attendirent deux ou trois ans pourréaliser leur fortune, ou pour en emporter au moins quelques débris à Tétranger. Ce fait bien naturel est constaté par des documents que je cite ailleurs, et le plus simple raisonnement devait vous le faire deviner.
Sauf une erreur de chiffre que vous avez raison de relever, mais qui est due à une simple inadvertance, vos autres observations ne sont pas plus fondées que celles auxquelles je viens de répondre. L'omission des mots en très-petit nombre que vous me reprochez si aigrement, ne répand pas, je crois, une couleur si fausse sur mon tableau, et il m'eut été facile de l'assombrir en puisant dans les histoires locales, comme, par exemple, de la Normandie, par M. Floquet. Mais j'ai hâte de laisser là cette discussion stérile, dans laquelle je ne suis entré que pour défendre mon honneur et ma probité littéraires, et pour vous dire que je repousse avec indignation Todieuse qualification de faussaire que vous avez la hardiesse de me donner. Evidemment votre zèle vous emporte, et l'ardeur de vos convictions trouble la netteté de votre jugement. Faut- il s'en étonner? La révocation de Tédit de Nantes paraît être une de ces questions brûlantes qui ont le privilège de vous émouvoir fortement. Pour moi, je la juge sans passion, ou plutôt je la crois jugée depuis longtemps par l'histoire. N'est-elle pas, condamnée, sous le rapport politique, par l'édit de Louis XVI qui restitua aux protestants leurs droits civils, et par la
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législation de 1790, qui coniaerft la liberté des cultes et rendit le titre de citoyens aux descendants des proscrits? Sous le rapport religieux^ par l'inutilité des lois draconiennes de Louis XIV^ enoore aggravées par Tordonnance de 1724, par la persistance du parti protestant dans le royaume, et par les progrès rapides de ce parti philosophique du dix*buitième siècle qui contribua si puissamment à préparer la chute du trône et de Fautel ? Sous le rapport économique, enfin, par la décadence de notre commerce, de nos manufactures et par Tappauvrissement général du pays? Pourquoi défendre plus longtemps une cause aussi complète* ment perdue ? Quel avantage trouvez-vous à rendre la religion catholique solidaire des excès commis en son nom par un gouvernement despotique, qui rompait violemment et sans nécessité avec la grande tradition delà politique d'Henri IV, de Richelieu, de Mazarin, et qui, d'ailleurs, ce qui doit vous toucher, n'avait pas même demandé rapprobation préalable du Saint- Siège ? En plaçant la discussion sur un tel terram, vous vous exposez bien gratuitement à une défaite certaine. Me permettrez*vous, Monsieur, puisque vous êtes si dur pour les autres, de relever à mon tour quelquesuns des méfaits que vous commettez à mon préjudice par vos fausses interprétations sur mon livre? Vous soutenez aujourd'hui que la perte matérielle essuyée par la France a été minime et que je l'ai singulièrement exagérée: Mais alors pourquoi disiez-vous dans