LA RÉPONSE DE M. WEISS
comprenez donc pas quel rôle vous jouez en agissant aînsi? De quel nom appeler les hommes qui provoquent à la haine et au mépris de nos institutions? La conséquence inévitable du triomphe de vos doctrines serait d'armer les citoyens les uns contre les autres et de nous plonger en plein dix-neuvième siècle dans les guerres de religion. Je n'insiste pas sur ce point, car depuis longtemps les hommes éclairés de tous les partis s'accordent pour rejeter les théories sanglantes et pour repousser ce dieu de vengeance et de persécution qui est le Dieu de Joseph de Maistre, mais qui n'est pas le Dieu de TEvangile et qui ne saurait être celui du catholicisme moderne.
. Vous avez, Monsieur, dirigé plusieurs fois des attaques contre moi, et elles ont fini, je le crois, par dépasser les limites de la critique littéraire permise. Je pense que vous ne me refuserez pas la faculté de me défendre devant vos lecteurs, et je vous promets d'avance que je n'en userai plus à l'avenir. J'attends donc de votre loyauté, et au besoin je requiers l'insertion de cette lettre dans un des plus prochains numéros de votre journal. J'ai l'honneur, Monsieur, de vous saluer.
Ch. Weiss.
Jeudi, 22 décembre 1853.
Au Btyle de cette épître on comprend que
^ Sans passion,
Ce n*est rien seulement qu'une sommation,
qui lui a ouvert nos portes. Elles se seraient ou-^ vertes volontiers si M. Weiss avait apporté moms de violences et plus d'arguments. Sans doute il a trouvé habile de couvrir d'un beau zèle pour les principes de l'789 les erreurs et les altérationa historiques constatées dans son livre.
Nous n'entrerons pas dans la discussion où il nous provoque. Le Dieu de Joseph de Maistre, celui de TÉvangile, non plus que celui du catholicisme moderne, ne sont en cause* Il ne s'agit point des guerres de religion, ni de là barbarie d'autrefois, ni du repos public, ni du déshon^ neur de notre pays, ni de Tédit de Louis XVI, ni de la chute du trône et de Tautel, ni même de l'approbation préalable ou postérieure, de la papauté. Nous avons traité de ces questions celles qu'il nous a paru utile de toucher : nous n'avons à débattre avec M. Weiss que la valeur et l'usage d'un document historique; il s'agit des rapports des intendants de généralité de 1698.
Pour justifier l'usage qu'il en a fait, M. Weiss invoque les renseignements qu'il aurait pu em-