DÉFENSE DU « PR-«;C0N1UM
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saire ne sait jamais écrire, et les plus minces écrivains ne manquent pas de la vérifier par leur polémique. Je ne voudrais pas^ en rappelant les grands personnages littéraires accusés dlgnorance par les petits, vous paraître peu modeste. Mais je me mets de côté et j'oublie que le débat est entre vous et moij pour ne parler qu'en général. Or, ne vous souvient-il pas que Larcher disait du style de Voltaire : Quel français ! un curé bas-breton parlerait mieux! — Et au dix-septième siècle, vous le savez, Huet, concurrent malheureux de Bossuet pour l'éducation du dauphin ^ osait écrire par dépit, dans ses Mémoires^ que Bossuet était mauvais humaniste, absolument comme votre parti, rival jusqu'ici impuissant de renseignement universitaire, répète chaque matin que FUniversité ne sait ni le làtiuj ni le grec, ni le ftan^is. Quand Yoltaire et Bossuet sont acèusés de mauvais style, qui s'étonnerait de passer poUr un pâuvte écrivain? C'est une règle gëilérale j je le répète : un adversaire ne sait jdmais écrire. Je ne m'étonne donc nullement, Monsieur, qu'après quatre mois d'un mûr examen; vous ayez cru découvrir sept ou huit fautes dans mon discours : ce qui me surprend, c'est que tous ne m'en ayez pas signalé davantage. Je suis un peu, je vous l'avoue^ dé l'avis de Scaliger, excellent humaniste, comme vous savez. Un certain Scioppius, agent des jésuites; dit l'histoite, et auteur d'tin commentaire siir les Priapées^ lui avait aigrement reproché plusieurs fàtttes de style. <^ Un
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moderne qui écrit en latin, lui répondit fort spirituelle ment Scaliger, est comme le juste de FEcriture : il peut faire sept fautes par page, comme le juste sept péchés par jour. » A ce compte, je puis regarder votre critique, Monsieur, comme un éloge relatif, dont se contente mon humilité. Aussi bien, je me résigne à ne jamais écrire en latin comme Gicéron, ni même comme Scaliger. Je n'ai qu'une prétention, c'est d'enseigner aux jeunes gens à distinguer le bon style du mauvais, la langue des classiques anciens d'avec la langue des Pères de FEglise, et de le§ mettre en état de bien juger plus tard entre la prose de M. Augustin Thierry et celle de M, Aubineau. Voilà mon unique ambition, et, si je réussis, je me consolerai facilement de passer à vos yeux pour un mauvais humaniste. Mais, encore faut-il que vos critiques soient fondées, et c'est ce que je me propose d'examiner maintenant. Je demande d'avance pardon à vos lecteurs de la puérilité de ce débat. Ce n'est pas ma faute si vous êtes un tyran de grammaire^ comme disait Balzac, et si, comme disait Voltaire, vous pesez des riens dans des balances de toile d'araignée. Je serai forcé de discuter avec vous sur des questions de mots. Je m'y résigne. A pédant, pédant et demi.
Ham imaginem suspicite, hujusee domus parietibus appictam. « A quel style appartient cette malencontreuse répétition, Aûwc, hujusee ?n Au style de Gicéron, Monsieur, et de tous les écrivains latins, qui répètent