M. DE SAGY ET M. LE PASTEUR
M. de Sacy présente aux lecteurs du Journal des Débats un pasteur protestant chargé de cinq volumes de sermons. «— C'est une fête pour M. de Sacy. Ses convictions de précieux. Les éloges qu*il fait de TEglise catholique, de son autorité et de son infaillibilité. Nécessité de Tinfaillibilité pour régler la doctrine. Erreur du pasteur dans ses éloges des peuples qui lisent la Bible. — La lecture de la Bible n*obvie pas à tout. Bons sentiments de M. de Sacy sur les persécutions dirigées contre les catholiques au nom de la libeï*té. — M. de Sacy se donne pour un enfant de TEglise catholique, habitué à écouter les enseignements de ses chaires. Il n*a pas entendu les sermons hétérodoxes. Combien ils lui paraissent singuliers. Les coups de tampon. Le peu d'autorité de la parole protestante. M. de Sacy compare son pasteur à La
c( prévenir tous les procès; je passe là-dessus « tout de suite, à pieds joints. Que les protestants a lisent assidûment l'Ecriture sainte, qu'ils s*en a nourrissent; ce n'est pas lùoi qui leur en ferai « un reproche. Mais lorsque M. le pasteur avance « à plusieurs reprises que les peuples qui font de w l'Ecriture sainte une lecture journalière sont les a seuls qui marchent d'un pas constant et sûr dans (( les voies du progrès, de la liberté, de l'amélio- « ration morale, et parmi ces peuples, il est trop « évident qu'il ne compte pas la France, alors je « réclame de toutes mes forces, je crie à Tinjus- « tice, j'en appelle au pasteur lui-même.
(( Nous les avons vus de près, de trop près, hélas ! « ces peuples qui lisent ou qui sont censés lire la (i Bible, ces enfants de Luther! Ils ont envahi « notre sol, ils se sont emparés de nos maisons, u ils se sont assis à nos tables, ils ont couché dans « nos lits. Quelles vertus singulières nous ont-ils « donc fait voir, quelle piété, quelle humanité, « quelle justice? Est-ce dans la Bible qu'ils ont a appris que la force prime le droit, et que la (( guerre permet tout aux victorieux? Quelle hu- (( miliation, quelle douleur nous ont-ils épargnées? ce N'est-il pas temps que la chimère de leur supéa riorité chrétienne et morale aille rejoindre une