‹ De la révolution actuelle de l'EspagneChapitre 12 sur 17 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

L’objet du gouvernement est la félicité de la nation , puisque le but de toute société politique n’est autre chose que le bien-être des individus qui la composent.

En voilà bien assez pour faire connaître l’esprit de cette constitution , pour marquer la différence entre elle et tant d’autres. Yoilà des principes clairement exprimés et fixés : voilà des questions abordées franchement et tranchées nettement ; ce ne sont pas les demi-mots que l’on entend ailleurs , qui laissent tout dans le vague et dans l’indécision , et une nation partagée entre deux opinions parallèles.

Yoilà la question du contrat social, cette question quiagite le monde, déterminée comme elle le fut, par celui-là même qui, le premier,

vint présenter son image si chère aux uns et si effrayante pour les autres. Avec une introduction aussi péremptoire , où pourraient trouver place ces éternels débats sur l’origine et la destination des sociétés rjui divisent encore les fï a,K’als ? Quel espagnol oserait , après cela , jeter dans la circulation des écrits tels que ceux que 1 on ne rougit pas de publier encore en France , contre ce qu’on appelle la souvelainele du peuple, au bas desquels quelquefois l’œil s’étonne de rencontrer les noms des législateurs mêmes de la France. Après une déclaration aussi formelle du principe, des droits et de la destination des sociétés , les chaires de l’Espagne pourront-elles , comme elles le font en France, retentir d imprécations contre ces pi incipes, et leur attibuer tous les malheurs de l’Etat, comme il est habituel de l’entendre faire paimi nous* tant il est important que la lumière et la lumière toute entière parte du G ou* vernement, parce qu’à la manière des fanaux , lui seul est placé assez haut pour être aperçu de loin et de tout le monde.

Ces dispositions générales sont marquées du sceau honorable de l’humanité et de l’élévation d’esprit. C’est du fond de cette péninsule,

où les moeurs de l’Afrique ont si long-temps régné , où le monarchisme , l’inquisition , Philippe II et le prince de la Paix , ont semé tant de terreur et d’abjection , que s’élève tout à coup le code qui, seul encore en Europe, réunit et proclame tout ce qui fait la sûreté de l’homme en société , tout ce qui ne laisse aux rigueurs que ce qu’elles ont de necessaire, et ce qui les borne aux seuls coupables : ainsi :

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