‹ De la révolution actuelle de l'EspagneChapitre 8 sur 17 · US · texte numérisé non relu

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ia marche générale des affaires humaines, a

joint quelqu application a suivre la manière

dont elles étaient particulièrement menées en Espagne.

Au moins, à ce terme fatal , Ferdinand n’a point aggravé sa position par une folle résistance : résister , quand on reste seul! est-ce

donc qu’un roi peut se battre comme en duel avec tout un peuple ? Un roi tout seul n’est plus un roi : l’étoffe de la royauté n’est pas le roi , mais le peuple pet quand celui-ci manque la royauté ne manque-t-elle pas avec lui? Ferdinand a été condamné à voir réaliser le mol qu adressait à Philippe II un fou qui , dans ce temps, faisait partie du mobilier des cours...

l ' ' £ oui , si tout lemondc

disait non, qu’ arriverait-il? Le sombre Phi-

ippe laissa pour toute réponse, tomber un

! egard C C dedam {Vn semblait dire : osera-t-on jamais dire non, sur celui qui, au moins, dans

CC m°™nt ’ Paraissait plus sage que ne l’annonçait le b.evet de son honorable emploi Eh

bien, ce jour où tout le monde dit non, était arrive j Ferdinand a eu le malheur de l’en tendre prononcer sanspouvoiren détourner l’effet Des hommes bien inconsidérés, dans cette position

où tout a échappé , en appellent au sentiment de la dignité; beau remède dans ces momens suprêmes ! comme si la dignité consistait à opposer une résistance aussi folle que funeste à ses auteurs , dommageable pour une foule d’innocens , et propre seulement à mettre le comble aux malheurs déjà existans , et non pas à arranger toute sa conduite , de manière à prévenir cette cruelle nécessité, et à n’avoir pas besoin de résister ! Que dirait-on d’un homme qui, jeté sur un lit de mort par suite de ses intempérances, croirait sa dignité intéressée à repousser la main qui lui présenterait la coupe amère, mais salutaire, où se trouverait le seul remède compatible avec son état? Le roi Ferdinand a été enveloppé par l’insurrection de son peuple comme par un tourbillon ; ce monarque a, comme ddipe , disparu dans une tempête, et du sein des flots soulevés est sorti un trône constitutionnel destiné à lui servir de refuge , et à le mettre, s’il le veut , a 1 abri

d’un nouveau naufrage.

Je ne terminerai pas cet article sans rappe-

ler que déjà , dans le Congrès cle Vienne, en i8i5, j’annonçais à l’Europe que sa faute capitale avait été de laisser sans directeurs ceux

auxquels elle venait de rendre des trônes , et que cet oubli, qui déjà avait tant coûté, était destiné à lui coûter encore bien cher , surtout de la part de Ferdinand.

Il faut rendre hommage au principe qui a produit l’oubli funeste de cette mesure ; il tenait au respect de l’indépendance mutuelle des princes ; idée fondamentale, qui ne peut souffrir aucune dérogation dans les temps ordinaires , mais qui était proscrite momentanément par les dangers des circonstances dans lesquelles alors on se trouvait placé ; ils étaient si grands, ces dangers , tellement imminens , que tout devait être rapporté aies éviter ; avec cette salutaire précaution , on n’aurait pas eu 1 8 1 5 , Ferdinand n’aurait pas éprouvé son premier janvier i8ao. Ceux auxquels il avait été donné défaire les frais des restaurations pouvaient bien être compétens pour prescrire des directions à terme limité. L’Autriche , avertie par les effets funestes de la restauration de Naples en 1 799, par les suites qu’allait avoir en Italie la conduite delà cour de Piome en 1814? en i8i5, a pourvu à ce que de nouveaux écarts ne pussent plus avoir lieu : il fallait faire de même ailleurs, élevev des digues contre les passions, des fa-

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nanx contre l’aveuglement et les préjugés , et mettre à l’abri des scènes cruelles et déréglées

qui, depuis six ans, troublent le monde, dérangent tous les calculs , montrent l’Europe flottante sans régulateur , et sans plan , et pouvant , a la vue de ce vide, de ces embarras et de ces désordres , autoriser un homme à dire : je suis vengé.

Ainsi a fini le second règne de Ferdinand,

Hic finis Priami satorum , hic exitus ilium Sorte tulit.

Ses deux premiers règnes ne lui ont pas apporté beaucoup de bonheur. Si en matière de royauté, on comptait par la quantité, on pourrait dire que personne ne fut plus roi que lui.

D’abord entraîné par un destin cruel , ensuite maîtrisé par l’état de son pays , ce prince n’a pu montrer encore ce qu’il est réellement. Le changement qui rend la liberté à son pays , la lui rendant à lui-même , le met à portée de développer les qualités qui lui appartiennent en propre.

Puisse sa troisième couronne lui faire oublier les épines dont il trouva les deux premières hérissées , et lui donner un bonheur d’autant plus étendu et plus sûr , que parti de lu^

comme de sa source, il arrivera à son peuple, comme à l’objet de ses travaux , et de sa félicité la plus réelle.

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