DES ANCIENS
Cyr us disoit que ceux qui ne se font pas de bien à eux -mêmes étoient contraints d’en faire à d’autres. Il pari oit des avares et de leurs héritiers.
Il pensoit qu’on n’est pas digne du commandement, si l’on ne surpasse en mérite ceux à qui l’on commande.
Quoique diverses causes aient souvent modéré 1’infmence des climats, cette influence n’en paroit pas moins certaine ; aussi ne voulut-il point que les Perses , ses sujets , quittassent leur pays âpre et montueux, pour en occuper un plus agréable, de crainte que leur courage n’en fût énervé.
Il refusa de voir une belle femme prise par son armée, dans la crainte, dit-il, de se voir le captif de sa captive.
Dans une marche , comme on lui eut de-
mandé ses ordres pour le dîner, il répondit : « Du pain me suffira , nous camperons sur les n bords d’une rivière. »
En mourant i il dit qu’il ne pensoit pas que Famé, après s’ètre maintenue dans un corps mortel, pût périr lorsqu’elle en étoit délivrée.
Darius disoit que les dangers le rendoîent sage ( en lui rendant la prudence nécessaire).
Zopyre, un de ses meilleurs capitaines, s’étant mutilé le visage d’une manière horrible , alla dans Babylone révoltée contre Darius , supposa que la cruauté du prince l’avoit réduit en cet état déplorable, et, ayant gagné la confiance de la ville assiégée par son maître, trouva le moyen de lui en ouvrir les portes. Darius , peu satisfait de cette marque excessive de dévouement, répéta plusieurs fois qu’il eût mieux aimé perdre cent Babylones, que de les recouvrer au prix des tourmens volontaires d’un si fidèle sujet.
Xerxès , à la place des exercices militaires , introduisit le luxe et les voluptés dans Babylone , dont il venoit de réprimer une révolte , pour en prévenir, dit-il, une seconde.
A la vue de l’innombrable armée qu’il menoit contre la Grèce , on le vit répandre des
larmes, en songeant que de tant de milliers d’hommes, dans l’espace d’un siècle, il n’en rcsleroit pas un seul sur la terre.
Ne pouvant forcer un passage, il s’.ccria de dépit : « J’ai beaucoup d’hommes et peu de » soldats. » Artémise s’étant signalée à la bataille de Salamine qu’il perdit, « Les femmes , » dit-il, se sont montrées hommes, et les » hommes femmes, »
Memkon , général de Darius^, reprit un soldat qui parloit mal d’Alexandre : « Tu es » sous les drapeaux , dit-il , pour le combattre , » et non pour Finjurier, »
Les rois d’Egypte défendoient aux magistrats de leur obéir si l’ordre étoit injuste, la justice émanant d’une plus haute puissance que la leur.
Cothys , roi de Thrace , dit aux Thébains, qui se glorifiaient de la victoire de Leuctres : « Les torrens sont quelquefois plus grands » que les fleuves ; mais cela n’est pas de longue » durée, » (Ge fut un pronostic qui se vérifia, )