CHAPITRE IX
CRIMES EPOUVANTABLES DE LA POPULACE a l’arrivée de l’assemblée A PARIS.
L’assemblée génératrice de tous ces maux s’étant rendue à Paris pour continuer sa désastreuse session, son arrivée fut, dès le lendemain (19 octobre), soiennisée par un assassinat dont les circonstances sont atroces. Un boulanger, nommé François, accusé faussement d’avoir caché des grains dans des intentions criminelles , fut arraché des bras de sa femme enceinte, et pendu à une lanterne. Sa tête, au bout d’une pique, est promenée, par une vingtaine d’hommes, sans opposition, dans toute la ville ; on la fait baiser à tous les boulangers qu’on rencontre. On veut faire subir la même horreur à son épouse ; elle tombe évanouie ; on fait dégoutter sur son visage le sang de son mari. Un des assassins fut pris et mis a mort; les spectateurs mécontens s’écrièrent : « Quelle liberté avons-nous? » On ne pourra donc plus pendre personne ? »
La populace de Paris ou des environs se réserva du moins le plaisir de pendre ceux qu’elle jugeoit coupables de quelque délit. Après l’abolition du privilège exclusif de la chasse , pour s’assurer mieux qu’il neseroiiplus exercé, elle détruisit le gibier dans le voisinage de la capitale ; il en résulta un dégât considérable dans la moisson qu’on alloit commencer; la multitude vengeresse pendit aux arbres du grand chemin quatorze de ceux qui l’avoient causé. La punition étoit bien plus criminelle que Faction.
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