‹ De la Révolution françaiseChapitre 25 sur 54 · COULE PAR TORRENS DANS LES PROVINCES · texte numérisé non relu

COULE PAR TORRENS DANS LES PROVINCES

De celte constitution qui coûta tant d’or, de larmes et de sang , on n’observa que la disposition des droits de Vhornme , qui indiquoit l’insurrection comme le plus saint des devoirs. Dans le midi , le peuple s’emparoit des forteresses , et massacroit les chefs qui refusoient de les livrer , ou qui , s’efforçant de les défendre, étcficnt trahis par leurs soldats; et l’on continua d’égorger tout ce qui étoit soupçonné de ne pas aimer la révolution , tout ce qui s’opposoit meme à ses plus grands excès. Le parti dominant de l’Assemblée nationale n’approuvoitpasindistinctement toutes ces horreurs : il rougissoit du fruit de ses œuvres , et se sentit humilié de la mort d’un avocat respectable , Pascalis , pendu dans la ville d’Aix en Provence par le peuple souverain, pour lui avoir déplu. L’Assemblée rendit à cette occasion un décret trop peu énergique

qui chargeoit Içs municipalités de faire réprimer par les gardes nationales ces licences révolutionnaires. L’abbé Maury vouloit que l’Assemblée en témoignât une indignation plus fortement prononcée : elle s’y refusa , dans la crainte de refroidir le patriotisme ; quelqu’un dit à cette occasion que tous ces meurtres étoient des affaires de poste (i).

(i) On feroit un recueil des mots effrayans prononcés à diverses époques de la révolution ; les affaires de poste et le plus saint des devoirs , ne sont rien auprès de tant d’autres que tout le monde a retenus ;« Le sang qui coule » est-il si pur? Je vote la mort, et sans phrasé. L’arbre j> de la liberté ne peut croître qu’arrosé du sang des rois. » Nous battons monnaie sur la place de la Révolution » (où l’on abattoit les têtes). Si les Cannibales lenoient des Etats- Généraux , auroient-ils un langage plus féroce ?

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