‹ De la Révolution françaiseChapitre 26 sur 54 · BIENS ENVAHIS · texte numérisé non relu

BIENS ENVAHIS

La destruction des ordres religieux fut moins qu’une affaire de poste. Leur existence sembloit incompatible avec l’esprit d’incrédulité qui s’étoit insinué dans presque toutes les conditions en France , sans en excepter meme une portion du clergé. On procéda néanmoins mélhodiquement à l’extinction de ces établissemens de la catholicité : un premier décret du 5 février 1790 en diminue le nombre; le i3 du même mois, on supprime tous les ordres de l’un et l’autre sexe qui font des vœux , et l’on permet à tous les membres de quitter leurs couvens. L’Assemblée dite législative les en chassa par un décret du 4 août 1792. Les religieuses des hôpitaux furent seules exceptées de cette violence ; les biens du clergé régulier furent encore une proie immense livrée aux agioteurs. On promit des pensions à leurs propriétaires ; elles étoient trop modiques

pour les mettre au-dessus du besoin ; la monnoie de papier qu’ils reçurent pour paiement les réduisit à une valeur tellement nulle , qu’une année de pension ne suffit pas pour les nourrir un seul jour. La mort que beaucoup d’entre eux subirent durant la cruelle persécution du clergé , ou des conditions qui leur furent imposées, et dont l’exécution répugnoit à leur conscience , comme nous le verrons bientôt , débarrassèrent presque entièrement le fisc de ses obligations à leur égard. Une infinité de ces religieux périrent d’indigence à la porte des monastères dont on les chassa , et près des possessions qu’on leur cnlevoit.

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