DECLARATION DE PILNITZ
Le salut de la France ne pouvoit être opéré que par le moyen , ou tout au moins le concours de l’extérieur ; c’étoit l’opinion d’un ami de Mallet-Dupan , qui lui écrivoit de Paris , le 19 septembre 1799 (1): « Le carac- » tère de la révolution est de ne pas pouvoir » se changer elle-même. Elle prendra cent » formes différentes ; mais elle ne s’anéan- » tira pas. La monarchie ne sera rétablie que » par une cause hors de la révolution , par la » force des armes étrangères. »
Mallet , qui sembloit avoir adopté cette pensée , puisqu’il l’inséroit dans son journal sans la contredire , voyant Buonaparte de retour d’Egypte , établit peu après, n° 34 , une proposition toute contraire. « Depuis 1775, » dit-il , l’expérience et la réflexion nous ont » affermi dans la conjecture que le roi de
(?) Mercure Britannique , n° 27.
» France ne recouvrera la couronne qu’au » jour où il se trouvera sans alliés , sans ar- » mées extérieures qui protègent ses droits. » L'ami du journaliste avoit mieux conjecturé que lui.
Monsieur , qui, s’échappant de Paris le meme jour que le roi , avoit pu fort heureusement se soustraire au sort qu’on réservoit à tous les Bourbons , et Monsieur le comte d’Artois, connoissant bien l’état déplorable de l’opinion la plus générale en France, avoient trèssainement jugé que tout y étoit perdu , si l’Europe ne venoit au secours du monarque et de la monarchie ; mais l’Europe ne croyant pas le mal contagieux, ces princes avoient peine à l’ébranler. Ils n’obtinrent qu’une déclaration assez foible et un peu vague de l’empereur et du roi de Prusse , signée au château de Pilnitz le 27 août. Ces deux souverains déclarèrent à la vérité qu’après avoir entendu les désirs et les représentations des frères de Sa Majesté , ils regardoient l’état où se trouvoit le roi de France comme un objet d’un intérêt commun a tous les souverains de l’Europe. Ils espéroient que les autres puissances dont le secours étoit réclamé en jugeroient de même, et ne les refuseroient pas; alors %
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et dans ce cas , Fempereur elle roi de Prusse agiroient d’un commun accord pour mettre le monarque français en état d’affermir dans la plus parfaite liberté les bases d’un gouvernement monarchique , également convenable aux droits des souverains , et au bien-être de la nation française. C’étoit en quelque sorte paroître vouloir composer avec les révolutionnaires; cette déclaration n’intimida point des hommes qui s’attendoient à un langage plus sévère et plus tranchant.
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