ASSEMBLEE LEGISLATIVE
Dès que leurs successeurs , bien plus infectés qu’eux du venin démagogique , vinrent s’asseoir à leurs places sous le nom d’Assemblée législative , on dit publiquement que tout en étoit à craindre , et rien à espérer; ce qu’ils justifièrent d’abord : car ils commencèrent par décréter qu’on ne donneroit plus au roi le titre de Sire et de Majesté . L’indignation publique s’étant prononcée contre cette insolence , elle n’eut pas de suite ; mais elle caractérisa parfaitement l’esprit de la nouvelle cohue. En dix mois dix jours, par une suite de décrets plus atroces les uns que les autres, elle renversa du premier choc un trône dont l’Assemblée na-* tionale avoit enlevé tous les appuis. La témérité , l’inexpérience , la basse envie de ces constituans avoient ouvert la porte à tous les crimes. Convoqués par un monarque , ils avoient dédaigné leur titre , leur mandat et leurs commettans, sapé les fondemens de la
monarchie , fabriqué une constitution monstrueuse qu’ils appelèrent sublime , qui dura moins d’un an, et ne put être mise en pratique un seul jour; ils s’étoient enfuis déconsidérés, laissant après eux un trône, pour ainsi dire , en l’air, et un roi qui , dans leur intention du moins , n’étoit même plus gentilhomme.
La législature suivante n’eut qu’à souffler sur ce fantôme de royauté pour le faire disparoître. Le Corps Législatif nagea dans le sang , et termina sa carrière entouré d’une multitude innombrable de victimes égorgées sous ses yeux dans le château des Tuileries , dans la ville et dans les prisons.
Le massacre, commencé le 2 septembre , dura une semaine entière à Paris, et plusieurs autres villes imitèrent l’épouvantable exemple donné dans la capitale. Ce fut à la fois le signal et le moyen des élections qui se firent pour cette Convention d’exécrable mémoire, en général formée de l’écume de la France.
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