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DE LA RÉPUBLIQUE

Quelques novateurs disent : « Nous pas- » serons volontiers condamnation sur la dé- » mocratie; mais il nous faut au moins une » république aristocratique. » Ils ne sont pas de bonne foi : car, au nom près, ils ont ce qu’ils demandoient, et Fou peut dire qu’elle existe par le fait.

On peut même ajouter que l’aristocratie a toujours existe en France; car toute monarchie , même absolue , n’est au fond qu’une aristocratie présidée par un roi, dirigée par un petit nombre de ministres, et dans laquelle divers corps ont une grande prépondérance.

Chaque ministre, autrefois, avoit dans son département une puissance presque sans bornes, même sous les plus grands rois ; telle él oit sûrement celle de Colbert et de Louvois, sous un monarque qui gouvernait par lui-même, du moins autant qu’un prince le peut faire; on sent très-bien que son action se réduit à

une inspection générale , et que tous les détails sont nécessairement dans les mains ministérielles.

Depuis la concession de la Charte , nous avons plus qu’une aristocratie; nous avons une véritable république; car tout Etat où le pouvoir législatif est partagé ne peut être autre chose. Il y a long -temps que Montesquieu a observé que, dans la Grande-Bretagne, la république se cache sous la forme de la monarchie. On sait que le gouvernement républicain n’est pas incompatible avec la royauté. Sparte et Rome en font foi.

Ce n’est donc pas la république seulement que veulent les agitateurs du peuple, c’est une forme républicaine qui laisse un libre cours à leur ambition.

C’est dans cette vue qu’ils se livrent aux déclamations les plus furibondes contre la noblesse , et qu’ils demandent sa destruction , qui entraîneroit de droit celle des pairs, et feroit renaître la Chambre unique de 1789. Aussi ne cessent-ils de prôner la constitution de 1791 , qui avoit consacré cette monstrueuse institution. Ils savent que la constitution de 1791, disparue depuis si long-temps, ne put être exécutée un seul jour ; mais c’est pour cela

même qu’ils aspirent à la ressusciter. Sous son nom, ou sous celui d’un fantôme de république qui en seroit la suite, ils recommenceroient leur tyrannie , leurs massacres, juridiques ou non , et se partageroient de nouveau les dépouilles de la France.

En croira-t-on ces hommes de sang qui prétendent que l’expérience de la république a été mal faite, et qu’il faut la recommencer? Si celle d’Athènes , où la démocratie étoit tempérée par un sénat, par des prytanes, corps d’élite tiré de son sein, et par un aréopage ; si Rome , où elle étoit mitigée par des sénateurs , des patriciens, des chevaliers , ont succombé à sa maligne influence, comment la France y résisteroit-elle , avec un roi qui n’auroit pour soutien aucun corps intermédiaire , et quiseroit privé de celui de la Chambre des Pairs? Parlera-t-on de Sparte ? et proposera-t-on à des Sibarites un genre de vie presque aussi austère que celui des Trappistes (i), la déposses-

(i) « Un étranger, dit fauteur d’Ànacharsîs, qui avoit » vu les Lacédémoniens étendus autour d’une table, et » sur ie champ de bataille , trouvoit plus aisé de sup— » porter une telle mort qu’une telle vie.» Certes, ce n’est pas là le régime qui convient à des Français du dix-neuvième siècle.

sion des propriétaires , et un partage des terres , pour les ranger tous au niveau de l’éga-r îité sous lequel ils ne resteroient pas six mois ?

Les républiques ne peuvent se maintenir que par la vertu : il ne faut pas croire que Montesquieu ait le premier posé ce principe incontestable. Deux mille ans avant lui, Aristote avoit observé qu’il faut beaucoup de vertus dans une république : il est nécessaire d’y réunir celles de l’obéissance et du commandement, puisqu’on y passe fréquemment de l’une à l’autre de ces positions. « C’est, dit-il (i), la » même vertu qui fait le bon citoyen, le bon » magistrat et l’honnête homme. » L’Athénien indocile et léger souffroit impatiemment et portoit mal le joug de l’obéissance. Gélon, roi de Syracuse, dit aux ambassadeurs d’Athènes : « Il y a chez vous bien des gens qui » savent commander, et personne qui sache « obéir. » L’auteur d’Anacharsis dit (2) qu’il n’y avoit pas dans la Grèce, non seulement une nation entière , mais une seule ville qui n’éprouvât a tous momens les cruautés du despotisme ou les convulsions de Y anarchie. « Les

(1) Liv. VII, chap. i5.

(2) Chap. 72.

» Grecs qui occupoient une partie de la Sicile, » observe-t-il dans un autre endroit (chap. 71), » ont prouvé que rien n’est si funeste pour une » nation qui n’a plus de mœurs, que de vou- » loir s’ériger en république. Ils ont voulu, » dit-il, faire une alliance monstrueuse de » l’amour de l’indépendance avec le goût » excessif des plaisirs; et, à force de se tour- » menter,sont devenus les plus infortunés des » hommes et les plus vils des esclaves. » Machiavel meme , tout décrié qu’il est sur le chapitre de la vertu et de la probité, pose en principe , dans ses Discours politiques sur la première Décade de Tite-Live, « qu’un » peuple corrompu qui recouvre sa liberté » aura toutes les peines du monde à la con- » server. » II observe que Rome , après l’expulsion des Tarquins, devint libre sans difficulté; mais qu’ après la mort de César, de Caligula, de Néron, et la destruction entière de la famille Césarienne , Rome , loin d’être en état de ressaisir sa liberté , n’eut pas seulement le pouvoir de faire vers elle un seul pas « Cette » différence vient, dit-il, de ce qu’a la première » époque le peuple étoit vertueux, et qu’à la » seconde il ne l’étoit plus. La faction de Ma- » rius l’avoit corrompu pour en faire un ins-

» trument de sa grandeur. » Cet auteur va plus loin : non seulement le rétablissement de la liberté lui paroît d’une difficulté extrême, sans l’appui de la vertu ; mais il le soutient tout à-fait impossible lorsque la corruption est parvenue à son comble. « Il n’y a point d’accident qui » pût jamais rétablir la liberté dans Naples » ou dans Milan, parce que ce sont des Etats »' dans la dernière corruption. « Pour ne pas tomber dans cet abîme , il recommande sur toute chose le maintien de la religion, et avertit que le mépris qu’on en fait est le pronostic le plus certain de la ruine prochaine d’un empire. « La raison , dit-il, en est bien facile à » trouver: il n’y a aucune religion qui ne soit » assise sur quelque principe fondamental. » Il veut même qu’on s’efforce de maintenir au besoin la croyance en des choses qui pourroient n’être pas rigoureusement véritables. Il se plaint de ce que plus les peuples sont voisins de la capitale du monde chrétien, moins ils ont de dévotion. « Ce qui est, dit-il, le plus « infaillible présage, ou de la destruction du » christianisme , ou d’un grand orage prêt à » fondre sur lui. » Le luthéranisme ne tarda

guère à vérifier cette dernière partie de la prédiction. Si l’on ne peut nier que depuis le temps

où écrivoit Machiavel, les mœurs se soient détériorées dans l’Europe , et les croyances religieuses affoiblies , ne faudroit-il pas convenir qu’elle est encore devenue plus incapable de supporter un gouvernement qui s’appuie sur les bonnes mœurs et la religion ?

Quand la république proprement dite seroit possible , quand elle pourroit être établie sans fouler aux pieds tous les droits , tous les devoirs, sans faire de nouveau couler des fleuves de sang, auroit-on intérêt de la rétablir? Qu’on fasse un parallèle du sort des peuples républicains avec celui des nations gouvernées par un monarque , on verra que les républiques les plus fameuses de l’univers, celles de la Grèce et de Rome, pour quelques momens de gloire , mêlés encore de revers et de souffrances, offrent à l’œil observateur des siècles de tom mens , de troubles , d’agitations, qui ne finissent que par le despotisme ou l’envahissement. On remarquera les discordes intestines qui rougeoient les entrailles de Rome , la politique de son sénat qui, pour remédier aux troubles interminables du Forum , n’avoit d’autre moyen que d’envoyer les légions exterminer des peuples que souvent elles ne connoissoient pas, ou sê faire exterminer

par eux ; que dans celle Rome si fameuse il n’y avoit pas, au temps des Gracques, des Marius , et des Sylla, un pavé qui ne fût teint de sang. Dans toutes les républiques, à peu près , on trouve le mérite et la vertu aux prises avec l’envie , et presque toujours écrasés par elle ; les plus grands hommes réduits au désespoir, tournant leurs armes contre une patrie ingrate, et l’accablant quelquefois du poids de leurs talens; dans les débats terribles élevés entre des rivaux de gloire et de puissance, le peuple foulé aux pieds comme un vil insecte. Si l’on aime mieux arrêter ses regards sur des temps et des lieux plus voisins de nous , on rencontre à l’une de nos frontières une très-petite république, où, avant la fin du dernier siècle, on éprouvoitdes convulsions et des révolutions annuelles; la plupart de celles

d’Italie étoient de véritables champs de car-

nage.

Croit-on de bonne foi qu’un gouvernement par sa nature même inquiet et agité , puisse convenir à l’un des peuples du monde les plus turbulens ? qu’un gouvernement qui excite toutes les passions , qui déchaîne toutes les ambitions , ne soulèverait pas de continuelles tempêtes chez un peuple passionné jusqu’au

délire, ambitieux avec excès, et trop enclin à une vanité quelquefois poussée jusqu’à une sorte d’extravagance , qui ne veut jamais voir que des inférieurs dans des égaux, et des égaux dans des supérieurs ? Un régime qui ouvre la porte à trop de changemens peut-il convenir à la nation la plus changeante et la plus mobile de l’univers? Ne la conduiroit-iî pas très-promptement à l’anarchie? Voyez ce que Barthélemy fait dire au Sicilien Apollodore , chap. 61 : « Rien n’est si funeste pour » une nation qui n’a plus de^ mœurs , que » d’entreprendre de briser ses fers » (c’est-àdire de s’ériger en république). « Les Grecs « de Sicile étoienttrop corrompus pour con- » server leur liberté, trop vains pour sup- » porter la servitude. »> ( C’est ainsi que les anciens appeloient tout gouvernement qui n’éloit pas républicain.) « Leurs divisions, » leurs guerres, ne sont venues que de l’ai— » fiance monstrueuse qu’ils ont voulu faire de ». l’indépendance avec le goût excessif des » plaisirs. »

C’est de l’Amérique, comme on sait, que nous vint cette fièvre ou cette peste républicaine. Dans un Mémoire manuscrit fait en 1778 pour M. de Verge nues , ministre des affaires étran-

gères, par M. Favier, ancien premier commis de ce ministère , et diplomate très-connu , l’auteur l’avertit du progrès de ce fanatisme en Europe, et du danger qui en résultoit : « Il eût » été , dit-il, à souhaiter qu’un peuple léger, » frivole et cependant lé plus susceptible d’en- » thousiasme , n’eût jamais connu les pam- » phlets américains, he commun se nse (\e sens » commun) surtout n’est qu’une déclamation » furieuse contre les rois et la royauté. Ils y » sont confondus sans cesse avec les tyrans et » la tyrannie, et le plus souvent désignés par

» ces dernières dénominations. Ce torrent

» d’invectives, et les principes établis pour » base de toutes les nouvelles législations de » l’Amérique, ont déjà fait en France plus » de mal qu’on ne croit. Ce n’est point à la » cour et dans le cabinet, c’est dans la so- » ciété meme, dans la dissipation de Paris, » qu’on est à portée d’observer le progrès de « ces opinions d’outre-mer, bien plus dan- » gereuses aujourd’hui que les opinions ultra- » montâmes. C’est à Boston qu’est le foyer » du fanatisme ; un des toast favoris étoit : A » la liberté de P univers entier. » Rien de plus désirable assurément que la liberté ; mais c’est dans les monarchies tempérées qu’on la trouve.

« Jamais, ajoute Fauteur, une démocratie (i), » meme dans ies petits Etats qui en sont le « plus susceptibles, n’a subsisté long-temps » sans troubles et sans divisions. Il en estré- » suite des guerres intestines, et de celles-ci « la dissolution de ces gouvernemens. L’his- » toire ancienne et moderne nous en offre » partout la preuve. »

Le premier gouvernement qu’on ait connu dans les quatre parties du monde est la monarchie; toute l’histoire l’atteste, celle des peuples barbares, comme des peuples civilisés. Salîuste dit que la royauté fut le premier nom qui ait désigné la souveraineté sur la terre. Quoique Malouet n’ait pas été tout-àfait exempt d’opinions plus ou moins révolutionnaires, il déclara (2) être de Favis de Hume, qui soutient contre Locke et Jean- Jacques Rousseau l’inexistence du contrat social primitif.

Que ce fût par les fautes des rois, ou par l’inconstance des peuples, on se dégoûta de la royauté. Presque partout on lui substitua le

(1) C’est le nom qu'il donne en général aux républiques ; ce qui n’est pas d’une rigoureuse exactitude.

(2) V oyage à la Guiane.

gouvernement républicain. « Avant que Rome » eût tout englouti, il falloit, dit Montesquieu, » dans son Esprit des Lois , aller jusquen » Pci se pour trouver une monarchie (i). » Mais après la destruction , d’abord de la république , puis de l’empire de Rome en Italie , auquel survécut long-temps celui qu’avoit établi Constantin à Byzance , les peuples , dévorés par l’anarchie qui dominoit sur toutes les places publiques, estimèrent sans doute qu’ils s’étoient trompés sur la voie qui pouvoil les conduire au bonheur, ou du moins au repos. Quelques uns tombèrent sous ce qu’on appelle communément le despotisme. Il n’en existe pas de proprement dit; en Turquie même , le prétendu despote est esclave des janissaires, ou plutôt des effendis , qu’on peut regarder comme les véritables auteurs des révolutions, dont les janissaires ne sont que les instrumens. Mais le pouvoir absolu y est porté beaucoup trop loin pour l’intérêt de l’humanité. Ces despotes esclaves font beaucoup de mal par eux-mêmes, et leurs maîtres écrasent

le peuple impunément.

(i) li ne falioit pas aller si loin. La Macédoine et les débris des Etats conquis par Alexandre en eussent offert.

Les autres peuples furent gouvernés par des monarques, à l’exception d’un petit nombre qui formèrent des républiques d’une médiocre étendue.

Dans le dernier siècle, il s’en est établi en Amérique une plus considérable, mais fédérative. Outre qu’elle est trop récente pour qu’on puisse prononcer sur sa stabilité , ce gouvernement fédératif est un régime que, même après le renversement du trône, on avoua ne pas convenir à la France. La république hollandaise, qui est de ce genre, avoit,il est vrai, jeté quelque éclat; mais celui dont elle voulut briller vers la fin du règne de Louis XIV, l’épuisa, et prépara sa décadence. Les suites de la révolution républicaine en France, ont été la destruction de toutes les républiques de l’Europe, si ce n’est celle des Suisses, relevée depuis la chute de son protecteur qui l’avoit anéantie.

Le roi de Prusse (i) observe avec justesse que, dans les républiques, l’ambition se tournant vers l’intrigue, elles sont insensiblement avilies par la corruption. L’honneur s’y perd, parce qu’on peut se faire jour par des moyens

(i) Histoire de mon temps.

qui n’exigent aucun mente, Connoissant les folles idées de républicanisme qui de son temps commençoient à poindre, ce monarque disoit que la France pulluloit de grands hommes qui, dans leur profonde obscurité, travailloient à son bonheur» « C’est dommage, ajou- » toit-il, que ces génies é min eus n’aient pas » quelques royaumes à brûler; je veux dire à » gouverner. »

Dans les compagnies les plus nombreuses, un seul homme ou deux décident communément des affaires ; ce qui semble prouver que tout corps tend a la monarchie.

11 est vrai toutefois que le peuple aime le gouvernement républicain» La liberté dont if croit bien mai à propos qu’on y jouit, et qu’il voudrait toujours pousser à l’extrême, le séduit et le flatte.

Le marquis d’Ârgenson qui a voit un peu de démocratie dans la tête, convient que tel est le motif de la multitude pour préférer ce régime (i).

On peut dire que , par le même motif, il est ennemi de tout genre de domination , et

(i) Ch.tp. 2 de ses Considérations sur le Gouvernement

de France ,

porté à l’indépendance. « Rien n’est plus vo- » lage que le peuple , dit Amelot de La Hous- » saie, dans son Commentaire sur Tacite . » Son inconstance est au-dessus de toute ex- » pression. Il voudroit changer de rois comme » de chemises. Il n’aime que ce qu’il n’a pas. » <c II y a des gens, dit Swift, dans son conte » du Tonneau , qui se font une haute idée des » républiques, parce que c’est là principale- » ment que fleurissent les orateurs , et qu’ils » se sont toujours montrés ennemis jurés de » la tyrannie. Mais, à mon avis, un seul tyran » vaut mieux qu’une centaine. Ces beaux par- » leurs ne font qu’animer la multitude , dont » pourtant la colère n’est qu’un court accès » de fureur : Ira furor brevis est. Quoique » persuadé de la foiblesse de mes lumières, » ajoute-t-il, je suis sûr que les pensées sîn- » cères d’un homme éclairé et intègre, qui n’a » en vue que le bien de sa patrie , peuvent » aller plus au fait que les délibérations d’une » assemblée nombreuse, où la faction et l’in- » térêt ne prévalent souvent que trop. Un » seul guide montrera mieux le chemin que » cinq cents qui ont des idées différentes , ou » qui marchent à tâtons, en se fermant les » yeux. »

Montesquieu établit que le gouvernement républicain est travaillé d’un vice auquel il n’y a point de remède , et qui le détruit tôt ou tard. « Si la république, dit-il (i)t est petite, » elle est détruite par une force étrangère ; si » elle est grande , elle se détruit par un vice » intérieur. Ce double inconvénient infecte » également les démocraties et les aristocra- » ties, soit qu’elles soient bonnes , soit qu’elles » soient mauvaises. Le vice est dans la chose » même. Il n’y a aucune forme qui puisse y » remédier. »

Il croit cependant qu’il faut excepter de cet anathème les républiques fédératives , et ajoute : « La Hollande, l’Allemagne, les ligues » suisses sont regardées en Europe comme » des républiques éternelles. « Si l’Europe avoit cette opinion , il fut bientôt prouvé qu’elle avoit tort. Ces républiques éternelles ne tardèrent pas à être détruites ou bouleversées.

Il a beaucoup vanté le gouvernement anglais , république déguisée , et a contribué , sans doute involontairement, à nous infatuer de l'anglomanie. Il faut bien que la consti-

(ï) Livre IX, chap, i, de V Esprit des Lois,

tution anglaise renferme d’utiles éle'mens , puisque le royaume jouit d’une grande prospérité ; quoiqu’il faille en imputer une partie, la plus grande peut-être , à sa position. C’est, dit-on , un gouvernement bien robuste que celui sous lequel cent mille factieux s’assemblent pour le renverser, sans y pouvoir réussir, et sans causer les derniers malheurs. Nous en concevons cependant un plus désirable , ce seroit celui où un tel attroupement, qui produit toujours plus ou moins de désordre , seroit impossible.

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