‹ De la rhétorique ou de la composition oratoire et littéraireChapitre 18 sur 70 · CHAI*. XII. 1G ( J · texte numérisé non relu

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opinions, de votre esprit, en appliquant seulement à ce genre les règles générales de l’art d'écrire.

Ainsi donc, sans nous arrêter sur Yépistolographie , terminons ce que nous avons à dire de la narration et des formes qui s’y rattachent, par quelques remarques sur un mode de développement qui peut s’appliquer non-seulement à celte partie de l’ensemble, mais à toutes les autres; je veux parler de Y amplification.

11 est, en effet, dans une œuvre didactique ou oratoire, certaines preuves, certains sentiments, certaines vérités, sur lesquels on ne peut assez appuyer, comme, dans un récit, certains faits qu'il faut agrandir, ou au contraire atténuer par la manière dont on les présente. Recourez alors à ce que les Latins appelaient amplificatio.

«c L’amplification, dit Cicéron, est une énergique exposition des choses, qui, en remuant l’âme, détermine la persuasion. » Et ailleurs : « C’est une manière de dire véhémente qui, par la force des paroles et l’énumération des circonstances, démontre ou la dignité et la grandeur, ou l'indignité et l’atrocité d’une action. » Et c’est en conséquence de cette double vertu qu’il distingue, avec Aristote, deux espèces d’amplification, celle qui agrandit et élève, et ccllcqui abaisse et atténue, qiiod valet , non solum ad augendum aliquid et lollendum altius dicendo, sed eliam ad extenvamlum alqae abjicicndum.

Pour comprendre cette distinction, relisez la fable des Animaux malades de la peste.

Un mal qui répand la terreur.

Mal que le ciel en sa fureur Inventa pour punir les crimes de la terre,

La pelle, puisqu’il faut l’appeler par son nom,

Capable d’enrichir en un jour l’Achéron,

Faisait aux animaux la guerre.

Voilà l’amplification qui agrandit; la confession de l’âne est celle qui atténue.

Ne croyons donc pas, avec le jésuite Colonin, dans son

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