ATOSSA
Ah! merci ! tu nous rends le jour; le soleil luit
Maintenant, cl succède à la plus sombre nuit.
On raconte à Mérope sa gloire, son bonheur ; elle ne voit pas, elle n'entend pas ; absorbée dans l'amour maternel, elle n’a qu'une idée, qu'un cri :
Quoi ! Narbas ne vient pas ! reverrai-je mon fils ?
Et dans Phèdre, dans la fameuse scène du premier acte, entre elle et OEnonc, quels admirables effets naissent de cette préoccupation ! dans le désordre de scs idées elle a oublié OEnonc, elle ne
— Digiti^ed
NOTES
songe qu'à Nippolvtc, et si elle veut suivre tic l’œil un char qui fuit dans la carrière, c'est qu'elle a placé sur le ehar ce dieu qu'elle n'ose nommer. Assurément, on a vanté avec raison la vivacité, la force, la justesse du dialogue de Corneille ; les scènes entre Horace et Curiacc, entre Pompée et Scrtorius, entre Rodrigue et don Dicguc, entre Chimène et Rodrigue, entre Félix et Polycucto :
FÉLIX
Enfin ma bonté cède à ma juste fureur :
Adore-les, ou meurs.
POLYEUCTE
Je suis chrétien.
FÉLIX
Impie !
Adore-les, le dis-je ; on renonce à la vie.
POLYEUCTE
Je suis chrétien.
FÉLIX
Tu l’es ! ô cœur trop obstiné !...