CIIAP. VII. — DES TOPIQUES OC’ LIEUX
songe aux classifications île la rhétorique. La chose est possible. et même fort probable; mais ecla n’empèehe pas qu’il ait employé les contraires et les semblables, et que l’emploi de ces lieux ail contribué au développement de sa pensée; cela n'enipèche pas, comme je l’ai dit plus haut, que, si vous citez un passage quelconque d’un écrit ancien ou moderne, pour peu cpi’il ait quelque étendue, il rentrera infailliblement dans un ou plusieurs dés lieux définis par les rhéteurs.
J'ai cherché à bien m’expliquer au commencement du chapitre précédent : les lieux assurément ne sont pas les idées, et je ne les présente pas comme tels; mais, s’il m’est permis de revenir, à cause de son exactitude, sur une comparaison tirée d’objets purement matériels, je dirai : Les compartiments d'une boutique ne sont pas non plus les marchandises, et cependant si le marchand est privé de ce secours, si les matériaux de son commerce gisent confusément entassés autour de lui, il perdra un temps précieux avant de mettre la main sur la denrée demandée. Souvent même, quoique présente, la ehcrchera-l-il vainement.
La rhétorique, qu’on ne l’oublie pas. ne donne point les idées; elle indique où et comment on peut les découvrir, les disposer, les mettre en œuvre, les retrouver au besoin. Les lieux sont, en quelque sorte, les cases étiquetées où dorment les idées acquises. Vienne l'habitude, l’écrivain y recourra instinctivement et sans peine, comme le marchand expérimenté retrouve, les yeux fermés, les divers objets de son commerce, selon les diversités de la demande.