‹ De la rhétorique, ou, De la composition oratoire et littéraireChapitre 3 sur 147 · TU DES PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

TU DES PRÉLIMINAIRES

Division de la rhétorique en trois parties : l'invention, la disposition, l'élocution ; cette division fondée sur la nature intellectuelle de l'homme. — Que la nature intellectuelle de l'homme ne peut être mieux cultivée que par l'ensemble de travaux préparatoires connu sous le nom d'humanités, — Première partie des humanités: langue nationale ou maternelle. Etude philologique de la langue: orthographe, grammaire, analyse et synthèse grammaticale; barbarisme et solécisme ; lectures graduées; mots rnultisenscs, mots synonymes. — Etude historique de la langue.

L’homme mental est doué de trois grandes puissances, le sentiment. la volonté, l'intelligence, dont la réunion forme l'identité mystérieuse qu’on appelle lame. Ces trois puissances, dont le concours est indispensable pour que l’homme communique efficacement avec l’homme, sont perfectibles par l’éducation ; mais c’est surtout l'intelligence que nous employons pour transmettre aux autres nos pensées, et c’est elle aussi que Icducation peut le mieux développer au moyen de la science et de l’art.

L’intelligence , à son tour , a trois facultés capitales , la

If.

DE l.A IIIIËTOIIIQI'E.

mémoire, le jugement, l'imagination 1 ; et bien qu elle soit en jeu tout entière clans la communication des idées, il est facile de constater que chacune de ces facultés s'y est réservé, en quelque sorte, un rôle spécial. C’est principalement la mémoire qui acquiert, conserve et retrouve les idées, l’homme invente moins qu’il ne se rappelle ; le jugement est plus utile poulies comparer, les choisir, les coordonner; l’imagination, pour les manifester, les embellir, les vivifier.

Delà trois parties de la rhétorique, éternellement les mêmes depuis Aristote jusqu'à nous, parce qu’elles sont fondées sur l’essence subjective et objective de l’intelligence : Yinecntion, la disposition, Y élocution \ Par l'invention, la mémoire trouve le fond des idées ; par la disposition , le jugement établit l’ordre dans les idées; par l’élocution, Y imagination donne la forme aux idées.

Cela posé, on conçoit que si l'écrivain veut parvenir à communiquer et à faire partager ses opinions et ses sentiments, il doit acquérir certaines connaissances, suivre une méthode raisonnée de travaux pratiques, qui puissent exercer simulta-

1 Ncmanjucz que je ne considère point ces facultés dans leur origine et leur essence, mais uniquement dans leurs résultats. La physiologie, sans laquelle je ne conçois pas de psychologie rationnelle, nous montre, sans doute, plusieurs espèces de mémoire dont les organes sont divers comme la nature; il n’est de meme aucun acte du jugement on de l'imagination, qui ne mette en jeu plusieurs facultés distinctes. Mais il n’en est pas moins vrai qu’une fois que l'intelligente agit sur ses perceptions, elle ne peut que sc les rappeler, les juger, les combiner; et qu'oinsi les résultats de l'activité intellectuelle sont toujours des faits de mémoire, des faits de jugement, ou des faits d'imagination.

* « Quid dicat, et quo quidquc loco cl quo modo. ** Cic. Oml., c. M. Estce donc uniquement d’apres une vaine imagination du peuple et tics poêles, qu'on a toujours regardé le nombre troia comme sacré ? On le retrouve partout. Le comte de Maistre a heureusement développé cette idée dans les Soirées de Saint-Pétersbourg,

CIUI*. II. ÉTUDES PIIÉMMINAMES. 17

némcni,cl, autant que possible, au même degré, la mémoire, le jugement et l'imagination.

Or je le dis avec une profonde conviction, de tous les exercices propres à agrandir et à fortifier les facultés intellectuelles, le plus efficace est cct ensemble d'études dont la base est celle des langues anciennes, et auquel nos pères ont donné par excellence le nom d'humanités. Les humanités ! croit-on que ce titre si emphatique, celte dénomination si ambitieuse ait été adoptée à la légère, et que l'étymologie ne soit ici qu’une lettre morte? Nos pères, en consacrant cette expression, avaient compris et témoigné que de toutes les éludes qui peuvent occuper la jeunesse, de toutes les gymnastiques intcllectuelles, celle-ci est la plus puissante pour développer en même temps cl à un égal degré les trois facultés essentielles de l’esprit humain.

Cet ensemble d’études commence par celle de la langue nationale. La langue nationale est l'instrument à l’aide duquel l'écrivain communique avec ses lecteurs. Avant de s'essayer à composer sur cet instrument, il faut nécessairement le connaître, le posséder, en avoir compris toutes les ressources.

Toute langue est un fait actuel qui continue un fait antérieur. Elle doit donc être étudiée sous deux points de vue : méthodiquement, comme disaient les anciens, ou dans le présent; historiquement, ou dans le passé.

D’abord, l'élude du présent, c’est-à-dire de la langue usuelle et courante; celle étude est plus facile, mieux définie, d une utilité plus immédiate. Elle considère les mots actuels selon le vocabulaire et selon la grammaire; d'un côté les éléments matériels, de l’autre, les principes et les lois d’affinité d’après lesquelles ils se lient et se combinent; elle fixe leur valeur précise, leur signification propre ou métaphorique, leurs accidents, leur synonymie, les règles qui les modifient et les coordonnent.

I)E LA ItlILTOnlQl'E.

Ensuite, l'élude du passé, non-seu Ionien l liisloriquo, dans l’urdiuaire acception du mot, mais philosophique, c’est-à-dire partant de l'étymologie des vocables et les suivant dans toutes leurs phases et leurs transformations, ne se contentant pas de constater et d’enregistrer les faits accomplis , niais les expliquant, distinguant l'immuable du muablc, et pouvant aider, s’il en est besoin, à conclure l’avenir même de la langue.

L étude de la langue nationale commence au berceau j aussi l’appelle-t-on également langue maternelle. Rien n'est à négliger ici, et les plus grands maîtres n’ont dédaigné aucun détail (B). Les minuties apparentes qui se rencontrent dans ce travail ne nuisent qu'à ceux qui s’y arrêtent, et non à ceux qu* les traversent pour aller plus loin Il faut se former, et dés le principe, à la prononciation, à l'accentuation, à la ponctuation *, à l'orthographe. Il y aurait à donner sur chacun de ces points une foule de préceptes utiles. C'est l'affaire du grammairien. Une observation seulement sur l’orthographe.

1 • Non obstant liæ disciplina; per illas cuntihus, $cd ciica illas hærcntibus. » Quiintil., lih. I.

7 A la prononciation et à l'accentuation. Je connais des députés, des avocats, des prédicateurs, d’ailleurs réellement éloquents, qui ne peuvent s’habituer à prononcer et à écrire répondre, replier, é/é ment, seiTure, et qui diront jusqu’à leur dernier jour répondre, replier, e/emenl, sritrc, aussi invinciblement que d’autres, au lieu de prononcent Hnn} comme

un bûcheron qui abat un chêne. A In ponctuation. Si certains écrivains français avaient bien compris l’esprit et les règles de la ponctuation consacrée, ils verraient qu’elle suflil abondamment aux besoins de l’écriture, et ils ne multiplieraient pas, qui, les blancs; qui, les points...; qui, les tirets — . La manie du tiret a été poussée par plusieurs jusqu’au ridicule; il accompagne ou remplace chez eux presque tous les signes de la ponctuation. Ooicnt-ils rendre ainsi leur phrase plus claire pour le lecteur? ou vculent- 1 Is s’épargner la peine d'atteindre à celle indispensable clarté qui consiste, non dans des ligures toutes matérielles, mais dans la pureté des constructions et la propriété des termes?

CIIAP. II. — ÉTUDES PDÉUNI.VAIRES.

Suivez scrupuleusement à eet égard l’usage et l’autorité, et n admettez les prétendus perfectionnements qu’avec une extrême circonspection. Depuis trois cents ans on s’occupe de la réforme de l'orthographe, et I on ne s’entend pas encore, aujourd’hui même, sur le point de départ. Les aberrations du seizième siècle sous ce rapport sont aussi extravagantes que celles du dix-huitième. Plus réservé dans la pratique, le dixseptième ne fut pas moins audacieux dans la théorie. L’école de Port-Royal aurait voulu qu'on n'écrivit rien qui ne se prononçât; que réciproquement on ne prononçât rien qui ne fût écrit; que chaque figure ne marquât qu'un son; que le même son ne fut jamais marqué par différentes figures. Vouloir tout cela dans notre langue, c’était tout simplement vouloir l’impossible, cl il faudrait, pour réaliser ces utopies, boule urser le français de fond en comble. Ceux qui les admettent définissent l'orthographe « l’art de représenter les sons par des signes pittoresques qui leur sont exclusivement propres .. ; définition erronée, et qui ne serait exacte que pour une langue dont l’alphabet serait parfait. Or le nôtre l'est si peu, que M. Nodier a prouvé, il y a dix ans, et après dix autres grammairiens, que nous n’avions réellement que 15 signes d’alphabet pour exprimer 34 sons de prononciation. Je renvoie à ses Notions de linguistique. Cependant Dumarsais, Duclos, beaucoup d'autres d'un moindre nom, ont réclamé, en d’autres termes, les règles- idéales de Port-Royal, cas règles qui ne sc sont peut-être rencontrées en aucun idiome, et que bien certainement les Latins, par exemple, ne connaissaient pas, car Quintilien demande aussi que les mots se prononcent comme ils s écrivent, et Ion ne demande point ce qu’on possède déjà. Pour satisfaire Port-Royal, il faudrait fixer d’abord h. prononciation qui, sujette aussi ù s’altérer et à se modifier, ne peut donner à l’orthographe une stabilité qu’elle n’a point elle-même; il faudrait sacrifier l’étymologie, l’analogie, la grammaire; trouver moyen d’éviter la confusion qui résultera,

dans l'écriture et dans la lecture, de la coexistence d'une double orthographe, l'une ancienne, l'autre moderne ; déterminer enfin bien positivement et bien logiquement celte nouvelle orthographe. Et tout cela fait, il est probable qu'on ne serait parvenu qu'à rendre la langue plus obscure et plus difficile qu’elle ne l’est avec tous les caprices de l’orthographe consacrée (C). » L’orthographe, dit Duclos, sera peut-être ramenée à la prononciation ; mais il faudra du temps, parce que cela est raisonnable . ■> J’avoue que je n’ai jamais bien senti le raisonnable d’une réforme radicale sur ce point, et que l’utilité même de certaines tentatives beaucoup plus modestes ne m’a jamais été prouvée. La plupart de ces modifications orthographiques, dont on a fait tant de bruit, m’ont presque toujours paru des subtilités inutiles. Mon principe est qu’il faut se soumettre, dans la parole écrite comme dans la parole prononcée, à l’usnge et à l'autorité; et si j’écris français et non françois, ce n'est pas que l’un représente mieux la prononciation que l’autre, mais c'est que l'Académie, s’appuyant sur la majorité intellectuelle de la nation , veut que l’on figure par la première de ces formes les sons qui composent ce mot. L’orthographe n'est point la représentation de la prononciation ; là est l'erreur; elle est, dans la définition de la chose comme dans celle du mot, la raison de récriture. Et c’est par cela même, comme l a très bien remarqué M. Nodier, qu’elle est l'indice le plus sûr d’une éducation intelligente, car il n’y a que les gens bien élevés qui connaissent la raison des mots qu'ils écrivent. C’est pqur ce motif aussi que l étude de l’orthographe se rattache, sous plusieurs rapports, à 1 étude de la grammaire.

Quant à cclle-ei , je voudrais qu’elle réunit les avantages de l'analyse à ceux de la synthèse. On commencerait par la méthode analytique. Dans un système de lectures habilement graduées, l’élève étudierait les vocables individuellement, en quelque sorte ; il en observerait la nature, les ressemblances

Cil AP. II. ÉTl'DKS PRÉLIHI.NAIIIKS. 21

cl les diflërcnccs il chercherait à apprécier non-seulement les lois, mais les habitudes qui déterminent leurs relations réciproques. En un mot, il se ferait à lui-méme sa grammaire.

IVon pas qu’il doive s’arrêter là, et que je bannisse les grammaires généralement adoptées ; je veux seulement que ces ouvrages synthétiques ne viennent que lorsque l’étude analytique en aura bien fait comprendre la signification réelle. Dans les sciences de faits, on n'apprend bien que par l’analyse, on ne retient bien que par la synthèse. Les formules de la synthèse dégagent les groupes d idées, les déterminent et les fixent. Quand l’élève a bien remarqué dans vingt circonstances que le mot qui exprime la qualité se inet au même genre et au même nombre que les noms qu’il qualifie, quand il a parfaitement compris tous les éléments de ce fait grammatical, que la règle : l’adjectif s'accorde avec le substantif en genre et en nombre, vienne alors résumer ces observations multipliées, qu elle leur donne un corps ; que l’élève apprenne celte régie littéralement, comme une formule algébrique, comme le texte d’un article de loi ; alors seulement il ne l'oubliera plus.

Les irrégularités dans les mots considérés isolément se nomment barbarismes ; dans les mots considérés selon leur raison syntaxique, solécismes.

Les pluriels en als et en aux de la Rissole, dans le Mercure galant, sont autant de solécismes. Ceux-là , il est vrai , le moindre élève des écoles primaires les évitera; ce sont des fautes d’usage que l’on ne commet que quand on s’appelle

1 J’avoue que je tiens beaucoup à l’ctude du vocabulaire ; rien ne contribue plus tard h la facilite et & la variété dans le style comme d’avoir beaucoup de mots à sa disposition. Cette science des mots a fait une grande partie de la renommée de deux de nos contemporains, MM. Nodier et Sainte-Beuve. Lisez et relisez le dictionnaire. On peut rire de ce précepte ; ch bien ! essayez de le mettre en pratique, et vous serez étonné de la facilité qu’il vous donnera pour trouver non seulement les mots, mais les idées.

DK LA RII^TOIIIQI.'E.

hi Rissole. Mais il en est d’autres moins sensibles, moins conslalés, et qui échappent même aux plus délicats. Bossuet a méconnu une règle admise longtemps avant lui, quand il a dit dans l’Oraison funèbre de Coudé : •< Ce n’est pas seulement des hommes à combattre, c'est des montagnes inaccessibles, c’est des ravins et des précipices d’un côté, c'est partout des forts élevés... >> ; et dans le Discours sur l’histoire universelle :

« Ce fut les pharisiens qui introduisirent... >• De son temps même, il fallait évidemment : ce sont, ce furent. Voltaire, dans la tragédie de Marianme, fait dire à Sohèmc, en parlant de cette princesse :

Et du moins à demi mon bras vous a vengé.

Assurément Voltaire n’ignorait pas les règles d’accord du participe, déjà consacrées du temps de Marot. On a justement condamné le premier vers de la satire de Boileau : A mon esprit :

C’est à vous, mon esprit, « gui je veux parler.

La faute est inexcusable, parce qu’on ne peut rendre logiquement raison de cette préposition à répétée. Le solécisme est plus grave que celui de Racine dans Allialie :

C’est votre auguste mère à qui je veux parler.

Racine ne peut être blâmé, en effet, qu’en vertu de l’usage qui exige la préposition immédiatement après c’est, et remplace le relatif par la forme conjonctive que. L’élève étudiera, pour les éviter plus tard, ces diverses natures de solécismes; il verra comment , en péchant contre la pureté , ils nuisent aussi à la clarté, tantôt parce qu’ils déroutent l’esprit du lecteur qui , habitué aux constructions régulières, cherche vainement les rapports tics mots entre eux dans celles qui ne le sont pas,

ClIAP. 11. ÉTIDES PnÉLINI.VMDES, 23

ainsi dans le vers de Mariamne cilé pins haut ; tantôt parce qu’ils rendent obscur le sens môme de la phrase, comme dans cet autre de Voltaire, où, parlant de Coligny et de scs assassins, il emploie d’une manière confuse les pronoms possessifs :

L’un embrasse ses pieds qu'il trempe de ses larmes.

Sont ce les larmes de l’assassin ou celles de Coligny? Sont-ce les pieds de Coligny ou ceux de l’assassin ?

Le solécisme* pèche contre la grammaire j le barbarisme contre le dictionnaire.

Quand Fénelon et la Bruyère reprochaient à Molière ses barbarismes, ils pensaient à des phrases comme celle-ci, dans la Critique de C Ecole des femmes : « Par les mines qu’elles affectèrent durant toute la pièce, leurs détournements de tète et leurs cachements de visage. » Quand le rhéteur Timon laisse échapper des rebattues, substantif, pour dire des redites, une sautée, également substantif, pour misant, des pataraffes, des brouillures de cerveau , toute l'enfilée des orateurs, etc., etc., il commet de véritables barbarismes, et c’est pure politesse que d’appeler ces monstres des néologismes. Il est des expressions peu logiques que les esprits délicats regarderont toujours comme des barbarismes, bien que l’usage semble les justifier. Le mot suicide, sui caides, meurtre de soi-inème, s’entend parfaitement ; mais il ne faut pas en faire dériver un verbe sc suicider, se tuer de soi, que repousse la raison comme l’Académie. — J’ai voulu tue suicider, me tuer de soi, est

> Solon avait tonde en Chypre une colonie qui, de son nom, s'appela Suies. Des ciloyens de toutes les villes grecques, des Athéniens surtout, y accoururent en foute et s'y mêlèrent aux premiers habitants. Bientôt ils perdirent dans ce commerce la pureté de langage qui les distinguait. De là m'icwÇm parler à la façon des habitants de Soles, faire des solécismes. Voilà, depuis riularquc, l'étymologie traditionnelle.

absurde. Il faut songer aussi dans les mois composés à leur étymologie, et éviter ces hybrides qui réunissent des éléments empruntés à diverses langues : dites normal du latin norma, mais ne dites pas anormal du grec a et du latin norma. Jnormal est un barbarisme fort en vogue pour anomal.

Dans les lectures graduées que je recommande, j’insiste sur le précepte de Quintilicn, qui veut qu’on s’adresse, dès le principe, aux auteurs de premier ordre, ego optimos quidem et statim et semper; et qu’on relise souvent les mêmes livres, si l'on veut former pour la suite sa pensée et son style, multa mugis quam multorum lectione formanda mens et ducendus co/or. Plus tard, quand le jugement est bien assis, on peut, sans doute, aborder des écrivains douteux cl inférieurs, mais avec précaution et sous la direction d'un maître habile. Ces lectures se feront, autant que possible, à haute voix, pour habituer à une prononciation correcte. Quant au genre de commentaires qu’elles comportent, on en trouvera d cxcellenls modèles dans le Traité des Études de Rollin , dans l’ouvrage sur Y Enseignement de la langue maternelle par le P. Girard de Fribourg, dans la Chrestomathie française de M. Vinct, le meilleur livre que je connaisse en ce genre. A l imitation de ces habiles professeurs, le maître fera saisir les applications des règles précédemment formulées, et les détails philologiques qui seront, à leur tour, les éléments de nouvelles synthèses j il s'arrêtera sur les homonymes, sur les homographes, sur toutes les difficultés de l'orthographe usuelle et raisonnée, sur toutes les variétés de la proposition grammaticale et de la proposition logique, faisant toujours précéder la théorie de la pratique, proscrivant les cacograpliics , détestable méthode, que je compare à ces examens de conscience tout faits que 1 on trouve dans certains livres de piété, et qui apprennent à la jeunesse des sottises dont elle ne se doutait pas. Il s’occupera des expressions figurées, des synonymes, des nniltisenses, etc.

Page 1