‹ De la rhétorique, ou, De la composition oratoire et littéraireChapitre 42 sur 147 · OU CORPS DE L'OUVRAGE · texte numérisé non relu

OU CORPS DE L'OUVRAGE

Diverses méthodes de distribution des parties qui composent le corps de l'ouvrage : de la disposition analytique et synthétique; de ce qu’on nomme thèse, antithèse et synthèse; narration, confirmation et réfutation. — De la narration ou thèse et de scs qualités ; que le mérite d’une narration dé|>cnd en grande partie de la manière dont on la dispose. Du point culminant dans la narration. — De la description ; des règles d'après lesquelles on doit la placer, la circonscrire, la distribuer.

L’écrivain a expose le sujet, il a cherché à se concilier la bienveillance, l’attention . la docilité; il entre en matière. Rappelons ici ce qui a été dit précédemment.

Une fois la pensée mère, celle qui donne l'unité de dessein, bien comprise et bien saisie, il s’agit, disions-nous, de disposer les principales idées dans leurs justes proportions avec celle pensée première, et de grouper ensuite, selon les mêmes rapports , les idées accessoires autour des idées principales , en sorte que chacune d’elles amène la suivante, et que celle-ci se rattache étroitement à la précédente. C’est cet enchaînement qui constitue le corps de l'ouvrage. Mais existe-t-il un ordre

DE LA lilIETOIiigi E.

normal pour disposer les principaux groupes d’idées selon les divers genres décrit? et chaque groupe ainsi disposé a-t-il un caractère spécial déterminé par des règles lixes?

Répondre complètement à cette question, ee serait donner la théorie de tous les genres. Chacun d’eux en effet, chacune même de leurs subdivisions a en quelque sorte sa rhétorique ou sa poétique particulière. Que de traités du poème épique ! que de volumes sur la tragédie et la comédie ! que d 'Essais sur les éloges, sur l’éloquence de la chaire, sur la manière d’écrire l’histoire, sur la critique! Que de Livres de l’Orateur, depuis Cicéron juseju’à Timon et (lorgias 1 ! 11 y a plus : il serait impossible de bien saisir le côté théorique d un genre quelconque, sans en présenter en rnème temps le côté historique. La théorie en effet a été et devait être modifiée d’après les idées littéraires qui ont successivement dominé dans les siècles et les pays divers. Vous traiterez mal du poème épique, si vos observations n'embrassent à la fois l'épopée indienne et les chansons de ijvstc, épopée du moyen âge, \' Odyssée, le Roland et la Messiade; votre poétique de la comédie sera incomplète, si je n’y puis rattacher Aristophane comme Molière, Shakespeare et (laideron comme Beaumarchais et M. Scribe. La rhétorique renfermerait donc toute l'histoire littéraire. Mais bien que M. Cousin ail dit, en sa qualité de ministre et dans une circulaire officielle : « La rhétorique actuelle doit être un cours de littérature générale, » j’avoue que la prétention me parait exagérée, cl, pour ma part, je ne vise pas si haut. 4c ne sortirai point des généralités de la composition et même de la composition en prose. Ainsi, à propos du récit, par exemple, point de traité sur la manière d’écrire l’histoire ou le roman, mais

1 Le Livre de» orateurs, par Timon, 12e criil., Bruxelles. Jain.ni , |KJ5. — Eloquence et improvisation, art de la parole oratoire, pal Goagias, Paris, t Sitj.

CHAI*. XIII. — Di: CORPS ÜF. L'oiVnACE. I7Ô

quelques préceptes sur la disposition et la forme de In narration en général , quelle constitue le livre lui-méme , ou n'y entre qu'aceidentellement. Et ainsi des autres genres. Voyons d'abord l'ensemble de l'ouvrage; nous descendrons ensuite aux subdivisions.

Dans les écrits qui n'ont d’autre objet que l'exposition de certains faits, racontés ou dialogues, histoire, roman, épopée, drame, etc., l’ordre chronologique ou la gradation de l’intérêt semblent tracer la marche à suivre : d'une part . la série des faits, en rattachant toujours les effets aux causes, et en groupant les éléments homogènes ; de l’autre , après l’exposition , le nœud et le dénoùinent. Mais dans les livres didactiques , dans l'éloquence démonstrative, délibérative et judiciaire , la dépendance réciproque des idées, comme on a pu le conclure de tout ce qui précède, ne s’accommode guère d'un ordre rigoureux, et varie au gré d’une foule de circonstances.

Tel livre didactique présente, après l'exorde, une synthèse, dont tout le reste de l’ouvrage n’est que le développement analytique, sauf à conclure parfois en faisant revenir la synthèse primitive : ainsi l 'Esprit des lois, Y Émile de Rousseau, etc. Un autre choisit, dans l 'analyse, un détail qui lui sert de point de départ, et de détail en détail, arrive jusqu’à la synthèse : ainsi plusieurs des dialogues de Platon, des traités de Condiliac, des ouvrages de Bernardin de Saint-Pierre. Nous avons touché ces deux procédés en traitant de l'invention. L'auteur a-t-il à exposer deux opinions contraires, deux ordres de faits opposés, qui amènent, pour s’y absorber, une opinion éclectique ou un fait conciliateur, il présentera, l'une après l'autre, la thèse, Y antithèse et la synthèse. C'est le plan qu'ont adopté quelques philosophes et publicistes de notre siècle.

Cependant parmi les diverses méthodes il en est une qui me parait, ainsi qu’à la majorité des rhéteurs, plus généralement applicable, et la voici :

Qu’immédiatement après l'exorde, s’il y a exordc, l’écrivain

{Tir

expose le fait ou les faits dont il veut tirer une leçon ou un argument, les éléments de la science qu’il se propose de traiter, l’ensemble des vérités qu’il prétend établir; que de là il passe aux preuves de ces faits, aux développements de ces données premières, à la démonstration de sa doctrine; qu’enfin il s'attache à combattre les arguments et les moyens de ceux qui, sur les choses ou les personnes, les faits ou les idées, adoptent et soutiennent une opinion contraire à la sienne, ou tirent de la même opinion des conséquences différentes. C’est ce que les rhéteurs, uniquement occupés de l’art oratoire, appellent la Narration, la Confirmation et la Réfutation. Ce sont là presque toujours les trois membres principaux de tout corps d’ouvrage et l’ordre dans lequel ils doivent se présenter.

Rien d’absolu cependant, pas plus dans cet ordre que dans aucun autre ; et les anciens le reconnaissaient aussi. Tantôt il arrive qu’avant de poser notre doctrine, il est urgent de réfuter une opinion hostile à la nôtre, erronée, mais dominante , et de déblayer en quelque sorte le terrain sur lequel nous voulons édifier ; en ce cas on commence par la réfutation, comme fait Cicéron dans la Milonienne. Tantôt l’idée ou le fait serait mal établi, si les preuves préalables n’en préparaient d’abord la vraisemblance, si nous ne conduisions insensiblement et d’une manière détournée jusqu'à la vérité; alors la confirmation prend le premier rang. Enfin, il est des cas où l’on peut supprimer l’une ou l’autre de ces parties, comme parfois on supprime l’exordc.

Mais le plus souvent, comme nous l'avons dit, c’est par la narration ou par la thèse que l’on entre en matière. J’appelle thèse, dans les ouvrages didactiques, ce qu’on nomme narration dans l’art oratoire. Dans la thèse, l’écrivain établit les principes delà doctrine que la suite est destinée à développer, comme dans la narration l'orateur établit les faits de la cause. De là l’extrême importance de celte partie; c’est d’elle que

CIlAl». Mil. DU CORl'S DE L’OUVRAGE. !7a

relève loul le reste : omnis orationis rcliquw fons est narratio, dit Cicéron. Elle contient en germe tous les développements de lu doctrine, tous les moyens de la confirmation et de la réfutation. Manque-t-elle de l’une ou de l'autre des vertus que lui demandent les rhéteurs, clarté, précision, vraisemblance, intérêt, le vice influe souvent sur l’ouvrage entier.

Narratio obscura totatn obcœcat orationem. C’est encore un axiome de Cicéron. La clarté dans la disposition du récit ou de la thèse consiste à présenter les faits ou les principes sans ambages, sans équivoque, sans épisode; à former pur la savante distribution des circonstances, des temps, des lieux, des personnes, un tableau dont toutes les parties soient saisissablcs d’un coup d’œil et à première vue. La netteté d’esprit et l’attention suffisent généralement pour arriver lé dans le poème, le discours, le roman, partout où l’écrivain prend lui-même la parole. Mais dans le drame, par exemple, il faut beaucoup plus d’art; car ici fauteur ne communique avec le public que par l’intermédiaire de deux personnages dont l'un doit avoir intérêt à instruire, l'autre à apprendre. La clarté dépend alors de la conception du plan tout entier. Étudiez les grands maîtres, Racine surtout. Voyez comme il réduit les faits les plus compliqués à leur expression la plus simple, comme il y jette des traits de lumière, dès qu’il voit quelque embarras à éviter, quelque nuage iî dissiper, comme il suspend la curiosité pour la satisfaire à propos, enfin comme il sait en même temps faire servir à l’ornement de la narration loul ce qu'il emploie pour l celaircir.

La vraisemblance et la précision contribuent à la clarté.

Le vrai peut quelquefois n’étre pas vraisemblable,

dit Boileau, et dès lors il est inintelligible. Par le choix et l’opportunité des accessoires dans les choses, par l’analyse des caractères dans les hommes, la narration ou la thèse

DE !.A TIHÉTORIQl'E.

prévient les objections, répond d'avance à toutes les questions, rend probables les rencontres les plus merveilleuses, les assertions les plus paradoxales. Eliam incrcdibile solertia cfficit sœjæ credibile esse, dit Sealiger. Les récits les plus étranges deviennent admissibles, dans l’histoire, dès qu’on échelonne convenablement les circonstances et les moyens d’exécution ; dans le poème et le roman, dès qu’on y sème ces détails de la vie commune et positive qui leur donnent un air de franchise, et les font descendre des régions de la fiction dans celles de la réalité.

Boileau a dit encore à propos du récit :

Soyez vif et pressé dans vos narrations ;

et Horace à propos de la thèse :

Quicquid præcipies, esto brevis...

Je reviendrai sur la précision, quand il sera question du style. Une seule observation maintenant. Ne vous figurez pas, comme certains bavards, être précis parce que vous procédez par phrases courtes cl hachées. « J’arrivai sur le port, dit Quintilien, j’aperçus un navire, je demandai le prix du passage, je (is marché, je montai, on leva l’ancre, on mit à la voile, nous partîmes. — Chaque phrase est courte, le récit est long. La précision consistait à dire tout simplement : Je m’embarquai. »

Je vais plus loin : V intérêt même est un des éléments de la clarté. M. Villemain dit finement à propos de Y Histoire de Louis XI par Duclos : « Malgré la méthode , les dates , les détails, cette histoire est obscure. Elle est obscure parce qu elle n'intéresse pas. « Sachez intéresser, prenez-nous au cœur, et votre récit sera clair, précis, vraisemblable ; et l’on vous passera tout, digressions, tableaux, portraits, réflexions. J'ai déjà

cmp. xm. — du conrs de i.'ouvhage. 177

dit comment on arrive à l’intérêt. Creuser patiemment son sujet, s'identifier avec les hommes, les faits ou les idées dont on s’occupe, ne dédaigner aucun détail, s'intéresser soi-même à l'antagonisme des forces contraires qui fait le nœud de tout récit, en ordonner faction et la résistance avec l'habileté stratégique d’un grand général, et, comme l’écrivain a cet avantage sur le général qu'il dispose à la fois des deux partis, ménager les succès, faire pencher alternativement la balance, de manière à tenir l'anxiété du lecteur éveillée jusqu’au dénoùment 1 : voilà ce qui donne la véhémence et le pathétique dans les grands sujets ; dans les petits, la grâce, la finesse, la naïveté; partout, le choix des détails, la variété des tours; et voilà ce qui nous attache à une exposition quelle qu elle soit.

Vous comprenez donc que par son importance la narration ou thèse appelle au plus haut degré l'attention de l'écrivain, et vous voyez que son mérite essentiel est la clarté. N’oubliez pas maintenant que la clarté résulte surtout du plan , de la disposition , et que la loi souveraine de ce plan lui-méme est, comme pour l'ensemble de tout ouvrage, la loi de l’unité.

Or il me semble, et c’est là que je voulais arriver, qu’il existe un moyen pratique, en quelque sorte, de parvenir à cette unité, cl par conséquent à toutes les vertus qui en dérivent, c’est de bien saisir ce que j’appellerai le point culminant d’une narration ou d’une thèse. Tout est là , et ce précepte bien compris dispense de tous les autres. En effet, dans tout ce que vous racontez, dans tout ce que vous posez, vous devez avoir en vue un but, un objet principal. Il y a donc toujours, clans un récit ou dans une doctrine, un fait ou une idée dont tout le reste est la préparation ou la conséquence; c’est ce que

1 Voir le livre intitulé : Nouvel exposé de la composition littéraire , narration et description , par Gouniot, Paris, 1843, | vol. in-12.

je nomme le point culminant. Une fois ce point bien arrêté dans votre pensée, ne permettez jamais au lecteur de le perdre de vue, ramenez-y jusqu’aux moindres détails, faites-y converger toutes les descriptions de lieu, de temps, de personne. Quels que soient vos développements et quelque étendue que vous leur donniez, s’ils se rapportent tous au point culminant, ils ne seront jamais trop longs, parce qu'ils ne seront jamais déplacés. Mais tout détail qui ne s'y rapporte pas , quelque brillant, quelque rapide qu’il puisse être, relranchez-le impitoyablement; c’est un bors-d’œuvre, et par là même, il nuit à la clarté : obstat quod von adjuvat. J’appuie sur ce précepte, parce qu’il donne une règle, une mesure pour ainsi dire materielle, et dont l'application se manifeste à première vue. En le suivant, vous n’avez que deux questions à vous faire : Tous les détails de la narration ou de la thèse se rapportent-ils au point culminant? Aucun de ceux qui s’y rapportent n’a-l-il été omis? Si vous pouvez répondre d'une manière satisfaisante à ces deux questions, le but est atteint ; votre narration ne sera peut-être pas un chef-d’œuvre, mais vous serez sur au moins d’être à l’abri de tout reproche.

Cicéron veut dire que Milon partit pour Lanuvium. « Ce jour, dit-il, Milon se rendit au sénat, il y resta jusqu’à la fin de la séance. Ensuite il revint chez lui ; il y changea de vêtement et de chaussure; il atlendit quelque temps , comme il arrive d'ordinaire, que sa femme fut prèle; enfin il partit. » Que de longueurs! dites-vous; voilà l’homme de Quintilicn; que ne disait-il : Je m’embarquai? Le récit de l’avocat de Milon manque de précision et d’intérêt ; et quant à la clarté et à la vraisemblance, elles touchent à la puérilité. Nous supposons bien, en effet, sans qu’il soit besoin de le dire, que la chaise de Milon ne stationnait pas, avec sa femme, à la porte du sénat; qu’il dut rentrer chez lui , quitter son costume de sénateur pour prendre la calige cl le manteau de voyage ; et la petite épigramme contre les dames qui se font attendre nous

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semble assez mal séante devant un tribunal où siégeait Caton. Sans doute, et en thèse générale, vous raisonnez juste. Mais avant de condamner Cicéron , demandez vous quel est ici le point culminant du récit. Est-ce le départ de Milon? Non assurément. L’idée capitale est celle-ci : Milon avait si peu l’intention de rencontrer et d'attaquer Clodius, que, si Clodius l’eût voulu, il aurait pu être de retour à Home avant le départ de Milon. Dès lors, et puisque toutes les circonstances tendent à prouver que Milon ne songeait en aucune façon à bâter son départ, il n’y a plus un mot de trop; chaque menu détail se change en argument; tout ce qui eut été défaut en général devient vertu dans l’espèce. Examinez de ce point de vue toute la narration de la M i Ionienne ; c’est un chef-d’œuvre >. Passez ensuite à d'autres récits, à d’autres thèses, et appliquez-y ma règle; elle est infaillible pour juger de leur mérite. Encore une fois, saisir le point culminant d’une narration ou d’une thèse est d’une aussi puissante influence sur celte partie de l’ouvrage, que l’est sur l’ensemble la parfaite intelligence de l'unité de dessein.

Ai-je besoin d’ajouter que dans certains écrits , dans ceux surtout qui appartiennent au genre démonstratif, à la louange ou au blâme, dans la plupart des oraisons funèbres, par exemple, les faits se présentent en si grand nombre, que, pour éviter la monotonie, l’écrivain, au lieu de les faire succéder l’un à l’autre, doit les entremêler avec les développements de la thèse? Il en est de mèmè de l'éloquence judiciaire.

1 Et d’autant plus admiralilc que la cause était plus difficile, car on sent, en lisant Cicéron lui-même , et probablement les juges qui condamnèrent Milon l’avaient senti comme nous, que Milon saisit bien réellement l’occasion de délivrer Rome et lui-même d’un ennemi politique, et qu’en définitive il l'assassina, moins pour se défendre que pour trancher le noeud d’un seul coup.

DE LA IIIIKTOKIQI'E.

Tantôt il faut prémunir l’une ou l’autre partie de la narration par une discussion préalable, ou l’appuyer d’arguments spéciaux ; tantôt reprendre, en le combattant, l’exposé de la partie adverse et rétablir à notre avantage les faits qu’il a présentés sous un jour défavorable pour nous ; en un mot, il faut souvent fondre le récit , soit dans la confirmation , soit dans la réfutation

Si la narration est l’exposé des faits, la description est l’exposé des choses. Or, comme le plus souvent l’exposé des choses n’est utile que parce qu’il contribue à rendre les faits plus vraisemblables, plus intéressants, plus sensibles, la description par sa nature et par son but se rattache intimement à la narration. La plupart des rhétoriques n’insistent pas assez sur la description ; c’est un tort. La description revient presque inévitablement en quelque ouvrage que ce soit. L’allégorie, la comparaison, la métaphore même et la plupart des figures ne sont que des descriptions, plus ou moins prolongées. « Qui ne sait décrire, ne sait écrire, » dit M. Wey ; et, selon la Bruyère, « tout excellent écrivain est excellent peintre. » Qu’il me soit donc permis de m’arrêter sur ce point.

La première loi à observer, c'est de ne jamais décrire pour décrire , mais pour ajouter soit à l’intérêt du récit , soit à la

1 » Je ne partage pas. dit Quintilien, l'avis de ceux qui prétendent que les faits doivent toujours être racontes dans l’ordre où ils se sont passés ; je pense qu'il faut adopter l'ordre qui convient le mieux au sujet que l’on traite. Tantôt nous feindrons qu’une chose nous a échappé, pour avoir lieu de la dire plus à propos, en paraissant réparer une omission ; tantôt nous interromprons notre récit, en assurant que nous en reprendrons le cours, et que la cause en acquerra plus de lucidité; tantôt, apres avoir exposé un fait, nous en examinerons immédiatement les motifs et les antécédents. En un mot, il faut consulter la nature de l'aiïairc et les circonstances où l'on se trouve. • Dt Inslit. oral., lib. IV, c. 2.

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