DE LA M1ÉT0HIQCE
donne, Épilogue, Conclusion, Catastrophe, Dènoûment, Péroraison, est une des parties les plus importantes, qui préoccupe et doit préoccuper dès l’abord et l’auteur et le lecteur ; elle est le but, et les autres ne sont que les moyens. Mais c’est par là même que plusieurs l’ont regardée comme une des plus faciles et qui exige le moins de régies.
Dans le poème épique, dans la tragédie, dans le roman,
« le dènoûment, dit M. YVey, étant préparé de longue main et tout tracé par les situations dont il ressort, comme 1 effet ressort de la cause, l’auteur, s’il a disposé avec art les fils de son drame, n’a rien à chercher quand il en arrive là. L'hésitation ne saurait l'atteindre, le choix des procédés ne l'embarrasse plus, il n’a qu’à obéir au sujet, et à tirer des événements antérieurs une conséquence prévue. 11 a pris de haut son élan, il ne lui reste qu’à se laisser descendre, sans dévier. Ainsi le dènoûment des ouvrages bien conduits est toujours convenable et facile : s’il se présente mal, c’est que la charpente est mal montée. 11 est aisé de prévoir, dés le moment où l’action s'engage, comment elle se déliera : si les fils sont embrouillés, si l’intrigue est chargée de complications, le dènoûment sera forcé, ou, comme l’on dit vulgairement, tiré par les cheveux : cette conséquence est obligée. »
Je ne conteste rien de tout cela, et pourtant il suffit d’avoir un peu lu pour savoir combien il est malaisé souvent de terminer convenablement un ouvrage. « C’est chose difficile, dit Montaigne, de fermer un propos ; et n’est rien où la force d’un cheval se connoisse plus qu’à faire un arrêt rond et net. Entre les pertinents même, j’en vois qui veulent et ne peuvent défaire de leur course. Cependant qu’ils cherchent le point de clorre le pas, ils s’en vont balivernant et traînant, comme des hommes qui défaillent de foiblesse. »
Quelques remarques donc sur le dènoûment. Il arrive parfois que le dènoûment conclut parfaitement l’action principale , mais ne donne pas également le dernier mot des faits