CI1AI*. XXIV. UES FIGURES
générale de la nature, diluvium, uaiurœ generale lixivium. Ce style de buanderie me rappelle AI. Auguste Barbier :
11 est, il est sur terre une infernale cuve,
On la nomme Paris; c’est une large étuve,
Une fosse de pierre aux immenses contours,
Qu’une eau jaune et terreuse enferme à triples tours ;
C’est un volcan fumeux et toujours en haleine Qui remue A longs flots de la matière humaine... etc.
Tout cela fait bondir le cœur, et je pourrais citer dans AI. Barbier vingt passages de ce genre , sans même parler de ceux où il pousse jusqu’au cynisme le plus effronté. Al. Barbier, qui voulut dépasser Juvénal en hyperboles et en crudité d’expression , est un homme d'un talent remarquable , mais il a dans ses vers, le même défaut que Timon l’Athéoien dans sa prose. Si ces deux écrivains ont infiniment d’esprit, de verve et d'originalité de style , ce sont bien , d’autre part , les plus étranges fabricateurs de figures triviales que la France ait produits. C’est dans le Livre des Orateurs qu'on trouve que les orateurs pathétiques « doivent tenir l'assemblée dans un état de moiteur et de peau assouplie; » que le style de AI. de Kératry « n’est pas sans une sorte A' insufflation cahotée, mais échauffante, » etc. , etc.
AI. Jules Janin sait, aussi bien que tous ces messieurs, que la métaphore est défectueuse quand elle est forcée, quand l’analogie entre les idées comparées n’csl ni assez naturelle, ni assez sensible , et cependant il a écrit : « On voyait au bout du jardin , dont il avait l’air d’ètre le dogue fidèle , le Rhône qui se déroulait en aboyant. . . le Rhône a une grande voix et de grands bras, il est limpide, il étincelle, il marche â grands pas, toujours en poste, faisant claquer son fouet comme un gentilhomme en vacances /. . . » Le Chemin de traverse est tout entier dans ce goût. Mais le sublime , le ncc plus ultra du genre, c’est AI. Théophile Gautier. On ferait des volumes de
DE LA HHÉTOIUQI'E.