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ses excentricités métaphoriques. Je n’en citerai qu’un exemple. Il s’agit de prouver la supériorité du style de M. Léon Gozlan sur celui de MM. les vaudevillistes, lesquels, par parenthèse, sont beaucoup plus corrects , en général , que MM. Gozlan et Gautier. « A la représentation de cette pièce ( Trois Rois et trois Dames ) on éprouvait, dit M. Gautier, des voluptés de syntaxe à écouter ces phrases bien assises sur leurs hanches, cheminant d’une allure preste sans chopper, sans se prendre les jambes dans les plis de leurs robes , sans piquer du nez en terre , au lieu des périodes bancales, des affreux tortillards enchevêtrant leurs pivots de mandragore, qui se démènent hideusement dans le style de ces messieurs. >• Ici il n’y a plus rien à souligner. Il faudrait des italiques d’un bout à l’autre.
Encore quelques observations. Evitez avec soin dans vos métaphores l’anachronisme et l'abus des mots techniques.
J'appcilc anachronisme l’application à un siècle d’une image qui se rattache aux idées d’un autre siècle. Traitez-vous de l’antiquité ou du moyen âge, arrière, je vous prie, toute métaphore tirée de la poudre à canon, et à plus forte raison du coton-poudre, de l'imprimerie, de la boussole, du progrès des lumières, du gouvernement constitutionnel ou des chemins de fer. Ne parlez pas d’un sourire stéréotypé sur les lèvres de Diane de Poitiers, ni de la silhouette de Henri IV, etc.
La science beaucoup plus répandue de nos jours, les découvertes entrées rapidement dans le domaine public ont enrichi la langue d'une foule de métaphores dont les écrivains des deux derniers siècles, les eussent-ils connues, se seraient soigneusement gardés, parce que leurs lecteurs ne les auraient point comprises, et qu’en définitive, il ne faut pas l’oublier, le premier mérite, quand on parle, est d’èlre entendu. Nous pouvons nous permettre beaucoup plus sous ce rapport; n’allcz point cependant amonceler dans un ouvrage d’imagination toutes les bribes technologiques d’architecture, de peinture, de chimie ou de botanique, que vous aurez ramassées
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dans les cours de la faculté ou dans le feuilleton de la veille. N’en usez que d'urgence, à longs intervalles, sans afféterie ni pédantisme, et la clarté sauve. Ayez surtout au moins les premières notions de la science à laquelle vous empruntez vos métaphores. On a blâmé le vers de J. -B. Rousseau :
Et les jeunes zéphyrs de leurs chaudes haleines Ont fondu l'écorce des eaux ;
car si la glace qui couvre la surface de l’eau peut jusqu'à un certain point se comparer à une écorce, on n'a pas encore découvert, que je sache, le moyen de fondre l'écorce comme du métal. Mais que dira-t-on de deux exemples cités par M. Wey ? l’un est d’un romancier moderne qui, dédiant son livre à un peintre, et voulant lui faire sentir que tous deux contribuent à propager les mêmes idées, chacun dans son genre, s’exprime ainsi : » Vous et moi , l'un avec son pinceau, l’autre avec sa plume, nous suivons deux lignes parallèles, qui aboutissent au même point. » Romancier , mon ami, accordez-vous avec M. Legendre qui dit au § xu : « Deux lignes sont dites parallèles, lorsqu’étant situées dans le même plan, elles ne peuvent se rencontrer à quelque distance qu’on les prolonge l’une et l’autre. » L’autre est d’un critique qui, dissertant sur les comédies de Molière, compare Agnès « à cette fleur exotique qui se développe en un moment, et qu’un jardinier mal avisé a mise sous cloche. Un beau jour, la fleur fait éclater sa jrrison de verre, sous les yeux de son gardien. » Connaissezvous aucune fleur, même exotique, qui possède cette merveilleuse propriété, et aucun jardinier, bien ou mal avisé, qui ait jamais éprouvé pareille déconvenue?
Le poète, le romancier, le critique ne sont point, sans doute, des savants de profession, mais qui les oblige île parler de ce qu’ils ignorent? Je ne leur pardonne qu’une espèce d’erreurs scientifiques, celles que consacre la fable ou le