CIIÂP. XXV. — DES FIGURES
pour ainsi dire, absorption presque totale d un des signes dans l'autre , de façon que le second se mette complètement fi la place du premier qui n’existe pas réellement, ou est supposé ne pas exister.
D’où j’arrive à la formule suivante : un trope étant donné, il est trope d’usage ou de langue, en raison directe de sa compréhension, et inverse de son extension; et au contraire, il est trope d’invention ou d écrivain , en raison directe de son extension et inverse de sa compréhension *.
Le professeur fera connaître îi l’élève la théorie des tropes d’usage , parce que l’élève doit savoir la technologie de la grammaire et de la rhétorique , le mécanisme de la langue ; mais il l’exercera à la pratique des tropes d’invention, parce que . pour bien écrire , il doit avoir étudié la nature et l’emploi du style figuré. Il lui fera remarquer enfin que les tropes même les plus larges et les plus libres présentent, dans l’application, des phrases consacrées auxquelles il est défendu de toucher. La métaphore nous en a donné des exemples, l’hyperbole nous en donnera.
Hyperbole vaut autant qu’exagération. Comme la métaphore, l’hyperbole compare; mais au lieu de comparer à des idées semblables, cllecompareà des idées plus grandes ou moindres: plus blanc que neige , aussi vite que le vent, cet homme meurt de faini, moins que rien ,
Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois, etc.
■ Vous savex ce qu’on appelle en logique extension d’une idée, par opposition à sa compréhension. L’extension d’une idée dépend du nombre d'individus auxquels elle s’applique, sa compréhension, de la quantité d 'éléments qu’elle renferme; et, comme on le prévoit aisément, l’une est toujours en raison inverse de l’autre. L’idée animal, par exemple, ne supposant dana un individu que la vie et le mouvement , a moins de compréhension , et par conséquent plus d’extension que l’idée quadruple, qui ajoute à la première celle d’une certaine conformation.