ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE
Scivaut une notice insérée dans la Bibliothèque britan- ,CI“* •* ‘“J'CCT i€
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nique , le règne minéral n'est pas moins favorisé dans les Etats-Unis, que le règne animal (i). On y a trouvé du cuivre natif quelquefois en morceaux d’une grosseur considérable, surtout le long des bords méridionaux du lac supérieur. Le minerai de plomb abonde dans le pays à l’ouest des montagnes ; on en exploite avec proGt une mine en Virginie. La plombagine est assez généralement répandue. On a rencon- *
• tré çà et là des minerais d’argent. Le fer, le sel gemme et la houille abondent dans plusieurs contrées. Nous allons voir néanmoins que, jusqu’à présent, les Etats-Unis d’Amérique n’ont mis à prolit les dons de la nature qu’en partie , et presque uniquement à l’égard du fer et de la houille. Quelque précieuses que soient ces ressources, elles sont encore foibles en comparaison de celles que l’art des mines pourroit développer dans un tel pays. Pour s’en convaincre, il suffira de parcourir cette partie de l’Amérique septentrionale avec les auteurs qui l’ont décrite le plus soigneusement sous le rapport des mines et usines (a).
(i) B. tom. a des Sciences et Arts ^ page 84 (Genève, 1796).
(a) Voyez, 1* Erdbeschreibung und Geschichte von Amerika, Géographie et Histoire de l’Amérique , par M. Ebeling (Hambourg,
a.° American Geographjr, or a view of the présent situation
Matai ch us < tL
Fer.
Maine.
Fer.
Connecticut.
Vaines k fer.
New- York, rcr.
Houille.
La province de Massachusett ne fournit annuellement que cinq cents tonnes de fer. Ses mines sont situées dans la contrée d’Attleborough.
La province du Maine présente, en plusieurs endroits, du minerai de fer limoneux. 11 existe quelques fourneaux pour le mettre à profit. On y a trouvé des indices de plomb et de cuivre. Le Connecticut possède vingt usines à fer, dont le plus grand nombre est situé dans la contrée de Litchtfield. Avant la révolution des Etats-Unis, cette province envoyoit du fer à Londres. Sur les bords de la rivière de Connecticut, à deux milles de Middle-Town, il existe une mine de plomb, qui, pendant la guerre d’Amérique, a été exploitée aux frais du gouvernement ; ellen’ajpas laissé, dit-on, • d’être productive à cette époque; mais, depuis la paix , on a trouvé l’exploitation trop dispendieuse, et aujourd’hui elle est abandonnée. L’exploitation des minerais de cuivre, qu’on a découverts en plusieurs endroits, n’a pas excité plus d’intérêt. Il en est de même des minerais d’argent qui ont été découverts à Philippsbourg dans la province de New-¥ork, ainsi que des minerais de cuivre et de plomb, que présente la même province en plusieurs endroits. Le fer est le seul métal qu’on y exploite avec activité. La province de New-York en exporte annuellement environ vingt-cinq mille quintaux (pour une valeur de vingt mille livres sterlings). On connoit des couches de houille dans la même province; mais l’exploitation en est peu suivie. . •
of lhe united siales , Coup-d'œil sur la situation actuelle dca Etats- Unis d’Amcrique, par M. J. Morse (Edimburg, i7ÿ>). *
5." Reise durch, etc., Voyage "aux Etats-Unis, par RI Schcepf(Erlangcn, 1808), pag. 3o6 et autres.
Les provinces de Verraont et de Delaware ne présentent Vfrmom et Dechacune qu’un haut fourneau pour le traitement du minerai de fer. T”'
La province de New-Jersey renferme d’immenses quan- n«w-i mey. tilés de minerai de fer et de cuivre. Le comté de Morris pourvoit seul fournir de fer tous les Etats-Unis. Cependant il n’y existe que deux hauts fourneaux pour le traitement de ce iy.miI fer. métal. D’autres usines à fer sont situées dans le comté de Sussex et dans le pays de Greenwich. Le nombre des hauts fourneaux en activité dans le New-Jersey est environ quatorze ; trente-cinq forges y sont établies. T.e produit annuel de toutes ces usines n’excède pas soixante mille quintaux, tant de fonte moulée, que de fer en barres et de clous (1). Les mines de cuivre ouvertes dans les comtés de Sonnnerset et de Sussex n’ont pas eu plus de succès que celles des autres, contrées des Etats-Unis. La guerre d'Amérique a causé leur ruine , et, quoiqu’eu 1754 on eût trouvé dans la contrée de New-Brunsitick. deux morceaux de cuivre natif du poids de dix-neuf cents livres , les établissemens formés par deux allemands habiles, d’après des chances aussi brillantes, une fois renversés, n’ont pu se relever jusqu’à présent (a). Une exploitation de minerais de cuivre, de plomb et d’argent, qui avoit été entreprise dans le comté de Bergen, a été de même abandonnée, mais par suite de l’incapacité des propriétaires du terrain.
La Pensylvanie est, après la Virginie , celui des Etats-Unis Pen.,i.«M. qui possède le plus de houille. Ce combustible est déposé en
(1) Ouvrage déjà cité de M. Ebeling, tom. 3, pag. 5g4 et suiv. (a) Ouvrage déjà cité de M. Morse, pag, ag5.
couches puissantes et presque horizontales dans toute la partie occidentale de la Pensylvanie, tandis que le minerai de fer, dont cette partie semble dépourvue, occupe les contrées orientales de la province. La houille se trouve eu général à une profondeur très-considérable dans les comtés de Berks, de Luzerne, de Uuntingdon, de Westmoreland, etc.; celle qui provient des couches situées sur les rives de l'Ohio passe pour la meilleure, et ces couches paroissent susceptibles d’une très-longue exploitation. A l’ouest des montagnes de la Pensylvanie, on trouve en abondance des terres vitrioliques et alumineuses; mais le fer est ici, comme dans tous les Etats-Unis d’Amérique , le principal et même presque le seul üûo«. à fer. objet d’exploitation. La Pensylvanie possède dix-huit hauts fourneaux et trente-sept forges (1).
Il existe, dans le comté de Berks, quatre hauts fourneaux ;
de Chester, deux hauts fourneaux et des forges qui
procurent annuellement mille tonnes de fer en barres;
de Lancaster, des forges qui fournissentqpar an douze
cents tonnes de ce métal ;
— — de Dauphiné, un haut fourneau;
de Montgomery , quatre forges ;
de Bucks, deux hauts fourneaux;
d'York, un haut fourneau, qui produit annuellement
trois milles tonnes de fonte de fer;
d’IIuntingdon , quatre hauts fourneaux ; il en existe un
dans le Westmoreland, deux dans la contrée de Fayette, et un dans celle de Miflin;
(1) Ouvr. de M. Ebeling, tom. 4> pag- Q> et suit.; et ouvrage de M- Morse, pag. 3oG. ,
Enfin , on trouve aussi des forges dans le comté de Cumberland.
Malgré ce grand nombre d’établi ssemens, la production totale de la province ne s’élève pas au-dessus de huit à neuf mille tonnes de fer en barres. L’industrie manufacturière s’exerce, avec assez d’activité, sur ce métal, dans uu grand nombre de fabriques variées.
On avoit entrepris l’exploitation du minerai de cuivre dans le comté de Montgomery et du minerai de plomb dans les comtés d'Huntingdon et de Cumberland. Ce genre .d’entreprise a été presque aussitôt abandonné; c’est sans doute parce qu’il exige plus d’art, plus d'efforts et plus de désintéressement que le travail du fer, dans un pays où les minerais de ce dernier métal sont non-seulement abondans, mais encore de la qualité la plus avantageuse. Les minerais des Etats-Unis sont principalementles espèces connues sous les noms de fer oxiduléaimant, mine de fer des marais, fer oxidé limoneux, etc. ( Magnet-Eisenstein , Sumpferz , etc.).
Cesl aussi à l’abondance de tels minerais que le Maryland doit l’activité de ses usines à fer (1). On compte, dans cette province, onze hauts fourneaux, avec un grand nombre de forges et d’ateliers relatifs au travail ultérieur du métal. L’exploitation des minerais de cuivre, qui se trouvent dans les contrées de Monococy, de Pikecreak et de Patowmack, a bientôt effrayé les propriétaires de la surface qui l’avoient entreprise.
La Virginie possède en abondance la bouille, le minerai d& cuivre et le minerai de plomb. Ce dernier métal est exploité sur le rives du Kanhaway, dans le comté de Montgomery. Les mines de cette contrée, abandonnées au caprice
(i) Ouvr. de M. Ebeling, tom. 5, p. a43, et de M. Morse, p. 556.
Mary Land.
Usine* à Ter,
Vieilli*!.
Plomb.
Cuivre»
l'»mr* k fer.
{ 2^8 ) • • du publie, n’ont jamais fourni plus de soixante tonnes de plomb par an ; elles en produisent tout au plus trente aujourd’hui. Il n’y a en activité que deux petites exploitatioi s, qui occupent environ trente ouvriers. Leur plus grande profondeur n’excède pas trois cents pieds (i).
On a annoncé la découverte d'un gîte considérable de minerais de plomb dans le Cumberland , au-dessous de l’embouchure de la Rivière-rouge; il existe aussi di s minerais de ce métal dans les monts Allegany, sur les frontières de la Virginie et de la Caroline. Les giles de cette nature les plus imporlans que l’on connoisse dans la partie occidentale.de la Virginie, se présentent sur les rives du Mississipi; mais ils ne sont pas exploités : le plomb nécessaire à cette contrée lui est fourni par les établissemens espagnols du Misshsipi, qui sont situés en face du village de Ka^kakias.
Une mine de cuivre avoit été ouverte dans le comté de Amberst, sur la rive septentrionale du James; une autre l’éloit snr la rive opposée. Les travaux n’eu ont pas été poursuivis. On a cité, il y a quelques années, un gîte abondant de cuivre natifdécouvertdadsla contrée d’Ouabache , au dessous du Haut-Viaw; il n’a point encore donné lieu à des travaux suivis. M. JelTerson, dans son Histoire de la Virginie, rapporte qu’au nord du Rappahannock, non loin des Cataractes , on a trouvé des morceaux de minerai d’or d’une richesse considérable.
L’exploitation du fer est en grande activité sur les rives du James. Les mines et usines les plus considérables sont les
(i) Dans tout io cours de cct article, concernant les Etats-Unis, il est question de pieds anglois (de 1 35 lignes de France) et de tonnes de . vingt quintaux anciens.
établissemens de Caflfcway, de Ross el de Ballendine , sur la rive méridionale; celui de Old, sur la rive septentrionale, dans le comté d’Albemarle; celui de Miller, dans le comté d’Angusta; et celui de Zane, dans le comté de Frederik : ces deux derniers sont situés dans la vallée qui sépare les monts B!uc-Ridge des monts nommés Northmoutain. Les usines de Callaway, de Ross et de Ballendine produisent chacune cent cinquante tonnes de fer en barres, annuellement. On obtient, en outre, à l’usine de Ross, environ seize cents tonnes d'excellente fonte moulée; à celle de Ballendine, mille tonnes; et les usines de Callaway, de Miller et de Zane, en fournissent chacune six cents tonnes par an. Il existe, dans la Virginie, quelques autres établissemens pour le travail du fer, par exemple, les forges de Frederikshourg, qui emploient de la fonte importée du Maryland , pour une fabrication annuelle d’environ trois cents lounes de fer en barres.
Outre les endroits indiqués ci-dessus, on en connoît un grand nombre d’autres, dans les régions du centre, où aboude le minerai de fer. Dans les contrées situées à l’ouest el au nord de la Virginie, on indique de semblables gîtes de minerai, entre le Muskingum et l’Ohio, d’autres près des rivières de Cumberland, de Barren et de Kentucky, d’autres enfin non loin des bords du grand Kanaway. Quant à ce qu’on appelle les bancs de fer sur les rives du Mississipi ( Jron-Bunks, Iron-Hills) on assure qu’on n’y trouve point de minerai de fer susceptible d’une exploitation , et qu’en général le fer ne se trouve dans les Etats-Unis qu’aux endroits indiqués cidessus (i). Le comté d’Amélie, situé entre les montagnes de
(i) Ouvr. de RL Morse, pag. 3jo et suiv.
Houille.
Contrée* tur le MU* lùiipi et rOhio.
BlueRidge et la contrée de Tidewaters,€burnit abondamment d’excellente plombagine (carbure de fer).
Les bords de la rivière de James présentent, à plusieurs lieues autour de la ville de Ricbemond, des couches de houille très -abondantes. Plusieurs mines y sont en exploitation, et leurs produits ont suili aux demandes, lorsque les circonstances éloient le plus favorables au commerce. La houille est si généralement répandue dans les contrées de l’ouest, que l’on regarde toute l’étendue <fe pays qui se trouve entre les montagnes nommées Lawrel- Hills, le Mississipi et l’Ohio, comme renfermant un vaste dépôt de ce combustible. On l’a découvert en plusieurs endroits sur la rive septentrionale de l Ohio. La houille de la mine nommée Duncan, à Pittsbourg, est d’une qualité qui ne le cède point aux meilleures houilles de l’Angleterre (1). On trouve en cet endroit une couche de bouille qui brûle depuis 1765; une autre houillère, située sur le pic de Monongahele, a été en feu pendant dix ans, et cependant le combustible n’a été consumé que sur un espace d’environ soixante pieds (a).
En résumant les renseignemens relatifs aux Etats-Unis, on peut admettre qu’il existe dans ce pays quatre-vingts hauts fourneaux en activité pour le traitement du minerai de fer et quelques exploitations de bouille dont nous u’avons pu qu’estimer le produit. Quant aux autres substances minérales, elles sont trop foiblement exploitées pour qu’il en soit question dans notre tableau (3) Si nous portons nos regards sur
(1) B. tome et page déjà cités.
(2) Historjr of Virginia, par M. Jefferson.
(3) Voyci l’ouvr. de M. Ebeling, qui entre dans les plus grands détails à cet égard.
les contrées de l’Amérique septentrionale, qui sont situées à l’ouest des Etats-Unis, tout annonce quelles recèlent des gîtes aboudans de minéraux exploitables. Une carte détaillée du cours du Mississipi indique toute la région qui est située entre ce fleuve, le Missouri et la rivière des Akansas, comme un pays plein <le mines (i). Elle désigne la place d’un grand nombre de mines de plomb et de cuivre, et de beaucoup de salines sur les deux rives du Mississipi , depuis l’endroit où ce fleuve reçoit la rivière des Akausas jusqu'au pays des Sioux, c’est-à-dire sur un espace de plus de deux qent cinquante lieues du sud au nord. On sait d’ailleurs, d'après les recherches géographiques ordonnées par le congrès des Etats-Unis, qu’on trouve de la houille près de la Rivière-rouge, à Natchitoche qui étolt une colonie Françoise de la Louisiauc. Il paroit que, non loin de celte même rivière et du pays des Cadadoquis ou Caddos, les moütagnes de l’ouest recèlent d’immenses gîtes de sel gemme, parce que dans l’été toutes les rivières qui en descendent sont fortement imprégnées de cette substance (a); mais ces gîtes de minéraux ne peuvent être regardés comme des mines , puisque, selon toute apparence, ils ne sont pas plus exploités que ceux qu’annonce la Bibliothèque britannique, dans la Louisiane, au pays des Illinois (3). «Dans ce pays, il y a plusieurs sources salées, h dont une seule, placée à deux lieues du principal établis-
(i) Carte de la Louisiane et du cours du Mississipi, dressée sur un grand nombre de Mémoires , entr’autres sur ceux de M. Lemaire, par G. Delille, de l’Académie des sciences. (Paris, 1718).
(a) A. L. n.° 3g (mars 1807 ) pag.’3o5 et suiv.
(3) B. sciences et arts, n.° 361— aGa (novembre 1806) , pag. 584-
sement, fournissoit tout le sel qui se cousommoit dans la contrée d’alentour, en y comprenant même quelques postes du Canada. Il y a aussi des mines en grand nombre; mais il ne s’est trouvé jusqu’ici personne en état de les ouvrir et de les exploiter, eu sorte qu’elles sont restées dans leur état naturel. Quelques particuliers se sont contentés d’en tirer du minerai de plomb , qu’ils trouvoient à la surface du sol. Il y a aussi des mines de cuivre, et on a souvent trouvé dans les rivières de gros morceaux de ce métal natif >>.