ANGLETERRE
Plusieurs ouvrages nous ont fait connoîlre ou les principales contrées dans lesquelles sont situées les mines et usines de la Grande-Bretagne, ou des résultats généraux, mais quelquefois vagues, sur cette branche de l’industrie angloise, ou bien enfin des détails relatifs à tel ou tel genre de produit considéré isolément (t). Le voyage de M. Nemnieh, publié en
(1) Voyez, i.® Mineralogia Corttubiens is , Minéralogie de la Cornouaille, par RL William Price. (Londres, 1778).
а. ® Natural history of the minerai kingdom, Histoire naturelle du règne minéral, par M. William ( Edimbourg, 1 789^
3. ® Naturgeschichte der Steinkohlen gebirge. Histoire naturelle des mines de houille, traduction de l’ouvrage préce'dent, avec des notes, par M. Dankelmann. (Leipzig, 1798).
4. ° The mineralogy of Derby shire , Minéralogie du Derbyshire, par RL John Mawe (Londres, 180a), ouvrage traduit en François par RL Tonnelier, dans le Journal des mines de France (n.® 68).
5. ® Statistische Uebersicht, etc. Tableaux statistiques, parRLBoettieber. (Koënigsberg et Leipzig, 1789).
б. ® Briefe über die Insel Angles ea, Lettres sur file d’Anglesey, par M. Lenlin, (Leipzig, 1800).
7“ Voyages métallurgiques de M. Jars. (Lyon, 1774).
8. ° J. <L m. , n.® 3, t6, 84 et 100 : voyez les Me'moires de M. Coquebert de Montbret, et ceux de M. de Bonnard, sur les mines et usines de plusieurs contrées de l'Angleterre.
9. * A View of England, Scotland, and Wales, etc. ( Londres, 1769), et plusieurs autres ouvrages anglois^ concernant l’histoire naturelle de la Grande-Bretagne.
Soorces d et reçu fcigQcmcai.
allemand en 1807, est, à ma connoissance, le principal outrage, en même temps qu’il est le plus récent, dans lequel on %
trouve les faits que nous nous sommes proposés de réunir, relativement à l'ensemble des mines et usines de l’Angleterre, de l’Ecosse et de l’Irlande (1). Nous prendrons pour guide cet observateur justement estimé, et nous parcourrons avec lui les trois royaumes, en joignant aux renseignemens extraits de son intéressant ouvrage quelques détails puisés dans les mrilleures sources (a). Commençons par jeter les yeux sur l’exploitation de la houille, qui est, pour l’Angleterre, i’ame de tous les genres d'industrie. « Dans le treizième siècle , dit » l’auteur des Considérations sur [empire de la mer { 3), sous » le règne d’un Edouard, les mines de charbon (bouille)
» s’ouvrent en Angleterre, et s’exploitent dans une direction » combinée sur l’extension de la navigation et l’économie des » bois de construction 0. Plus loin il ajoute : » Ce qui prépa- » roit pour les Anglois la matière d’un grand commerce, dans
(1) Neueste Rcise durch England, Scholtland, und Ireland, hauplsâchlich in bezug auf Produkte, Fabriken und Handlung, Nouveau voyage en Angleterre, en Ecosse et en Irlande, principalement sous le rapport des produits; des ateliers industriels et du commerce, par M. Nemnich. (Tübingen, 1807). Dans le cours de nos recherches, nous indiquerons cet ouvrage par la lettre N.
(a) Nous mettrons h profit l’ouvrage très- recommandable que M. Morand a public en 1774» sous le titre : L’Art d exploiter les mines de charbon de terre . li sera indiqué dans nos recherches par les lettres a. m.
Les autres ouvrages que nous serons dans le cas de consulter seront rappelés par les lettres déjà convenues. ( V ojrez ci-dcssus, p. a44)- (3) A. L. n-° 10, pag. 7 et 8.
» les temps même de barbarie, c’étoit un esprit public qui » se dirigeoit déjà vers l’ordre intérieur, l’économie domesn tique, l’amour du travail ; d’où a résulté de très-bonne heure » un excédent de produit sur leurs consommations, excédent » qu’ils exportoient chez leurs voisins ».
Nous allons voir combien l’exploitation de la bouille a contribué au développement de ces avantages.
Les mines de houille de l’Angleterre forment, en général, plusieurs dépôts distribués suivant une ligne qui iroit du sud-ouest au nord-est. Le dépôt le plus méridional est aux mines du Mendip-Hills, et de là les couches s’étendent, à travers les districts du centre et du nord , jusque dans le Northumberland, où l’exploitation principale est à Newcastle (i). On estime que, danslestrois royaumes de la Grande-Bretagne, cent mille hommes sont occupés directement dans les mines de bouille, sans compter le grand nombre de voituriers et de mariniers que le commerce de ce combustible met en activité (a). D’après l’essai moderne sur l’étal du commerce de la Grande-Bretagne, impripié en rj55, quinze cents navires, dont cinq cents gros, montés de cation, y suffisent à peine pour le transport de la houille; il y en a cinq ceuts, de dix à trente pièces de canon , qui portent continuellement ce combustible à Londres. La navigation relative au produit des mines fut l’école du capitaine Cook.
On connolt une grande quantité de dépôts naturels de houille bien plus voisins de Londres que Newcastle qui fournit celle capitale; par exemple, Blarkead dans la province de Kent. On
(i) N. pag. 43.
(a) a. M. loin, a, pag. taa.
Minci de bouille.
Commerce
fcoaiUe.
pourroit en profiter , dit l'auteur qui nous fournit ces renseigne* mens ( i ) ; mais , par une sage politique, il n’esl point permis d'y ouvrir des exploitations, tant pour ne pas diminuer le nombre d'hommes que ce commerce lointain met en activité, que pour ne pas nuire aux exploitations qui sont déjà florissantes. Le transport de la houille du Northumberland, de la province de Cumberland cl du pays de Galles, qui sont les magasins dont l’Angleterre et l’Irlande tirent ce combustible, forment seuls un article des plus intéressans pour la Grande-Bretagne, h Newcastle, Sunderland, Blitb, et quelques autres places voisines dans le nord de l’Angleterre , envoient de la houille à tous les ports qui se trouvent le long des côtes, depuis Newcastle ou Sheals, lieu du rendez-vous des bâti meus , jusqu’à Londres, et même jusqu’à Portsmouth dans la Manche; des villes maritimes, la houille passe dans l’intérieur du pays. Du port de Lynn , elle se répand dans l’ile d’Ely, dans les comtés de Lincoln, deNortliamplon, de Leicester,de Buckingham, de Bedford, de Cambridge, de Norfolk Les comtés d’Essex et de Suffolk s’en fournissent par Colchester et Iiarwich; il en remonte par la Tamise dans les parties supérieures du Middlesex, dans l’Herfordshire, le Buckinghamshire , dans une partie du Glocester, dans le Berkshire, le Iiampshire et le comté de Surrey. Les provinces de Kent et de Sussex reçoivent le combustible fossile dont elles ODt besoin, par les rivières de Medwai et de Stonr.
Le commerce de la houille dans la principauté de GaHes et dans le Cumberland ne laisse pas d’être considérable. L’Irlande dépend , pour ainsi dire , à cet égard , des mines de Whitehaven.
(i) a. m. a.* parue, pag. 4^7.
DansleDevonshire, ainsi que dans quelques provinces voisines , on ne brûle point d’autre houille que celle qui y arrive du port de Swansey dans le pays de Galles.
Les houilles d’Ecosse s’embarquent à Blitli, dont il a déjà été fait mention.
La ville de Manchester, célèbre par ses manufactures, est fournie de houille par un canal qui unit la navigation du coté du Chershire et du Lancashire, à travers la rivière navigable appelée Irrwell (i). On a calculé qu’il se brûle pendant l’hiver, à Manchester, trois cents tonnes ( six mille quintaux ) de bouille par jour (a).
Nous reviendrons sur les principales exploitations de ce combustible, en parcourant les provinces delà Grande-Bretagne. Jetons d’abord un coup-d’œil général sur l’exploitation des métaux dont le succès est étroitement lié à celui des mines de houille.
L’exploitation des mines de cuivre est encore récente en Angleterre. Les exploitations principales de ce métal sont ouvertes en Cornouaille, dans le Yorkshire, dans le Stafîordshire, et dans différentes parties du pays de Galles, surtout à Parrys-Mountain , et à jMona-Miue, dans l’ile d’Anglesey.
Les mines d’étain sont situées dans la Cornoühille et le Devonsliire; celles duDarttnoor, dans cette dernière province, sont aujourd’hui peu considérables.
Les mines de plomb s’exploitent dans le Derbyshire, le Mendip-Hills, le Durham, le Northumberland, le Cumberland et le pays de Galles. Elles contiennent peu d’argent, et
(t) a. m. ibiil. **
(a) 6. lo m. 7 des sciences et arts, pag. 2^5.
Mines métallique t.
Citirn*.
Tuia.
Plomb.
Zinc.
Fer.
Importation Je fer.
il n'existe point d’exploitation uniquement relative & ce dernier métal (1).
La calaniine (zinc oxidé) est exploitée dans le Mendiphills, le Derby shire, le Glocestershire, le Nottingham et le pays de Galles.
La plombagine (carbure de fer) abonde aux environs de Borrowdale dans le Cumberland.
Le fer est exploité en un grand nombre d’endroits de l’Angleterre, tant septentrionale que méridionale. Les plus célèbres exploitations de mines de ce genre sont à Colebrookdale dans leShropshire,dans le Deanforest , au pays de Glocester, et non loin dejUiverston dans le Lancashire ; les plus grandes fonderies sont aux environs dèMerthy r-Tydwill , de Neath , etc. Nous indiquerons les autres, eu parcourant les contrées où elles se trouvent.
En 1781 , la Grande-Bretagne a tiré de la Russie, par Pétersbourg, cinquante mille tonnes de fer, chacune de vingt quintaux ; mais,' en 1804, cette importation ne s’est pas élevée à six mille tonnes, tant l’Angleterre a fait de progrès, grâces à ses mines de houille, dans l’emploi de ses propres mines de fer! Cependant elle rie peut encore*se passer du 1er de Suède, principalement pour la fabrication de l’acier.
La Grande-Bretagne a produit, en 1797, cent trente mille tonnes de fer, et en i8o5 elle a produit deux cent cinquante mille tonnes, c’est-à-dire cinq millions de quintaux de ce métal. On estime que le travail du fer fait vivre dans le royaume trois à quatre cent mille hommes. Arrêtonsnous d’abord à ce métal. D’après un ouvrage cité dans les
(1) N. pag. 45 et sujv.
Annale^des mines et usines de M. le baron de Moll, on n’extrayoit , vers 1 8o3, des mines de l’ Angleterre, que cent mille tonnes de minerai de fer par an (1). Il en pouvoit résulter, ajoute le même auteur, trente-cinq mille tonnes de fonte moulée, formant une valeur totale de5gi,5oo livres sterlings. La Russie et la Suède fournissoient alors à l’Angleterre, année commune, quarante-quatre mille cent trente-cinq tonnes de fer, et l’augmentation de prix par la main-d’œuvre étoit telle pour le fer, tant indigène qu’étranger, que l’on estimoit la valeur des objets fabriqués en fer dans toute l’Angleterre à 8, '700,000 livres sterlings (2). D’un autre côté , nous lisons dans un excellent Mémoire sur les mines de la Suède, que l’Angleterre tire de son propre sol plus de deux cent mille schiffpfunds de fer (chacun de trois quintaux environ), et que ce royaume, qui consomme annuellement cinq à six cent mille schiffpfunds, en tire chaque année cent cinquante mille de la Suède et cent cinquante mille de la Russie (3). Il faut avouer que ces renseignemens ne s’accordent ni entre eux, ni avec ceux que présente l’ouvrage de M. Nemnich. Ceux-ci me paroissent plus exacts, d’après les faits suivons, que M. de Bonnard, ingénieur des mines de France, a recueillis, en i8o3, dans plusieurs des principales usines de l’Angleterre. ^
(1) On sail qu’une tonne ( Turt) est tm poids de vingt quintaux, et qu’une livre sterling vaut environ aa francs.
(a) a. M. tom. a, pag. 114 ( t8o3).
(3) A. L. n.° ta, pag. 359 et suiv. (décembre t8o4). Mc'moire de M. de Bourgoing.
Voyez aussi l’extrait, en allemand , de ce Mémoire, dans les Ephémérides de AL le baron de Moll (e. M. n.° 1 , pag. 95).
Pro4«iti« «;»« Sur les confins du Glamorganshire et du Monmoathshire, dans la contrée qui environne Merthyr-Tydwill , il existe quarante-deux hauts fourneaux, dont chacun produit annuellement deux mille à deux mille cinq cents tonnes de foule ; ainsi, en total , quatre-vingt-quatorze mille cinq cents tonnes, ou un million huitceut quatre-vingt-dix mille quintaux. Plus de la moitié de ce produit est employée à l état de fonte moulée, et l’on ne fabrique, dans toute cette contrée, qu’euviron trente mille tonnes de fer en barres.
En Stafïordshire, dans la plaine située entre Wolwerhamplon et Birmingham, sur un espace de trois à quatre lieues carrées , il existe trente-huit usines à fer, dont un grand nombre renferme plusieurs hauts fourneaux. Chacun de ces fourneaux produit quarante-cinq tonnes de fer par semaine, ou deux raille deux cent quarante tonnes par an; ainsi, en supposant seulement quarante hauts fourneaux eu activité, le produit total en fonte est annuellement quatre-vingt-neuf mille six cents tonnes. Dans cette contrée, presque tout le produit en fonte est converti en fer forgé , et fournit par conséquent environ soixante-sept mille tonnes , on un million trois cent quarante mille quintaux de çe métal.
Aux environs de Colebrook-dale en Shropshire, il existe au moins quinze hauts funrneaux en activité; chacun d’eux ne produit guère que qWrante tonnes de fonte par semaine, ou deux mille quatre-vingts tonnes par an, parce que cette fonte est plus grise, plus eharbonnée que celle des autres provinces. Le total est donc, pour les quinze fourneaux, environ trente-un mille deux cents tonnes, ou six cent viDgtquatre mille quintaux. Presque tout ce produit est vendu à l’étal de fonte moulée.
Telle est la production en fer dans les trois contrées de l’Angleterre, où M. de Bonnard a observé le travail de ce métal dans le plus grand détail (i).
En résumant ces faits, on voit que la production annuelle de ces contrées s’élève :
Pour le Glamorgansliire, en fer en barres, k 600,000 quintaux.
Ibidem , en fonte moulée, à 1,090,000
Sta/ifordshire, UL 1,340,000
Shropshire, id. 634,000
Totai. 3,654,ooo
Admettons seulement pour le total trois millions cinq cent mille quintaux, tant de fer en barres que de fonte moulée; si l’on considère qu’il existe des usines à fer dans beaucoup d’autres parties de l’Angleterre, qu’il en existe, surtout en Ecosse, un grand nombre et de très-considérables, on parviendra facilement à croire qu’il se fabrique annuellement, dans la Grande-Bretagne , 'cinq à six millions de quintaux, tant de fonte moulée que de fer en barres. Un maître de forge très-digne de foi, que M. de Bonnard a connu particulièrement dans IcGlamorgan, esliraoit à quatre millions de quintaux la production aunuellc de la Grande-Bretagne seulement en fer forgé, et nous venons de voir que les deux contrées du Glamorgan et du Shropshire. produisent, elles seules, environ seize cent mille quintaux de fonte moulée. C’est sur ces renseignemens, qui s’accordent avec ceux de M. Nemnich, qu’est fondé le nombre énoncé dans notre tableau statistique.
(1) Voyez son Mémoire sur le travail du fer par le moyen de la houille. (J. d. m. n.° 100).
Produit en ctaîn.
Winfi de cuivre de U CornouûlU-
La Cornouaille fodrnissoil annuellement, il y a quinze ans, vingt-cinq mille blocks d’étain, chacun du poids de trois cent soixante livres. Aujourd’hui elle ne produit qu’etiviron dixhuit mille blocks par année, savoir : quatorze mille cinq cents d’étain commun , qui ont une valeur de deux cent mille livres stcrlings, et trois mille cinq cents blocks d’étain (in, dont la valeur est soixante- dix mille livres sterlings. Dans le travail du minerai d’étain, on compte que la production de cent blocks de ce métal exige trente tonnes de houille (i).
Le cuivre est aujourd’hui le principal produit de la Cornouaille. On y compte environ cent exploitations, parmi lesquelles vingt-cinq se distinguent par la plus grande activité ; par exemple, à l’est de Redruth, les mines de Wheal-unity et Poldice, de Wheal-Towan et de Wheal-Damsef, etc.; à l'ouest du même endroit, les mines de Dolcooth et Crcnon , celles de Godolphin et Wheal-Dolphin, etc. C’est sur la paroisse de Gweunap, située dans la division de l’est, que se trouvent les mines de cuivre le* plus considérables.
Les liions d’étain eide cuivre de la Cornouaille se dirigent de l’est à l’ouest, et s’inclinent tantôt vers le nord, tantôt vers le sud ; le plus souvent néanmoins leur inclinaison est de quinze a vingt degrés vers le nord. Les liions de plomb ont uue direction touiç autre. Ou exploite aussi le minerai d’étain en masse, ou disséminé dans la roche, et surtout le minerai d’alluvion.
La profondeur des mines de celte contrée est, eu général, de cent quatre-vingt à deux cents toises. Les travaux s’étendent sur une longueur de deux à trois milles d’Allemagne (ou royriamètres environ ).
(i) N. pag. 267 et suiv.
Il y a cinq ou sis machines à vapeur en activité pour l’épuisement des eaux dans les mines d’étain, plus de trente pour le même objet dans les mines de cuivre, et en outre douze à quinze pour l’extraction des minerais. Il n’existoit, il y a dix ans, qu’un tiers de ce nombre de machines, qui aujourd'hui s’accroît encore. L’art des mines ignoroit presque entièrement celte précieuse ressource, il y a cinquante ans. Ce fut vers iy65 que Watt et Boullon, en vertu d’un privilège que le parlement d’Angleterre Irtfc donna pour vingtcinq ans, établirent à Soho leur première fabrique de machines à vapeur. Bientôt les principales mines, usines et manufactures de tout genre furent pourvues de ce puissant moteur. La fabrique de Soho devint si considérable, qu’on fut obligé d’établir à Smethvvick, non loin de Soho, une nouvelle fonderie, dans laquelle on coule les plus grandes pièces. Un canal qui part de celle fonderie commuuique à celui do Birmingham, et par ce moyen les machines à sapeur coulées àSmclhwick parviennent, soit à leur destination, soit à d’autres canaux qui les y transportent (t).
Ordinairement une machine des plus grandes dimensions coule, en Cornouaille, avec l’équipage de pompes en fer qu’elle fait mouvoir, dix mille livres slerliogs. Une des plus petites coûte, en général, mille livres sterlings.
Lue fonderie de 1er est située dans le voisinage des mines pour la réparation des machines à vapeur.
Les machines à vapeur de cette contrée consomment annuellement soixante mille tonnes de houille, qui proviennent entièrement des mines du pays de Galles.
Emploi drt macl Ad à vapeur.
(i) a. M. tom. a, pag. 109 (i&>5> ,
ohUut
Produit en cuivre.
En i8oî, on a extrait en Cornouaille cinquante-trois mille trois cent soixante-quatre tonnes de minerai de cuivre, qui contenoient cinq mille cent soixante-six tonnes de cuivre affiné ; il en est résulté une somme de quatre cent quarantesept mille huit cent quarante-trois livres sterlings. Depuis cette époque, on peut estimer que ces mines donnent annuellement six mille tonnes de cuivre affiné. Ainsi la Cornouaille produit à peu près^eux fois autant de cuivre que d’étain. Le capital versé dans l’exploitation des mines de cuivre de la Cornouaille est au moins trois cent cinquante mille livres sterlings.
Le minerai de cuivre n’est que bocardé , et préparé gros- ’ sièrement en Cornouaille. Il est ensuite vendu , d’après des essais en petit, aux compagnies de fondeurs dites Smeltingcompanies, dont les intéressés sont répandus dans toute l’Angleterre. Comme la Cornouaille n’a point de mines de houille, ces compagnies expédient les minerais à leurs usines, qui sont pour la plupart situées dans la partie méridionale du pays de Galles, principalement aux environs de Swansey. Une seule compagnie, dite Comisch- Copper Company , a ses usines en Cornouaille, à Haie.
H y a celle différence entre la manière dont se vend le minerai d’étain et celle dont se vend le minerai de cuivre en Cornouaille, que les exploitans d’étain vendent leurs minerais par des contrats particuliers, tandis que les minerais de cuivre sont vendus à l’enchère.
On compte en Cornouaille quatorze mille ouvriers employés directement, tant pour l’exploitation que pour l’expédition des minerais de cuivre et d’étain. Celle branche d’industrie nourrit dans le pays plus de soixante mille hommes,
sans compter les marchands et les hommes qu’emploie l’industrie manufacturière (t). Il existe dans le Glamorgan douze grandes usines à cuivre, d’où il sort annuellement cent viugt à cent cinquante mille quintaux de ce métal.
Swansey est , sous le rapport de l’industrie et du commerce , la capitale non-seulement du Glamorgan , mais même de tout le pays de Galles. Celte contrée entière est redevable de son état florissant à ses abondantes mines de houille, de la meilleure qualité. On voit autour de Swansey, à plusieurs lieues à la ronde, des fonderies de cuivre, des fabriques de laiton, des fonderies de fer , des forges, etc. Les bords de la rivière de Tawy présentent sept usines, où l'on fond les minerais de cuivre; les autres sont situées sur la rivière de Nealh, etc. Les minerais de la Cornouaille, du Devonsbire et du pays de Galles, ne sont pas les seuls qu’on apporte à ces élablissemeus; on y traite aussi une partie de ceux d’Anglesey; quelquefois ils en reçoivent d’Irlande , et même de Philadelphie (a).
Lt‘ï mines de houille et les mines de fer qui abondent auprès de Merthyr-Tydwill , ont fait, depuis vingt ans, une contrée florissante de ce pays, jusqu’alors très-peu considérable. Ou y voit quatre grandes usines -è fer, nommées Cyfartha , P en y dam , Dow lais et Plymouth- Works , qui sont comptées parmi les 'plus belles de toute l’Angleterre. Ces quatre usines unsemble produisent, par semaine, plus de quatre cents tonnes de fonte de fer, et en outre, par an, vingt mille tonnes de fer en barres et des laques de fonte moulées (3j. A quelque distance de Merthyr-Tydwill, on voit
Minci de l ilc «l'An-
njwf-
mer.
( *ffi )
encore d’autres usines à fer, et le nombre en augmente de jour en jour.
L’ile d’Anglesey', célèbre par ses mines , qui sont aujourd’hui menacées d’une ruine totale, ne possède ni bouille, ni aucun autre combustible. Le minerai de cuivre, qui provient des exploitations connues 'sous les noms de Parrys~ mountain et de Mona mine Company , est envoyé , partie à Swansey, comme nous l’avons déjà remarqué, partie dans le Lancashire, où on le traite daus les usines de Ravenhead et de Stanlay, auprès de Prescot, à l’aide de la houille qui abonde dans cette province. D’un autre côté, comme cette partie du Lancashire manque d’eaux motrices , on expédie le cuivre-rosette à l’état de gâteaux, dits pastelles, à Holyvvell dans le Flintshire, et là le cuivre est fabriqué en barres, en feuilles, etc. à Grcenfield-Mills (i).
Les mines et usines d’Anglesey occupoient, en 1799, douze cents mineurs et quatre-vingt-dix fondeurs (a) ; celle des deux exploitations distinctes, qui porte le nom de Parrys-mountain , a donné de cinq à dix mille tonnes de cuivre par trimestre, non compris le cuivre obtenu par la cémentation. On peut estimer que l’exploitation dite Mona mine Company , produisoit alors autant de métal que la première. Le transport des objets relatifs à l’exploitation des mines d’Anglesey occupoit habituellement quinze bricks décent ^fcent cinquante tonneaux, outre les chaloupes et autres petits bùtimens.
Mine» J» sbroptiiire. Le Shropslijfe est riche en mines, et particulièrement en mines de fer et de houille. Toute la contrée de Colebrook date,
JL
(1) N. ibid. pag. 5oi.
(a) B. tom. 1 1 des sciences et arts, pag. 82,
en y comprenant Broseley, Shifïnal, Wellington, Bridgenorth, etc. présente des exploitations de ces deux substances, de grandes usines à fer ( Keltcley , JJghtmore , etc.), et d’autres ateliers minéralurgiques.
Le Warwickshire fournit aussi de la bouille et du fer. La w.r»iciiUre «t
Suffordilire.
ville de Birmingham, située au centre de l’Angleterre, est du nombre de celles qui doivent leur état florissant au voisinage des mines de houille. Il y a quelques siècles, la tannerie étoit la principale ressource de cette ville. Aujourd’hui, les métaux obtenus des mines de l’Angleterre y prennent mille formes diverses dans de nombreuses fabriques, aux succès desquelles concourent et l’abondance des mines de houille, et les progrès des connoissances, et le génie entreprenant des riches capitalistes (i). De Birmingham jusqu’à Wolwerhampton, ce n’est qu’une suite d’ateliers, où l’on convertit en ustensiles de toute espèce le fer obtenu des usines répandues ça et là dans toute la contrée; on y distingue l’usine à fer de Bradley, propriété du célèbre Wilkinson; elle est située dans le Staffordshire, qui est riche en métaux , et surtout en houille.
Le comté deChester livre au commerce, outre le sel qu’il cswurJûrt. produit abondamment, du plomb, des minerais de ce métal, de la calamine, du cuivre laminé, de la fonte de fer moulée, et principalement des canons coulés à Bersham.
Dans le comté de Lancaster, on exploite le plomb aux LmcuKir», mines d’Anglesarck , le cuivre, et surtout le fer, dans le district de Furness et ailleurs; mais l’exploitation de la houille, dans les régions situées sur une ligne qui s’élendroit du nord-
(1) N. pag. 3io, et 3x4 jusqu'à 357-
YitLsUic.
est au sud-ouest de ce comté , est la partie la plus précieuse de sa richesse minérale; c’est à ce combustible que les manufactures doivent l’existence.
Auprès de Manchester, il existe, pour le service des diverses fabriques d’étofles, cinq grandes fonderies de fer et plusieurs forges. La principale fonderie est à Salford, où l’on coule des machines à vapeur pour ces fabriques (1). Auprès de Wigan, on trouve aussi plusieurs ateliers métallurgiques; et non loin de cette ville, dans les contrées dellaigh et de Ince, on exploite l’espèce de houille compacte, que l’on nomme jayet ( Carmel- Coal )\ on tourne cette substance, dans la mine même, en vases et en objets de différens genres. A Winstanley, on exploite de la houille grasse, dite houille à maréchal, qui est l’objet d’un commerce très-étendu. Il existe auprès de Liverpool une fenderie de fer et un laminoir mus par une machine à vapeur; on y trouve aussi une fabrique de blanc de plomb, une de vitriol, et quelques fonderies de fer. Dans les environs de Ulverstone, petite ville du Lancaslure, située à l'embouchure de la Leven , il y a d’abondantes mines de houille et de fer, qui ont donné heu à rétablissement de plusieurs fonderies et forges.
Le Yorkshire possède des mines de houille, de fer, de plomb et d’alun. Dans la paroisse de Bradford, non loin de Halifax, on exploite de la houille et du fer. Plusieurs fonderies et de grandes forges y sont en activité. Les environs de Wakefield présentent aussi la houille en abondance. La ville de Sheflield, renommée par l’acier qui s y fabrique et par les nombreux objets de ce genre qui sortent de ses divers ateliers, est située
(1) N. pag. 574, D79 et ^87 jusqu’à 401.
au seîu d’une contrée riche en mines de houille; elle est environnée d’établissemens, de forge, defenderie,de laminage, et de poliment pour fer et acier. Cette contrée reçoit, par le port de Hull, du fer de Suède, qui lui est envoyé des usines de Oeregrund et de Danemora (i). Près de Hull, il existe une grande fonderie de fer.
Dans la petite ville de Rotheram, située à six milles de ShefHeld, il existe une grande usine à fer, qui renferme plusieurs fourneaux pour la fabrication de l’acier. A gauche de la ville se trouvent les célèbres usines à fer et acier de Walker et compagnie. Plus loin est une fabrique de blanc de plomb; l’étamage du fer blanc est aussi une des branches d’industrie de cette contrée. C’est à Rolheram que l’on a coulé le célèbre pont de fer de Sunderland (a).
La petite ville de Black -Barnsley est située au milieu de riches exploitations de houille et de fer. On y fabrique divers ouvrages en fer et en acier, et principalement du (il de fer, qui passe pour le meilleur de toute l’Angleterre. Chapel-Town, ainsi que plusieurs autres villages de cette contrée, est peuplé d’ouvriers qui exploitent les mines. Dans les grandes usines du village de Masbrough , on fabrique toutes les espèces de marchandises en fer coulé ou forgé, depuis les moindres objets jusqu’aux canons de fonte.
Whitby et Scarborough livrent de la houille au commerce. Non loin de la première de ces villes, on exploite un schiste alumineux, qui a donné lieu à l’établissement de plusieurs aluneries considérables. Il existe un établissement semblable à Gisborough.
(>) N- FS- 4°5-
(a) Ibidem, 40g à 4i5.
Dcrtjihire,
Nntlîngb*m»hirf.
Contrée» dépourvue* de ho oit le.
( 3oo )
La partie nord-ouest du Derbyshire, qui est connue sous le nom des montagnes de Peak , possède des mines de plusieurs genres. On y exploite le plomb, principalement dans l’arrondissement nommé Kings-Field; mais, depuis quelque temps, la plupart des mines de ce inétal sont épuisées, et celles dont l’exploitation subsiste encore ne sont pas, à beaucoup près, aussi productives qu’elles l’ont été. Autrefois on retiroit l’argent du plomb ; on y a renoncé depuis long-temps. Une grande partie du plomb obtenu de ces mines est converti en céruse et en minium. On exploite aussi dans celte contrée de la calamine (zinc oxidé), mais qui n’est pas aussi bonne que celle de Mendiphills; la houille est exploitée en abondance; le minerai de cuivre n’est point mis à prolit; le rainerai de fer se trouve principalement dans la partie nord-est des montagnes.
Aux environs de Wirkswortb, de Matelock et deBlakewell, on trouve des exploitations et des fonderies de plomb. Un tribunal est établi, dans le premier de ces endroits, pour juger les contestations qui s'élèvent entre ceux qui exploitent les mines dans tout le Derbyshire.
La ville de Gbesterlield est environnée de mines de houille et de raines de fer. Il existe dans cette contrée de grandes fonderies, principalement à Walton et à Newbold (t).
Le comté de Notlingbam produit de la bouille, un peu de plomb , et de la calamine.
Le Northamptonshire, dépourvu de houille et pauvre en bois, ne possède point, par celte raison, de fabriques considérables; il en est de même du comté d’Oxford ( Oxford-
(i) N. pag. 416 et suiv.
t 3oi )
■shire ) , du comté de Buckingham ( Buckingham sbire) , du cointé de Hertford ( Herlfordshire ) , et de quelques autres ( i ).
. Passons à la partie septentrionale de F Angleterre. Dans le Westmoreland, point de houille; et les autres substances minérales, par exemple le cuivre, n’y sont pas exploitées, parce que la profondeur à laquelle on les trouve effraie les entrepreneurs. Le comté de Cumberland possède des mines de Mine* Je Cutnberhouille, de cuivre, de calamine, de plomb, et surtout de fer ud‘ carburé, dit plombagine. Les mines de Borrowdale, non loin de Keswick, pourroient fournir de cette dernière substance, non-seulement toute l’Angleterre, mais même toute l’Europe. On n’ouvre les exploitations de plombagine que de temps en temps, à mesure que le besoin s’en fait sentir, et nu les referme chaque fois avec soin.
La ville de Whitehaven n’est devenue considérable que de- vnuek»r«.puis quelque temps. Son principal objet de, commerce est la houille, que l’on exploite abondamment aux environs. Les mines y sont parvenues à une profondeur de cent trente toises , et s’étendent au-dessous du niveau de la mer (a). Les deux exploitations principales sont appelées, l’une Howguitl , et l’autre kVhinguill. On y connoit cinq couches distinctes de houille, qui présentent des dérangeinens remarquables et des failles nombreuses. Dans le puits nommé Kingspit , qu’on dit être le plus profond de toutes les mines de l’Angleterre, la première couche de houille se présente à la profondeur de
(1) N. de 4?5 h 4a9-
(a) N. pages 44^ ^ 4^>- On trouve la description des mines de Whitehaven dans l’ouvrage iniitulé, Month/jr magazine , 1796, et dans la Bibliothèque britannique. ( V oyez ci-après).
cent quatre-vingts pieds anglois; cette couche, désignée par le notn de Croweoal, a deux pieds deux pouces de puissance (épaisseur). La houille extraite est transportée vers le magasin ou Staith contigu au port, dans des chariots qui roulent sur des plans inclinés ( fVaggon-way) sont reinoutés
par des chevaux sur une semblable route disposée près de la voie de descente. Par l’invention des chars et des routes en plan incliné, un cheval fait autant d’ouvrage que vingt-quatre chevaux en faisoient suivant l’ancienne méthode. Le magasin ( Staith ) est propre à contenir près de six milles tonnes de houille, et l’on a vu embarquer en un seul jour huit cents tonnes de ce combustible, grâce aux dispositions relatives au chargement. On a déjà exploité, dans l’étendue d’environ trois milles du nord au sud , les couches asséchées par deux machines à vapeur. Il est probable qu’on pourra, au besoin , s’étendre à trois tpilles plus loin, et que l’exploitation se maintiendra snr le pied actuel pendant vingt ans. Malgré cela , on a soin de poursuivre toujours les recherches. Dans la partie des houillères située au sud-ouest de Whitehaven, partie qu’on appelle l 'île de Preston, on peut espérer encore deux siècles d’exploitation sur le pied actuel. C’est aux counoissances de feu M. Spedding, habile ingénieur et directeur des mines de Whitehaven, que ces mines doivent en grande partie leur état de prospérité. Il y a environ soixante ans qu’on a commencé à exporter la houille de Whitehaven. On estime l’exportation annuelle de ce combustible, de cent à cent vingt mille tonnes par an ( mesure de Dublin ) ; c’est environ un million quatre cent quatre-vingt-cinq mille quintaux. Cette exportation a lieu principalement vers l’Irlande. A Whitehaven , on se débarrasse plus facilement des eaux, à l’aide dos
galeries d’écoulement, qu'aux mines de Newcastle, dont il sera que>tion plus tard j mais le gaz hydrogène y abonde. C’est à Whitehaven quel’ou a imaginé, pour éviter les inflammations de gaz produites par les lampes des mineurs , d’éclairer les mines par le moyen d’une roue de grès qui frotte continuel* lement contre une surface d’acier. Cette invention est de M. Spedding (i).
Plusieurs grandes fabriques de vitriol sont en activité auprès de Whitehaven. On trouve à Workington une usine à fer, beaucoup d’ateliers analogues et des mines de houille (a).
Dans la partie occidentale du comté de Durham, il existe d«w des mines considérables de plomb et de fer. Elles s'étendent jusqu’à la partie septentrionale de ce comté, partie dans laquelle commencent les grandes exploitations de bouille. Cette dernière substance se trouve aussi dans la partie méridionale du comté de Durham. Sur les rives du Derwent , de la Were et du Tees , il existe des usines à fer et des fabriques en grand nombre. A Chesler-le-Street , on voit une fonderie de fer considérable ; à Britley, une source qui fournit d’excellent sel ;
À Weardale, et surtout à Teesdale, beaucoup de mines de plomb ; à Swalwell et à Winlatoo , plusieurs des usines à fer les plus importantes qu’il y ait en Angleterre. Uue grande partie des instrumens aratoires qui s’y fabriquent est exportée vers les Indes occidentales.
Le comté de Northumberland possède des mines de plomb XorlliniulifrltQd. dans sa partie méridionale j son principal produit est la houille qui s’exploite aux célèbres mines dont la ville de Newcastle est
(1) B. tom. 8 des Sciences et Arts, pag. 5i etsuiv. (a) N. pag. 45 1.
Produit en houille.
environnée. Les couches de ce combustible sont en exploitation des deux côtés de la rivière de Tyne, depuis Shield jusqu’à Limmington. Les plus productives sont à une profondeur de quatre-vingt-dix toises, et ont rarement plus de cinq pieds de puissance (i).
On trouve dans un ouvrage publié en 1793, sous le titre: Observations on the Coal-trade , par M. le docteur Macnab, les détails suivans, sur l’importance des mines de bouille de celte contrée :
« Sur les rives de la Tyne, l’exploitation de la houille » occupe, tant sous terre qu’au jour, trente-huit mille quatre » cent soixante-quinze hommes ; et sur les rives de la Wear, » le même objet en occupe vingt -six mille deux cent cin- » quan te; en tout, soixante-quatre mille sept cent vingt-cinq » hommes.
» On expédie annuellement sur les rivières de Tyne et de » Wear, les quantités de houille indiquées ci-après :
» Pour Londres 900,000
“ Pour les côtes.' i • 700,000
Pour l’e’tranger a5o,000 et
" Pour Newcastle, Shields et Sun-
« dcrland ........ 4^0,000
« Total a, 3oo, 000
qui équivalent a soixante-deux millions de quintaux (a).
(1) N. pag. 4^a à 456 et suiv.
(a) On lit dans le nouveau Dictionnaire d Histoire naturelle (article Houille, rédigé par M. Patrin), que les mines de houille de Whitc-Haven , Workington, et quclqucs-autres du voisinage, fournissent environ quatorze à quinze mille quintaux de combustible, par jour,
Les frais d’an nouveau puils s’élèvent coïnmimément, dans une mine de cette contrée, de six mille jusqu’à quarante mille livres-sterling et plus. Il y a environ cinquante mines, ayant Un tel puits, dans les environs de Newcastle et de Sunderland; leur extraction totale paroit être, annuellement, la quantité de combustible indiquée ci-dessus. L’Angleterre expédie la houille destinée à l’étranger, dans les ports de Hollande, de Danemarck, de Hambourg, de Suède, de Norwége, de Russie, de Portugal et des Indes occidentales; la France en recevoit autrefois ; mais elle n’achète plus des Anglois cette substance qui abonde dans son propre sol.
Newcastle et les environs possèdent un grand nombre de Commerce a^UmA. fabriques très-variées , qui doivent leur existence à l’exploitatiou des mines de houille et à la rivière de Tyne (i).
Outre l’énorme quantité de houille dont il a été question ci-dessus, il sort annuellement du port de Newcastle cent
Les mines de Worsleg, à deux lieues de Manchester, dans le comté de Lancastre, sont très-considérables, et ont, à tous égards, beaucoup de ressemblance avec celles de Newcastle (tom. 1 1 , pag. 398).
Jars raconte que le produit annuel des mines de Newcastle est d’environ vingt-cinq millions de quintaux de houille. Morand porte ce produit à six cent mille chaldrons, qui pèsent trente millions de quintaux, et font le chargement de mille navires. (Ibidem, p. 395).
Les renseignemens de M. Nemnich , qui sont plus récens et plus détaillés, portent à croire que ce produit s’est fort accru depuis quarante ans. D’ailleurs, il s’agit, dans cette estimation, du produit de toutes les mines d’une des contrées les plus riches en ce genre, et il est vraisemblable que les estimations moins fortes n’ont rapport qu’à une partie des mines de celte contrée.
(0 N- pag- 458.
feints i fer.
fabrication de F Mr.
mille saumons de plomb, chacun du poids d’un quintal et demi : un tiers environ de cette quantité est exporté à l’étranger ; le reste est dirigé sur Londres et sur les autres ports de l’Angleterre. Il se fabrique, à Newcastle même, beaucoup de blanc de plomb [(céruse) et de plomb à tirer; il y a, en outre, dans les environs, cinq ou six fabriques de blanc de plomb, de litbarge et de minium , et plusieurs autres manufactures de couleurs minérales (i).
Il existe à Newcastle deux établissemens considérables, dans lesquels on traite en grand les cendres de fourneaux, les débris de creusets, les crasses métallifères, et les têts de coupelle achetés en Angleterre , en Hollande , en Allemagne et en France, pour en extraire l’or et l’argent (a).
Plusieurs grandes usines à fer sont en activité auprès de Newcastle. Une des plus considérables est celle de Newgreenwicb , dans laquelle on coule une grande quantité de canons, de mortiers et de boulets pour le compte du gouvernement. Dans quelques-unes, on forge aussi du fer en barres, que les entrepreneurs assurent être aussi bon que le fer de Suède. Parmi ces dernières, on distingue l’usine nommée Tyne-works , qui est située à Limmington, en face de Swalwel. Cet établissement a coûté plus de cent mille livres-sterling. Pour l’alimenter de minerais de fer, les entrepreneurs ont acheté un terrain considérable dans le Yorkshire, auprès de Robinboodsbay, contrée où celte substance abonde.
La fabrication de l’acier par cémentation a été introduite
(1) N. pag. et suiv.
(2) Aujourd’hui cette exportation est prohibée en France, ainsi que l'importation de la houille acgloise.
à Newcastle il y a une centaine d’années , par un ouvrier allemand, nommé Bertram, qui venoit du comté de Lamark; c’est celte espèce d’acier que l’on répand dans le commerce sous le nom d’acier de Newcastle ( Newcastle Stell ) , et quelquefois sous le nom de German Steel, qui lui a été donné en Angleterre, vraisemblablement à cause de l’ouvrier allemand , mais qui ne correspond point en France au nom d’acier d’Allemagne , le procédé , pour obtenir celui-ci , n’étant point le même que le genre de travail adopté par les Anglois pour la cémentation du fer de Suède (i).