ÉCOSSE
Parmi les produits minéraux de l’Ecosse, la houille tient, sans contredit, le premier rang; elle abonde dans les contrées du sud et du centre. Le nord est presque entièrement dépourvu de ce combustible; mais on y trouve beaucoup de tourbe.
Le plomb est exploité principalement dans la partie méridionale du comté de Lanarke ( Lanarkshire ); le fer, dans plusieurs contrées. Quant au cuivre , on n’a pas encore mis à profit les indices de ce métal On a découvert, en 1 788, dans le Durnfrieshire, sur la paroisse de West-Kirk , une mine d’antimoine très-abondante (2). G’estla seule mine de ce genre qui soit connue aujourd’hui dans la Grande-Bretagne. Une compagnie en avoit entrepris l’exploitation ; mais elle l’a bientôt abandonnée, faute de connoissances en ce genre (3).
(1) N. pag. 4o4 et 463.
(2) Ibidem, 481 et suiv.
(3) Ibidem, 5og et suiv. L'ouvrage de W. Pryce, cite' plus haut,
Houille,
Plomb et fer.
Edimbourg.
Dans le comté de Haddinglon ( East-Lolhian), il y a plusieurs exploitations considérables de houille; on y exploite aussi des mines de fer.
Le comté d’Edimbourg ( Midlothian ) présente, dans sa partie orientale, d’abondantes mines de houille.
Dans le village de Crammon, non loin de Leilh, il existe une grande forge, remarquable en ce qu’elle est alimentée par des ferrailles achetées tant au dedans qu’au dehors ; on les traite de nouveau dans trois feux d’aflinerie et deux fonderies. On y fabrique aussi de l’acier avec le fer de Suède et de Russie.
Dans le comté de lÀnXxÙigovi [ïVest-Lothian) , aux environs de Boness, il y a beaucoup d’exploitations de houille, qui livrent abondamment cette substance au commerce. Les célèbres usines à fer de Carron tirent du minerai des environs de Bathgatc. Le même comté fournit du plomb et du sel.
Les comtés de Roxburgh, de Selkirk et de Wigton, sont dépourvus de bouille; on exploite ce combustible dans les extrémités septentrionales et vers le sud-est du comté de Dumfries. Le manque de bouille dans le comté de Kirkcudbright s’est opposé à l'exploitation des minerais de fer et de plomb que présente celte contrée ( i ).
fait cependant mention de deux autres exploitations d'antimoine, situées dans leDcvonsliire et dans la Cornouaille. La mine de lluclboys, commune d’Endelian, a produit, suivant cet auteur, dix-neuf cents quintaux de cette substance dans le cours de trois ans, de x 774 177G; cl une autre mine située près de Saltash, a fourni quatre cent quatre-vingts quintaux d'antimoiae dans le meute espace de temps. (J. d. m. n.“ 3, pag. 100).
.(*) N- pag. 5ra 4 5a3.
Le pays de Carrick, dans le Ayrshire, possède abondamment la houille et le minerai de fer ; on se contente d’exploiter le combustible pour les besoins des contrées voisines. Outre la houille compacte, dite Cannel-coal (espèce de jayet), qui se trouve dans ce pays comme dans plusieurs autres parties de l’Ecosse, on y exploite un combustible nommé Blindcoal (espèce de bois fossile) qui est susceptible d’être employé, comme le charbon de bois, pour les brasseries et les fours à chaux. On en exporte annuellement, pour cet objet, trois ou quatre mille tonnes, des environs de Kilmarnock vers dilTérens ports d’Irlande. Sur la paroisse de Kirkoswald, on voit une couche de houille qui est encore en feu , à ce qu’on prétend , depuis cinquante ans. On sait qu’il existe de telles couches brûlantes à Dutlweiler en France, à Zwickau en Saxe, et dans les Etats-Unis.
Deux grandes usines à fer sont en activité dans le comté de Ayrshire. Ces usines, nommées Muirkik-iron-works et Ciimberland-iron - company, sont alimentées en partie par le rainerai de fer et la houille qui abondent dans cette contrée, et en partie par les minerais plus riches qui leur sont apportés du Lancasbire et du Cumberland.
Au port de Irvin, dans le comté d’ Ayrshire, on embarque annuellement plus de vingt -quatre milles tonnes de houille pour l’Irlande.
Le comté de Lanarke ( Lanarkshire ) est la partie de l’Ecosse la plus riche en houille de diverses qualités. Ce combustible y est partout accompagné de minerai de fer.
Le village de Leadhills, sur la paroisse de Crawford, au milieu des montagnes d’Upperward, est environné des mines de plomb les plus anciennes et les plus célèbres de l’Ecosse}
Ayrsbîre.
Minet de bouille.
Mines de fer.
Linirke.
Mines de plomb.
Houille et fer.
Glucow.
( 3io )
elles sont exploitées par deux compagnies distinctes, qui en extraient annuellement, en totalité, de dix à dix-huit mille saumons de plomb, chacun du poids de cent douze à cent vingt livres. Le lord Hopeloun, seigneur du pays, perçoit le sixième du produit brut, à litre de redevance.
Le territoire de Carnwath présente de vastes exploitations de houille et de fer. Une grande usine y est établie pour le traitement de ce métal. Cette usine, nommée IVilsontown , et celle de Clyde-iron- works, située à quatre milles de Glascow, au centre des exploitations de houille et de minerai defer, sont, après le célèbre établissement de Carron, les plus considérables de l’Ecosse. A Clyde-iron-works, on ne fabrique point de fer en barres , comme on en fabrique à Wilsontown; mais on y coule des canons, des bombes, et d’autres objets de fonte de fer, en si grande quantité, que la consommation annuelle de houille s’élève à trente mille tonnes , et que l’établissement occupe cinq cents navires.
La houille est répandue avec une extrême profusion dans les contrées qui bordent les rives de la Clyde. On exploite ce combustible tout autour de Glascow, et même jusqu’à l’entrée de la ville. La baronnie de Glascow en fournit annuellement pour une valeur de trente à quarante mille livres-sterling; le minerai de fer qui recouvre les couches de houille est exploité pour l’usine de Clyde-iron-works , dont il a été question ci-dessus.
On voit à Glascow un grand établissement de filature, dans lequel toutle bois nécessaire à la construction d’un tel bâtiment est remplacé par de la fonte defer. L’entrepreneur assure que, par le moyen de cette construction, il épargne annuellement quatre cents livres-sterling que lui coùteroit l’assurance contre
les incendies (1). Il existe en Angleterre beaucoup d’autres exemples d’un tel emploi du fer et de la fonte.
A Verreville, non loin de Glascow, on fabrique de la céruse et du minium (oxide de plomb).
Après avoir parcouru la partie méridionale de l’Ecosse, passons à la division du centre.
Dans le Argyle-shire, on exploite principalement cuivre, fer et plomb. A [trois milles autour de Campbelltown , il existe des mines de bouille abondantes, dont l’exploitation vient d’étre favorisée par un canal.
A deux milles de Inverary, on voit une grande usine à fer établie par une compagnie nommée The Argile furnace Company ; elle reçoit les minerais de la partie occidentale de l’Angleterre. Il est remarquable que, pour les fondre, on emploie le charbon de bois, contre l’usage généralement répandu eu Angleterre ; c’est que les forêts voisines sont encore très-peuplées.
Dans les districts d’Argdowar et de Sunart, qui, avec le Ardnamurchan et le Morvan, forment une grande presqu’île, on connoit beaucoup de liions de plomb , jusqu’à présent moins productifs qu’ils ne pourroient l’être. Les exploitations de plomb les plus célèbres de cette contrée sont situées à Slrontian; elles livrent annuellement pour quatre mille livres-sterling de plomb (environ deux mille cinq ceuts quintaux à 3a francs) (a).
Dans le Slirlingshire, on exploite, sur le territoire de Kilsitb , de la bouille et du minerai de fer en abondance. La cé-
Àrgylc-fhire.
Houille et fer.
Plomb.
Stirlinpsbire.
Usine de Cerroo.
(1) N. pag. 5a8 à 547.
(a) Ibidem, pag. 547 à 555.
ClacV-Maanin.
lèbre usine de Carron , située sur la rivière de ce nom, à trois milles de son embouchure, dans le golfe de Forth, reçoit annuellement cinq mille tonnes des divers minerais de fer de cette contrée ; c’est un quart de sa consommation totale.
Le bel établissement de Carron, qui ne date que de 1760, existe en vertu d'un privilège ( Chartered Company ) , et a exigé un capital de sept cent cinquante mille livres— terling ; il est divisé en six cents actions, dont quelques-unes seulelement donnent les droits de propriété. Avant qu’il existât, cette contrée étoit déserte; aujourd’hui on compte quinze cents ouvriers dans l’usine de Carron. Les constructions sont l’ouvrage du célèbre Smeatou. Les fourneaux de fusion consomment par semaine huit cents tonnes de houille, quatre cents tonnes de minerai de fer, tirées, tant de Kilsilh, dans le Slirlingshire, comme on l’a vu ci-dessus, que de IJlverstone dans le Lança hire et du Cumberland, et cent tonnes de la pierre calcaire qui est employée comme fondant. Dans certaines années favorables au commerce, on a coulé dans la fonderie de Carron plus de cinq mille pièces de canon, dont une grande partie pour la Russie et l'Allemagne , mais principalement pour le gouvernement anglois. Outre les objets en fonte moulée, il sort des usines de Carron des ancres, des enclumes, et d’autres articles forgés d’un gros volume. On y fabrique du fer blanc ; une grande manufacture de clous est établie dans le voisinage.
Dans le petit comté de Clack-Mannan , il existe aux environs d’Alloway des mines de houille qui fournissent annuellement cinquante mille tonnes de ce combustible à l’intérieur du pays, et six mille tonnes environ au Danemarck et à l’Allemagne. Dans la paroisse de Tilli-Coullry, sur les rives
du Dovan, au centre d’une contrée riche en houille et en minerais de fer, se trouve une usine à fer considérable dont les ateliers sont taillés dans le roc sans autre construction.
Le village de Newlonshaw est peuplé des ouvriers de cet établissement, connu sous la raison The-Dovan-iron-Companjr.
La paroisse de Dollar possède plusieurs grandes exploitations de houille et d’autres substances minérales.
La houille se trouve aussi en quelques endroits du petit comté dit Kinross-shire. Le comté dit Perthshire , d’ailleurs pauvre en minéraux exploitables , présente celle même subtance dans sa partie méridionale.
Le comté de Fife est tellement riche en houille, qu’il re- F,f'pose, pour ainsi dire, tout entier sur ce combustible. On l’exploite presque partout. Le minerai de fer y abonde dans les contrées du centre et de l’ouest; on en met à profit une certaine quantité dans les usines du pays ; le reste est transporté aux usines de Carron (,). Les mines de bouille situées environ à quatre milles du village de Saint Davids, sont ouvertes depuis plus de cinquante ans, et donnent l’espérance d’une longue exploitation. Celles des environs de Dysart sont en exploitation depuis trois cents ans, et fournissent annuellement plus de vingt mille tonnes de houille (quatre cent mille quintaux).
Les ports de Torryburn,deBrucehaven,de Saint-Davids, de Dysart, de Methill , et plusieurs autres , sont presque entièrement consacrés à l’embarquement de la houille qui, en plusieurs endroits, est transportée des mines jusqu'à cette destination sur des chemins de fer construits à grands frais. Plusieurs villages, parmi lesquels on distingue ceux qui s’appellent East
(1) N. pag. 5G5 à 571,
and ÏVest Coal-Towns, sont peuplés d’ouvriers des mines. La paroisse de Scoonie, que l’on nomme aussi Leven , fournit beaucoup de houille, ainsi que les environs de Piltenween et la paroisse de Dunfermline. Cette dernière contrée envoie beaucoup de minerai de fer aux usines de Carron. Près de Leven, il existe une grande usine à fer. Dans la paroisse de Carnock, il y a cinq graudes exploitations de houille. e.«tr*« Le s comtés de Aneus ou Torfar, d’Aberdeensliire , de
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BampfT, de Murray, et tous les pays du nord de 1 Ecosse, souffrent encore de la disette de houille, malgré les recherches que l’on y a faites (i).
On a découvert récemment sur les rives du Don, à Grandhome, un riche filon de manganèse oxidé, qui est en exploitation; et dans la paroisse de Huntley, un gîte d’excellente plombagine (carbure de fer). Le comté de Caithness ou de Wick, situé à l'extrémité la plus septentrionale de l’Ecosse, offre ça et là des minerais de plomb, de fer et de cuivre, qui ne soDt point mis à profit.