SUEDE
Les mines et usines de la Suède sont célèbres, même parmi les personnes les moins versées dans la métallurgie; partout, le nom de ce pays se joint aux noms du cuivre et du fer, comme un litre de recommandation.
Le tableau le plus détaillé qui me soit connu des divers pro- R«nitip>me»i daits minéraux de la Suède, se trouve dans une statistique générale de ce pays, qui a paru il y a trente ans (i). Cet ouvrage présente les produits annuels et assez constans des mines et usines de tout le royaume, depuis l’année iy5i jusqu’? l’année 1770. On y voit qu’à cette époque il existoit en Suède vingthuit exploitations distinctes de cuivre, qui ont produit, en 1770, cinq mille neuf cent soixante*sept<We/j/>ow/de cuivre; c’est environ dix-huit mille quintaux (a). Sur cette quantité , les mines de Fahlun avoient fourni près de quinze mille quintaux. Un ouvrage beaucoup plus récent rapporte qu’en 1 78a le produit en cuivre de toute la Suède s’est élevé à trente mille quintaux. On y lit ailleurs que les mines seules de #ahlun fournissoient, vers l’année 1800, douze à treize mille quintaux de ce métal (3). Suivant les tableaux statistiques de
(1 ) Nacfiricht sur genauern Kcnntniss des Kœnigreichs Schweden , Description complète de la Suède ( Dresde , 1 778 ). V oy. surtout le 36.* tableau de cette Statistique.
(a) Un Skeppond (en allemand, Schiffpfund) est un poids de trois cent vingt livres de Suède , ou de trois quintaux à peu près.
(3) Voyage de M. Schmidt, intitulé: JReise durch einigwschwedische Proeinzen , etc. (Hambourg, 1801 ), pag. 46, 76, 142 etsuiv.
Deuil* récent.
M. Bœtticher, publiés en 1789, la Suède exportoit annuellement , à cette époque, près de dix mille quintaux de cuivre, et plus d’un million ^)t- vingt mille quintaux de fer (1).
En comparant ces renseignemens , tant avec les détails dont nous sommes redevables à un Mémoire très-intéressant, publié en 1804 par M. de Bourgoing, qu’avec les notes manuscrites de M. Hausmann, déjà cité plus haut, comme étant revenu de Suède en 1807, nous sommes fondés à croire que les nombres énoncés au tableau représentent assez exactement l’état actuel des mines et usines de la Suède,, Suivons ces deux guides éclairés , dont les observations prouvent, d’une manière frappante, que, voyant l’un sans l’autre, ils ont cependant très-bien vu l’un et l’autre (a).
(1) Statistische Uebersichts-tabcllen ( Kcenigsberg et Leipzig, 1789) 16.* tableau.
(a) A. L. n.° 11 et ta (novembre et décembre 1804), Mémoire statistique sur l'état actuel des mines en Suède, par M. de Bourgoing. — L’extrait de ce Mémoire se trouve, *en allemand, dans les Ephémérides de M. de Moll (e. M. tom. 1 , pag. p5). — Voy. et comparez i.® l’ouvrage intitulé : Journal fur Fabrik, Manufaçtur, Uandlung, etc. (n* de décembre 1804, pag. 497 ct *«>*•)• La quantité de cuivty que cet ouvrage énonce, pag. 498 (quarante mille Skeppond, comme produit de U mine de Fahlun), est évidemment une faute d'impression , et doit être quatre mille Skeppond. Les détails qu’il présente concernant le fer sont intéressans, et s’accordent avec ceux dont je suis redevable à M. Hausmann et à M. Karsten.
a.° J. d. ni. n.° i5 ct 16, traduction de la Géographie physique de Bergmann , par madame Guicbelin.
3.® Dictionnaire géographù/ue de V osgien , édition de 1808, qui inouïe, par erreur, à l’article Fahlun, « une mina de cuivre m qui en fournit ,. par an, ao mille Schijfponds ’*•
Les mines d’Aedelfbrs , qui donnoient autrefois trente à quarante marcs d’or par année, n’en fournissent aujourd’hui que trois ou quatre; celles de Fahlun, où l’on sait que le cuivre domine, donnent annuellement quatre marcs d’or et cinquante marcs d’argent. Par l’enchaînement des procédés métallurgiques, on obtient en outre, de ces mines de cuivre, sept à huit cents quintaux de plomb.
La mine d’argent de Sala, qui a donné , sous la reine Christine, jusqu’à vingt mille marcs d’argent par année , n'en fournissoit que deux à trois mille vers le commencement de ce siècle. Son produit annuel se relevoit en 1807, et la Suède obtenoit d’ailleurs, de ses mines de cuivre, une certaine quantité d’argent par la liquation.
Ce royaume ne présente plus aujourd’hui que dix exploitations distinctes de minerai de cuivre; la plus considérable est toujours celle de Fahlun, qui est célèbre sous le nom de Kopparberg. Les mines d’Atwidaberg , dans l’Ostrogolhie, fournissent environ la sixième partie de tout le cuivre que la Suède obtient annuellement de ses mines; celles de Fahlun procurent plus de la moitié du produit total. On voit, autour de cette ville , sur un espace d’une lieue , soixante-dix fourneaux ou ateliers de diverses espèces. Les mines de Kopparberg occupent seules cinq à six cents ouvriers. Leur plus grande profondeur est environ de cent soixante-dix toises de France. Le cuivre noir obtenu à Fahlun est afliné en cuivre-rosette dans les ateliers de la petite ville de Afvestad. Une partie du cuivre est convertie en laiton. Ati rapport de M. Hausmann, on fabrique annuellement en Suède environ dix mille deux cents quintaux de cette marchandise; suivant M. de Bourgoing, on a fabriqué en Suède, en 1801 , à peu près six mille quintaux
Fer. r
Commerce 3o fer.
de fi] de laiton , et l’on peut» en fournir davantage quand les circonstances sont favorables au commerce.
« C’est surtout en parcourant la province d’Upland, rap- » porte ailleurs M. de Bourgoing , qu’on est frappé de l’aisance » que l'exploitation des mines en grand répand sur tout ce » qui les environne ». Le fer est le principal produit de cette province, qui n’est pas, à beaucoup près, la seule où l’exploitation de ce métal soit en grande activité. Parmi les nombreuses usines à fer, on distingue surtout celles de Skebo, d’OEsterby non loin de Danemora, de Gimo, de Ronaes: le minerai de fer est exploité jusque vers le soixante-septième degré de longitude septentrionale, à Gellivara, qui est situé à deux cents lieues environ au nord de Stockholm. L'ile d’Uloen, située sur la côte orientale de l’Uplaud, ajoute aux richesses du continent suédois une quantité considérable de minerais de fer , que l’on ne peut point mettre à profit dans l’ile même. On sait, d’après M. de Bourgoing, que la Suède exporte, année commune, deux cent vingt mille skeppond de fer par le seul port de Stockholm , quatre-vingt-dix nulle par celui de Gotthenbourg, environ trente millepar celui deGeffle, neuf à dix mille par celui de Norkiœping, et à peu près autant par quelques petits ports.. La Suède exporte donc annuellement environ un million de quintaux de fer, quantité qui difiere peu de l’exportation annoncée en 178g, par M. Boetticher, comme nous l’avons indiqué ci-dessus. Au rapport de M. Hausinunn, qui est connu parmi les hommes du mé^ tier, pour avoir particulièrement étudié tout ce qui est relatif au travail du fer, les mines et usines de toute la Suède fournissent, année commune, un million huit cent mille quintaux de fonte brute, dite fonte en gueuse; il en résulte un million
cinquante mille quintaux de fer en barres , et en outre , de la fonte moulée, de l’acier, du fil de fer et de la tôle. Ces derniers produits de l’industrie manufacturière doivent être fabriqués en assez grande quantité, puisque la production totale de fonte brute, si elle étoit entièrement consacrée à la fabrication du fer en barre, donneroit plus d’un million deux cent cinquante mille quintaux de cette dernière marchandise ; de là le nombre énoncé sur Je tableau : il diflère peu de celui que M. de Bourgoing adopte comme un minimum , dans lequel il comprend toutes les espèces d’objets en fer (quatre cent cinquante mille skeppond, ou environ un million trois cerft cinquante mille quintaux ).
Le cobalt n’est exploité en Suède que depuis vingt à trente ans, principalement à Tunaberg, près Nykiœping, et à Alwed en Ostrogolhie; mais il paroît que les produits des mines de ce genre, quoique fort estimés pour leur qualité, sont en quantité peu considérable.
On a entrepris, depuis peu, l’exploitation de la houille en Scanie, à deux lieues de Helsingborg, et l’on espère que cette ressource minérale, qui est nouvelle pour la Suède, sera bientôt abondante et durable.
Les minerais py riteux de Dy lta fournissent , année com m u ne , trois cent cinquante skeppond ( mille cinquante quintaux) de soufre, et ceux de Fahlun à peu près cent quintaux. Les eaux vitrioliques de Fahlun procurent annuellement environ six cents quintaux de vitriol vert (sulfate de fer) et quelque peu de vitriol de cuivre (sulfate de cuivre). La quantité totale de vitriol que produit la Suède, étoit beaucoup plus con-idérable autrefois quelle ne l’est aujourd'hui. Vers 1770, elle s’élcyoit annuellement à quatorze mille quintaux. Eile
Cob-ll.
Houille.
Soufre et vitriol.
Alan»
Carrière*.
n’excède plus treize cents skeppond (trois mille neuf cent* quintaux).
La production annuelle d'alun n’étoit alors que de douze mille quintaux, d’après le tableau détaillé dont il a été question ci-dessus. Aujourd'hui elle s’élève, d’après M. Iluusroann , à quatorze mille deux cents skeppond ( quarante-deux mille six cents quintaux).
La Suède, outre ses mines et usines, possède des carrières précieuses de granit, de porphyre et de marbre. L’exploitation de porphyre, qui est située à Elfdahl, en Dalécarlie, a donné lieu à l’établissement d’un grand atelier d’industrie, qui livre cette roche au commerce. On lit, dans les tableaux statistiques de M. Bœtticher, que la Suède exporte une quantité considérable de pierres à bâtir.