Minéralogie de M. Brongniart (1807), tom. 2, pag. 55i
cent soixante-seize marcs comme le produit des mines d’argent de la Hongrie (vers l’année 1799)1 et deux mille marcs comme le produit de celles du Bannat de Temeswar, annonce, dans un supplément, que les mines de la Hongrie fournissent annuellement jusqu'à cent soixante mille marcs d’argent. C’est ce dernier nombre qui est adopté dans la statistique de M. Hassel. Le Guide du voyageur en Allemagne porte jusqu’à deux cent mille marcs la quantité d'argent obtenue annuellement de toutes les mines de la monarchie autrichienne (1).
Nous savons, à la vérité, que, vers la fin du dix-septième siècle, de 1680 à 1693, on obtenoit, seulement aux mines de Cremnitz, quatre mille marcs d’argent par semaine (a). Mais, environ cent ans plus tard, le célèbre Ferber, dans sou ouvrage sur l’amalgamation , n’eslimoit qu’à cent dix-huit mille marcs par an la quantité totale d'argent que fournissoient les mines et usines de toute la monarchie autrichienne (3). Aujourd’hui, d’après le rapport de plusieurs voyageurs éclairés, les mines d’argent de la Hongrie sont beaucoup moins productives qu’elles ne l’étoient il y a trente ans. Ainsi, quoique porté à
(1) Voyez i.° Statistische Uebersicht der dcutschen Staaten , Tableaux statistique* des états d’Allemagne, parM. Hœch (Hambourg, 1800), tabl. 3.” et supplémcns.
a.° Statist. de M. Hassel déjà citée ( i8o5), 1." cab. chap. de l’Autriche, pag. 19.
3.° Der passagier auf der Reise in Deutschland, Guide du voyageur en Allemagne, par M. Reiehard (Berlin, 180G), pag. 3i5.
(2) Statistik des Kœnigreichs Ungern, Statist. de la Hongrie, par M, Scbwartner (Pest, 1798), pag. 175.
(3) J. Jac. Ferber s Nachricht von dem Anquiken, etc. (Berlin,
croire que le nombre énoncé dans les ouvrages de MM. Hœck et Ilassel a pu être exact pour une certaine époque, je ne puis le regarder comme le ternie moyen de production actuelle que nous cherchons. Celui qu’indique notre tableau est peut-être même plutôt trop fort que trop foible; car nous lisons dans un Mémoire plein de détails authentiques el intéressans, qu’en 1772 toutes les exploitations qui sont eu activité auprès des sept villes de mines ( Bergstaedte ) delà Hongrie, n’ont fourni à la monnoie de Cremnitz que cinquante-trois mille huit cent soixante-un marcs d'argent et deux mille deux cent quatre-vingt-onze marcs d’or (1). Quant aux autres renseignemens réunis sur le tableau , ils sont puisés ou dans les statistiques rappelées ci-dessus , ou dans les sources que j’ai indiquées dès le commencement de ces recherches.
On sentira facilement combien la décadence des mines importance du mtseroit nuisible à tous les états de la monarchie autrichienne.
Les exploitations de la Hongrie font subsister plus de treute mille personnes. Elles étoient en activité dès le commencement du seizième siècle j depuis l’année 1740 jusqu’à l’année 1773, on a obtenu, des mines de Schemnitz et de Cremnitz cent millions de florins , tant en or qu’en argent , somme qui
(1) Ces nombres comprennent meme l’or et l’argent obtenus par le lavage ( Waschgold und TVaschsilber), et dix-huit cent seize marcs d’argent qu’on avoit obtenus du cuivre, par la liquation , dans les usines de Tayovva. Voyez Beschreibung des Silber-und- Blejschmelzens in Niederungarn, dans le journal des mines allemand, publié par MM. Kœhler et Hoffmann, sous le titre : Bergmaennisches Journal (Frcyberg, 1790) 1." voL de la 5.' année, pag. a 18 et autres, tableau P).
a été frappée à la monnoie de Cremnilz : dans le même espace de temps, les mines de la Trausylvanie et de Nagybania ont fourni cinquante millions de florins; ainsi, dans l’espace de trente-deux ans, les mines de la monarchie autrichienne, sans compter celles de la Haute-Hongrie, du Bannat de Temeswar et de quelques autres contrées, ont mis eu circulation cent cinquante millions de florins, c’est-à-dire, année commune, dix millions de francs (i). Afin de maintenir, autant que possible, de tels avantages, et ceux plus grands encore qui résultent de l’exploitation des autres métaux , le gouvernement autrichien a affecté, en i8o3, aux recherches de nouveaux gîtes de minerais, quinze mille florins pour la Hongrie, et dix mille florins pour l’Allemagne (a).
Or. En plusieurs endroits de la Transylvanie, les mines d’or
ne sont point exploitées avec la régularité qu'exigent de semblables travaux. Les obstacles que les propriétaires de la surface opposent aux exploitans, les désordres auxquels se livrent ces derniers, et la marche incertaine de l’administration, privent l’état d’une portion précieuse de sa richesse minérale. Outre les mines d’or de Abrudbanya, situées dans le comté de Zarand, on exploite des gîtes de minerais aurifères auprès de douze endroits de ce même comté, dans quatre endroits du comté de Thorda, et dans dix endroits du comté de Zeklerland. Ces deux derniers comtés ne présentent que des minerais d’or d’alluvion que l’on traite par le lavage; mais des filons de minerais aurifères sont l’objet de quarante exploitations distinctes, à Fatzebay, Zalathna, Aimas, I’orkura, Na-
(i) Statist. de la Hongrie, par M. Schwartncr. ( V ejez ci-dcssus). (a) a. M. tom. 3, pag. 5n (i8o3).
gyak, Cseftesch, Topliza, Boiza, Korœsbanya, Verœspatak, Butschum et Staaischa (i). Les eaux qui roulent des sables aurifères, dans la monarchie autrichienne , sont principalement celles du Danube , de la Marosch et de la Nera ; dans les autres contrées de la Hongrie , le lavage de tels sables n'est d’aucune importance.
Il existe à Zalathna plusieurs mines de mercure qui sont exploitées par des compagnies d’actionnaires, trop pauvres pour les mettre totalement à profit; le produit peu considérable de ces mines est livré au gouvernement pour un prix déterminé. On connoit, en Carinthie, des gîtes de minerai de mercure, à Doellach et à Stackenboy ; mais iis ne sont pas exploités.
On indique très-diversement le produit annuel des célèbres mines de mercure qui soqt ouvertes à Idria , depuis la fin du quinzième siècle (a). Scopoli et Busching l’estiment douze mille quintaux, dont un sixième, ajoutent ces auteurs, est .obtenu à l’état de mercure natif: dans plusieurs ouvrages, on trouve ce nombre réduit à deux ou trois mille; dans d'autres, .il est présenté de nouveau. Nous savons, d’après Jars et Ferber , que l’on a restreint l’extraction pour soutenir le prix du mercure; mais si l’on considère, d’un autre coté, i.° que,
(i) e. M. tom. », pag. i5o et suiv. ' '
(a) Voyez et comparez les ouvrages suivans: