Hist. nat. des minéraux, par M. Patrin (an 9, pag. 5i
3.° Traité de min. par M. Brongniart ( 1807, tom. 3, pag. 34?)-
4-° Statut, de M. Hœck ( 1800) et de M. Uasscl ( » 8q5) déjk citées (chap. de l’Autriche).
Slercucr.
Plomb.
suivant Fermer, «les mines d’Idria seroient capables de four- » nir de mercure, non-seulement tout l’ancien continent, » mais encore tout le nouveau monde»; î.° que ces mines ont eu besoin , depuis quelques années , de réparer le tort qu’elles avoient éprouvé pehdant la guerre, vers le commencement de ce siècle; 3.” qu’à la même époque, le gouvernement autrichien s’est engagé, à ce qu’on assure, à fournir annuellement à l’Espagne une quantité de mercure assez considérable; 4* que l’activité des mines et Usines d’Idria s’est fort occrue depuis quelque temps; 5.® enfin, que les exploitations de l'Allemagne paraissent devoir, ainsi que noos l’avons indiqué à Farticle de l’Espagne , procurer annuellement dix à douze mille quintaux de mercure aux mines d’or et d’aTgent de ■l'Amérique, on sera peut-être porté à croire avec moi que, dans l'état actuel des mines d’Idria , le gouvernement ne s'en 'tient point à la règle'ârrciemte qui a Voit f:xé l’extraction à trois mille quintaux jiàr armée. G est d’après ces motifs qwe te 'tableau présente, à cet égard, le uombre énoncé dans le&tdalistiqites les plus récentes.
LesminesetUsiOèsdèBleÿberg, de Vill6cfr,etC.dsnsta Haute- Clàrinllrie, livrent utuiuellemeni au commercé deux tfoi^ antatit de plomb que tout le réste'de la monarchie autrichienne (V). H existe dans la même province des fabriques de céruse qui mettent à profit les produits de ces établissemens. ,
Lorsque je visitai les. mines de la Boliéme, en i8o5, celles de Joachimslhal , qui sout en exploitation depuis l’année
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(1) f'oye*. dattslc :J6umal tics iulnTs altehrand indiqué ci-dessus , premier vol. •( Frcyberg , ^795 ), le MAnoirre intitulé, Bergiverke in
Kaernien, pag. 89 cl suiv. * ' ; :r' : ’
i5i6, étoient dans on état de décadence très-alarmant pour toute la contrée. L’usine de cet endroit n’obtenoit plus, des minerais de Joachimsthal, qu environ quatre cents quintaux de plomb par année; le reste du produit indiqué sur le tableau provenoit des ruines de Miess et de Bleystadt. Dans les autres parties de la monarchie autrichienne, si l’on en excepte la. Styrie, le plomb n’est, en général, qu’un produit accessoire des mines d’autres métaux. Un Mémoire déjà cité nous apprend qu’en Hongrie le principal objet de l’exploitation du plomb, qui a lieu à Sckcmnitz, est de fournir aux usines de Cremniu et de Schernowitz les quantités de ce métal qui leur sont nécessaires pour le traitement des minerais d’argent. Vers 1773, on obtenait annuellement à Cremnitz six mille neuf cent soixante-dix-neuf quintaux de litkarge (plomb Qxidé), et à Schernowitz six mille quatre cent cinquante-six quintaux de la même substance, par la coupellation du plomb argentifère (1). Ces quantités de lilharge représentent onze à douze mille quintaux de plomb à l’état métallique; mais il y a lieu de croire , d’après ce que nous avons vu plus haut , qu’aujourd'bui celte production annuelle a presque diminué de moitié.
Tous les auteurs estiment le produit annuel des mines de enivre de la Hongrie de trente-cinq à quarante mille quintaux (a). En 1787, la Hongrie a exporté pour deux millions
(1) V o/e; Journal des mines allemand indiqué ci-dessus, premies, volume de l’année 1790, pag- ai S, tableaux Q et H du .Mémoire sur la Hongrie*
(a) Voyez les Statistiques déjà citées et les divers Traités de métallurgie, de technologie, etc,
Cuivre.
deux cent quatre-vingt-dix raille florins de cuivre , tant brut que manufacturé. Suivant la statistique de M. Hassel, toutes les mines de la monarchie autrichienne donnent annuellement plus de soixante mille quintaux de ce métal. Une grande partie de l’argent qui provient des mines autrichiennes est retiré du cuivre, par la liquation : le cuivre noir du Bannat de Temeswar contient plus d’un marc d’argent par quintal ; celui de Neusohl tout au plus six onces, et celui de Schmcelnitz six à sept (i).
Eui* La Bohême est la seule partie de la monarchie autrichienne
qui présente des mines d’étain. Lorsque je les visitai en i8o5, les plus considérables étoient celles de Scihlackenwald. Cette exploitation, qui est divisée en trois arroodissemens nommés Huberhauplwerk , Schœnfeld et Annagebürge , occupoit en tout cinq cents ouvriers. Son produit total composoit la moitié de la quantité d’étain que fournit annuellement la Bohême. Les mines de Schlackenwald , qui avoient été menacées d’uu délaissement absolu quelques années auparavant, sp relevoient alors, et promettoient d’heureux résultats des grands travaux qu’on y avoit exécutés depuis quelque temps: on y continuoit une galerie d’écoulement, dont la longueur totale doit être un jour de trois mille toises. Les travaux souterrains n’avoient pas, en général, plus de quatre-vingts toises de profondeur, parce qu’une partie étoit encore sous les eaux. Cependant
(i) Statist. des Kœn. Ungern ( Pest, >798), pag. 176. U pareil que ces quantités composent une partie essentielle du produit en argent des mines de la Hongrie. M. le comte Dunin, qui les a visitées depuis peu, m’assure qu’aujourd’hui les mines d’argent, proprement dites, ne fournissent, à Sckemnitz, qu’environ seize mille, et à Cremniu que mille marcs , année commune.
l'extraction des minerais permettoit de maintenir l’usine en activité pendant cinq mois de l’année; on obtenoit par mois environ deux cents quintaux d’étain. Les mines d’Aberlham, qui sont situées plus près des frontières de la Saxe , occupoïent, à la même époque, environ deux cents ouvriers, et ne fournissoient que la moitié de la quantité d'étain énoncée pour Schlackenwald. Les travaux souterrains d’Aberlham , qui sont ouverts depuis deux siècles et demi, étoient parvenus, ainsi que plusieurs des mines de la Bohême , à une profondeur de deux cent cinquante toises. On a annoncé, en 1807, que les mines d’Aberlham venoient d’être victimes d’une inondation. J’ignore leur état actuel. La partie des mines de Zinnwald, qui dépend de la Bohême, donnoit, à l’époque de mon voyage, environ cinq cents quintaux d’étain , année commune.
Les autres exploitations du même genre, qui se trouvent à Platten et à Seifen, fournissoient peu de ce métal.
Le fer est l’objet d’exploitation le plus généralement répandu F», dans les divers états autrichiens. L’auteur d’un des meilleurs Traités que nous ayons sur l’art des mines, Delius estimoit, il y a quarante ans, que la quantité de fer produite annuellement par toutes les exploitations de la monarchie autrichienne, composoit une valeur de plus de quatre millions de florins (1). D’après le prix que le fer coûloit à Peste il y a treize ans ( 8 florins le quintal en 1 796 ) , cette valeur n’indiqueroit qu’une production annuelle de cinq cent mille quintaux (a); mais
(i) Voyez Delius’s Anleitung su der Bcrgbaukunst ^ Vienne, 1773), et la traduct on par M. Schreiber, intitulée : Instruction sur lart des mines (Paris 1778, tom. a, pag. 33a etsuiv.).
(a) Statist, des Kaen. Ungcrn (1798, pag. 178).
Commerce detpro* «luit» minéraux.
l’on sait, d'un côté, combien celte marchandise a augmenté de prix depuis quarante ans; de l’autre, combien l’activité s’est accrue dans toutes les usines à fer. La statistique de M. Hassel nous indique', en Styrie, cent vingt-neuf forges avec trois cents feux d’aflinerie , tant pour fer que pour acier, et vingt-sept fabriques de faux, etc.; eu Carinthie, vingt fourneaux pour la fonte du minerai , deux cent soixante-sept forges et cent quarante-neuf tréüleries (1); en Autriche, douze grandes et trente-sept petites forges, avec une multitude d’ateliers analogues, qui, auprès de la seule ville de Steyer, occupent plus de douze mille ouvriers; en Bohême, cent soixantedix-neuf usines à fer, qui occupent deux mille cinq cent dixsept fondeurs et forgerons; en Moravie, vingt-deux usines; en Hongrie, dans le comté seul de Gomoer , viogt-deux forges. M. Hteck indique, dans la Carniole, onze usines à fer considérables avec des fabriques accessoires. Nous savons en outre, par des renseignemens annoncés ci-dessus, que la Galicie possède quarante-deux usines du même genre. On ne s'étonnera donc point de voir, sur notre tableau statistique, le produit annuel des mines et usines à fer de la monarchie autri-> chienne porté à plus d’un million de quintaux. Plusieurs des nombres qui composent ce total sont extraits de registres; les autres résultent d’uue estimation fondée sur des faits.
On jugera, par ces détails, de l’inûuence que l’activité des
(i) On obtient, année commune, des exploitations ouvertes en Carinthie, trois cent quatre-vingt-seize mille six cent quarante quintaux de minerais de fer, dont le produit en métal est la quantité porte» sur le tableau. V ojres le Journal des mines allemand indiqué ci-dcssus ( 1795) premier volume, pag. 9a.
mines et usines doit exercer sur le commerce de chaque partie de la monarchie autrichienne. Cette influence est telle en Styrie, que l’exportation des métaux fabriqués dans cette seule province forme les deux tiers de son exportation totale qui, d’après plusieurs statisticiens, s’élève, année commune, à une valeur de trois millions cinq cent mille francs.
Les états autrichiens ne présentent d’exploitation de cobalt, proprement dite, que dans le cercle de Satz en Bohême. Il existe auprès de Platlen trois usines pour la fabrication du smalt : M. Hassel en indique huit pour toute la Bohême; elles tirent le cobalt de Joachimsthal, de plusieurs mines des environs, et quelquefois du dehors, à ce qu’on prétend, malgré les précautions qui s’opposent, sur les frontières de la Saxe, à l’exportation des minerais. Le cobalt qui se rencontre accompagnant d’autres substances dans quelques-nnes des mines de la Hongrie, de la Transylvanie et de la Styrie, n’est point, à ce qu’il parolt, l'objet d’une exploitation particulière : il en est de même du zinc, La Carinlhie est, je crois, la seule province autrichienne qui livre cette substance au commerce, à l’état de calamine; je n’en comtois aucune qui fournisse une quantité notable de zinc à Fétat métallique ; on assure cependant qu’en Styrie ce métal est devenu depuis peu l’objet d’un travail en grand. Les produits arsenicaux de la Bohême, de la Hongrie et de la Transylvanie, ne forment pas un objet considérable, non plus que le manganèse, le bismuth et Fanlitnoine. La Carinlhie fournit annuellement environ soixante quintaux de ce dernier métal. On obteooit, en iSop, aux mines d’étain de Schlackenwald, cinquante-quatre quintaux d'oxide d'arsenic tous les si» mois, par le moyeu des galeries de sublimation qui sont disposées auprès des fourneaux de
Combustibles fo«tilei,
grillage. La même opération se pratique dans quelques autres établissemens.
Les combustibles fossiles abondent, à ce que l’on assure, dans les états autrichiens; il en est peu jusqu’à présent qui aient éprouvé le besoin de les mettre à prolit. On indique cependant, en Bohême, trente-sept exploitations de ce genre; mais elles sont, en général, peu considérables. Celle qui est ouverte, depuis soixante ans, au village de Kutterschütz près Biiin, est la seule qui annonce des résultats intéressans; on connoit en cet endroit, au sein des roches basaltiques, une couche de combustible fossile, dont la puissance ou épaisseur excède huit toises. M. Reuss, qui a décrit dans le pins grand détail cette mine de houille (Steinkohlen-fVerk) , la regarde comme une des plus importantes que possède l’Allemagne (i). Au rapport de M. de Moll, on exploite, en Hongrie, auprès de QEdenbourg, et en Autriche, aux environs de Petten, des couches de houille ( Steinkohlen Floétze) de la formation la plus récente, dont la puissance varie de une à quatorze toises, et l’on a trouvé auprès deRiezing, non loin d’OEdenbourg, une couche de bois bitumineux épaisse d’une toise (a). En Carintbie, on exploite la houille, mais foiblement, auprès de Guttaring et de Saiut-Léonhard , dans la vallée dite Lavantlhal (3). La Styrie possède aussi ce combustible; on l’y
( i ) Orographie des Nordwestlichen Mittelgebirges in Bœhmen, par M. Reuss (Dresde, 1790), pag. 44- (a) a. M. tom, a, pag. 1 et 16.
(5) Mémoire sur les mines de la Carinthie, indiqué ci-dessus ( Bergwerkc in Kœrnten , pag. 95).
soumet à la distillation, auprès de Frolinsdorf, pour en obtenir le bitume ( Steinkohlenteer ) (»).
C’est en Galicie que l’exploitation des combustibles fossiles semble avoir faille plus de progrès dans les états autrichiens, quoiqu’elle n’y soit pas encore ce qu’elle devroit être, à ce qu’on m’assure. Le tableau que j’ai sous les yeux , concernant les mines de celte province, indique deux exploitations de bouille ouvertes pour le compte du gouvernement , et fournissant par année soixante mille korecz ou boisseaux de combustible, chacun d’environ trois pieds cubes et demi. Il existe en outre, dans le cercle de Cracovie, sept mines du meme genre exploitées par divers particuliers, et fournissant annuellement trente-cinq mille boisseaux.
Suivant M. Hassel, le soufre abonde dans plusieurs provinces de la monarchie autrichienne j mais l’établissement le plus considérable de ce genre est situé dans la Galicie, et fournit annuellement plus de dix mille quintaux de soufre. D’après un Mémoire indiqué ci-dessus, la Carinthie eu a fourni environ trois cents quintaux par an : les statistiques récentes n’en font pas mention.
Le vitriol et l’alun sont exploités principalement dans la Bohême , qui livre tous les ans au commerce pour quatorze mille florins environ du premier de ces sels, et deux mille quintaux du second (2).
Parmi les substances qui ajoutent encore à la richesse mi-
(1) Statist. de M. Hassel, premier cah. de l’Autriche, p. 27.
(2) Ibidem , p. 20 cl 27, cl l’ Errata qui concerne celle dernière, à la fin du 2.' cahier.
Vojez aussi a. AL 10m. 2 (SaJ/.bourg, i8o3), pag. 347-
S) aie*.
Vitriol , ilaib
Carrières , «le*
nérale «le la monarchie autrichienne, mais qui n’ont pu être comprises dans notre tableau, quoique donnant lieu à des travaux importons, on cite les pierres à bâtir et les meules de l’Autriche et de la Hongrie; les marbres de la Styrie et de la Carinthie; les serpentines de la Hongrie et de la Bohême; les pierres à fusil qu’on exploite en Galicie, auprès de Podgorze, et qu’on façonne à Brzeczan , en assez grande quantité pour en fournir toute l’armée autrichienne; les terres salpétrées de Debrelzin en Hongrie, celles de la Bohême et de la Galicie (i); le pétrole qu’on recueille dans les mines de sel delà Transylvanie ; la tourbe qui est employée dans les salines de la Styrie ; les grenats dont l'extraction est depuis long-temps une ressource précieuse pour plusieurs contrées de la Bohême, aux environs de Meronitz, de Podsedlitz, de Semtsch et de Solan , etc ; les mines d’opale de Czerwenitza en Hongrie; enfin tes terres tant argileuses que siliceuses qui sont mises à profit par les fabriques de poteries de toute espèce qu’on trouve dans la Carniole, l'Autriche, la Hongrie, la Galicie et la Bohême; par les faïenceries de la Hongrie et de la Styrie;
(1) M. Hasscl rapporte «pie les fabriques de poudre à tirer «pii existent dans plusieurs provinces autrichiennes, suffisent non seulement au besoin de toute la monarchie, mais encore à une exportation assex considérable vers la Turquie. 11 n’est peut-être pas sans inlc'rêt «1e remarquer ici que plusieurs fabriques autrichiennes, par excmp’e ccde, de la Styrie, tirent beaucoup «le salpêtre de la Valachie et de la Moldavie. On assure que « peu de pays fournissent aussi abondamment que ces deux provinces turques, la houille, le suecin, le bitume et le salpêtre; c’est même à celle dernière substance ( nitrate de pousse) dont le sol est trop impr 'gné, que la Moldavie doit le froid excessif qui s’y fait sentir A. L. ( 1807) n.” 4°>-PaB- ^9-
par cent quatre-vingt-dix verreries que présente l’ensemble des états autrichiens, et surtout par celles de la Bohême, qui, vers 1801, employoient près de deux mille ouvriers, et répandoienl dans le commerce une telle quantité de marchandises, que la valeur annuelle en étoit estimée cinq millions de francs (1). ,
(1) Voyez Statist. de M. Hassel, chapitre de l'Autriche, et l’ou-* vrage déjà cité de M. Reuss, concernant les montagne* de la Bohême, pag. i45 et suiv.
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