ROYAUME DE BAVIÈRE
Les mines de la Bavière proprement dite ont été décrites,' il y a près de vingt ans, par M. Flurl , officier des mines de ce pays ; celles du Tyrol l’ont été par MM. Jars et Duhamel , de l’ancienne Académie des sciences. On trouve quelques résultats plus récens dans les tableaux statistiques de M. Hœck et dans ceux de M. Hassel : tels sont les guides que nous suivons dans ces recherches (1).
Le fer est le principal objet d’exploitation dans l’ancienne Bavière. On y rencoulre, surtout aux environs de Amberg, un grand nombre de fonderies et de forges. Les principautés de Neubourg et de Sulzbach, de Bamberg et de Eichstædt, présentent beaucoup d’établissemens relatifs *au même métal.
La bouille abonde dans plusieurs de ces contrées; mais elle n’est exploitée avec quelque suite qu’aux environs de Tcelz. Sept mines de ce genre sont en activité dans la principauté de Bamberg, où il existe aussi quelques fabriques de vitriol (sulfate de fer) et d’alun.
Outre ces substances, on n’exploite, à ce qu’il paroft, que des quantités peu considérables de plomb auprès de Freybourg
(1) Voyez Beschreibung der Gebirge von Bayern , par M. Flurl (Munich, 179a), pag. 104, 127, 161 , 207, aa4, 353, 371 et
a.® Voyages métallurgiques , par MM. Jare et Duhamel (Paris, 1781), tom. 1, pag. 64; et tom. 3, pag. 17.
3.® Statistiques indiquées ci-dessus (Hambourg, 1800, et Brunswick >8o5 ).
et de terre plombifère auprès de Dietfurth , dans la principauté de Sulzbach; mais nous lisons, dans un de ces précieux recueils de faits, dont M. de Moll a enrichi l’art des mines, qu’on a découvert, il y a quelques années, non loin de Bamberg, sur le territoire de Kronach et de Rupferberg, qui est contigu aux montagnes dites Fichtelgebirge, une immense quantité de houille, à proximité des minerais de fer, de plomb et de cuivre qui abondent dans cette contrée. On sait que d’anciennes mines de ces métaux y étoient encore en activité dans le dix-septième siècle; mais que, depuis cette époque, l’affluence des eaux les avoit fait abandonner : l’on espère les plus heureux résultats de la découverte des couches de combustible, dont la puissance paroit considérable (i).
La réunion du Tyrol à la Bavière a déjà fort augmenté la richesse minérale de ce royaume. Outre les exploitations de cuivre et argent qui sont ouvertes dans les montagnes de Falkenstein auprès de Schwatz, il existe beaucoup de mines du même genre, et une seule exploitation de plomb, dans un rayon de vingt lieues autour de cette ville. On remarque surtout la mine de cuivre nommée KitzpüJU, dont l’exploitation étoit poussée jusqu’à cinq cents toises de profondeur, en 1 709, époque à laquelle M. Jars observa les mines de la Hongrie, de la Bohême et du Tyrol , avec son digne collaborateur M. Duhamel , aujourd’hui inspecteur-vétéran des mines de France, et membre de l'Institut. Il étoit question dès-lors d’abandonner cette exploitation , qui passoit pour la plus profonde qu’il y eût en Europe. On y avoit déjà laissé monter les eaux jusqu’à une hauteur de deux cents toises.
(1) a. M. tom. 3, pag. 35a (Saizbourg, 1803).
T, roi.
Cuivre et argent.
Il existe à Brixlegg, à quatre lieues de Schwatz, une fonderie centrale établie aux frais du gouvernement; c’est dans cette usine que les compagnies d’exploitans livrent leurs minerais, lorsqu’elles n’ont point de fonderie pour les traiter. Vers 175g, toutes les mines du Tyrol fournissoient annuellement dix mille marcs d’argent. A des époques antérieures, leur produit annuel s’étoit élevé au double de cette quantité; mais depuis il a encore éprouvé une dimiuulion considérable , d’après les statistiques les plus récentes. f«. L’exploitation du minerai de fer est en grande activité à
Kleinboden, non loin de Schwatz. Les forges de cet endroit, et deux autres qui sont situées aux environs, occupoient quatre cents ouvriers, lorsque MM. Jars et Duhamel les visitèrent; elles fournissoient annuellement pour cent soixante-quinze mille francs de fer. Il existe plusieurs autres établissemens du même genre dans toute la contrée qui s’étend depuis le Voralberg, ou la partie occidentale du Tyrol, jusqu’à son extrémité orientale, dans laquelle les environs de Lientz présentent un grand nombre d’ateliers de ferronnerie, et particulièrement de fabriques de faux. La contrée de Slubay étend sou commerce de fer, à travers l’Italie , jusqu’en Espagne.
Carrière* , «le. Outre ses mines et usines proprement dites, le royaume de Bavière possède de belles carrières de marbre , et surtout beaucoup de moulins à plâtre. On y polit le marbre, à Stadlseinach; on y taille les pierres à fusil, à Cronach; on exploite, sur le territoire de Weilheim, des pierres à aiguiser, qui passent pour les meilleures de l’Allemagne : il existe auprès d’OIstadt trente-trois moulins pour les polir. Enfin , le Tyrol présente aussi des pierres à fusil et des pierres à meule.
On compte, dans tout le royaume, dix verreries, dont les
principales sont situées aux environs de Amberg. Il existe, dans celte même contrée, dans celle de Neubau et dans plusieurs autres, de nombreuses fabriques de poterie. Passau livre au commerce des creusets estimés et de la porcelaine. On a calculé , en 1 79a , que le travail du verre occupoit directement en Bavière deux mille trois cent quatre-vingt-dix-sept ouvriers, tant maîtres qu’apprentis , et le travail des poteries, neuf cent 'trente-sept. Les manufactures métallurgiques mettent aussi en activité un nombre d’hommes très-considérable, particulièrement dans les contrées dont les mines et usines sont indiquées ci-dessus.