ROYAUME DE SAXE
Les principaux produits des mines de la Haute-Saxe sont l’argent, l’étain et le cobalt. Les exploitations les plus considérables sont, pour l’argent, celles de Freyberg; pour l’étain, celles d’Altenberg • pour le cobalt, celles de Schneeberg. On verra, par le résumé suivant, dans quelle proportion chacun des arrondissemens de mines qui sont situés dans le cercle des montagnes métallifères (Erzgebirge) fournit, année commune, les trois principaux objets de l’exploitation.
D’après les registres des années indiquées ci-dessous , comme offrant à peu près un terme moyen de production pour chaque endroit (i),
On obtient annuellement :
Des mines de
Aon/Vs
Mare*
firyt
Qiictaii
délais
Qdauii de Misent de cobalt.
Marienbcrg
Annaberg ......
Schcibcnbcrg
. (idem). . .
Obcrwicsenlhal. . . .
. (idem). . .
Johann-Ccorgensladt .
. (idem). . .
Schneeberg
Geyer.
Ehrcnfriedersdorf. . .
. (idem). . .
Altenberg
. (idem). . .
Frcyberg
(*) V ojres les états officiels qui sont imprimés, tous les ans, dans les villes de mines ( Bergstædte) du Ercgebirge, sous le titre : Aitsthcilung der Ausbeute , etc. ou Etals de produit net et de produit brut des mines et usines, aussi nommés Ausbcule-Bogen.
Nons savons, d'après M. deTrebra , chef de l’administration des mines dans le Erzgebirge, que, dans le dix-huitième siècle, le plus fort produit des exploitations de Freyberg, considérées seules, a été celui de l’année 1794, qui s’élevoit à cinquante mille sept cent trente-deux marcs d’argent, ét le pins foible, celui de l’année 1763, qui se bornoit à douze mille deux cents vingt-huit marcs (1). Depuis quarante ans, les progrès de l’art des mines et usines ont assuré aux établissexnens un produit annuel toujours beaucoup plus près de celni de 1 794 que de celui de 1 763. Le prodoit brut s’est élevé en 1791, pour tout le Erzgebirge, à cinquante-six mille cent soixante-un marcs d’argent; en 1801, il fut de cinquante-deux mille six cent cinquante-neuf marcs (a), et nous venons de voir que, en présentant un terme moyen de production annuelle pour i8o3, i8o5 et 1807, le résumé ci-dessus indique cinquante-deux mille quatre cent quatre-vingt-huit marcs : c’est de la comparaison de ces faits que résulte le nombre énoncé sur le tableau.
Parmi les exploitations du Erzgebirge, il n’en est point qui aient été jadis plus florissantes que celles de Marienberg. On rapporte qne , dans le seizième siècle , il s’y est rencontré souvent des minerais qui donnoient an quintal cent soixante-dix marcs d’argent , et que ces minerais riches se sont quelquefois offerts au mineur près de la surface du terrain. Depuis l’année i5ao jusqu’à la fin du même siècle, les actionnaires de ces mines obtinrent, en produit met, une somme qui équivalent à
(1) Merkwürdigkeiten der tieferi Hauptstœllen des BergamU reviers Freyberg , par M. de Trebra (Dresde, 1804), pag. 14.
(a) Voyez Statist. de M. Hœck et de M. HasseL
Frejberjj.
BUrieabrrg,
Schnecberg.
Rickfue des mil 4c Frfjbcrf.
peu près à quatorze millions sept cent vingt* sept mille 6i"x cent soixante-douze francs; mais, uaus le cours du dix-septième siècle, la ville de Marienberg, victime de plusieurs genres de fléaux, et notamment de la guerre, eu iG3a, vit décheoir' la richesse de ses mines, qui, depuis celte époque, n’ont pu être remises en état de développer toutes leurs rcsi sources (i).
Pour peu qu’on se soit occupé de minéralogie, on a entendu parier d’une masse de minerai, qui donna, vers la (iu du quinzième siècle, quatre cents quintaux d’argent, et sur laquelle le duc Albert de Saxe alla tenir table au fond de la miue de Saint- Georges, près Schneeherg. Si nous faisons menlioo de celte merveille, que l’on n’a que trop souvent citée comme un ternie de comparaison propre à mesurer l’importance de l’exploitation des mines, c’est uniquement pour remarquer que les mines de Schneeberg, ouvertes dans le quinzième siècle comme mines de fer, si vantées dans le siècle suivant comme mines d’argent, sont, depuis deux siècles, beaucoup plus importantes, comme mines de cobalt, que ne l’ont jamais été certaines exploitations, même très-produetives en or et en argent natifs (a).
11 y a déjà long-temps que les mines d’argent, les plus riches du Krzgebirge, sont celles de Freyberg. On estime que, depuis le milieu du seizième siècle jusqu’au milieu du dix-septième, ces mines ont fourni, dans l’espace de cent années, huit
(i) ErklœrHngen der Bergwerks-Charte von Marienberg , par M. de Trebra (Annaberg, 1770), pag. 3a, 43, et autres.
(a) Mineralogische Géographie von Sachsen, par M. Wilhelm von Charpentier (Leipzig, 1778), pag. .287.
mille quintaux d'argent; depuis i65o, le produit brut s’est accra d’année en année, et l’on sait avec certitude que, depuis 176a jusqu’en 1801 , c’est-à-dire en quarante ans, les mines de l’arrondissement seul de Freyberg ont fourni six mille trois cent quatre-vingt-un quiutaux cinquante-quatre livres de ce métal. Les actionnaires des mines de Freyberg ont reçu, en produit net, pendant le dix-septième siècle, malgré la guerre de trente ans, une somme totale de huit millions sept cent soixante onze mille cinq cent quatre-vingt-dix-huit francs; ét, pendant le dix-huitième, malgré la guerre de sept ans, une somme totale de quatorze millions deux cent vingt -cinq mille six cent soixante -quatre francs. Une gronde partie de ce produit net a été fournie par les deux mines nommées Himmclsfürsl et Beschert-glück. Ces exploitations sont propres à faire naître, à l’égard du Etzgebirge, des réflexions analogues à celles que nous avons présentées (pa'g. 85) concernant les deux principales mines du Hartz. La mine dê HimmélsfürSt et celle de Beschert-glück ont livré aux usines de Freyberg, la première «depuis 1769, la seconde depuis 1786, jusqu’à la fin de i8o3, une quantité d’argent qui ’ s’élève, pour les dëtix, à quatre Cènt soixante-dix-neùf mille six cent cinquante-neuf marcs. Le produit net que ces deux mines ônt distribué à leurs actionnaires, pour ce même espace de- temps, équivaut à une somme totale de trois millions huit cent cinquante-trois mille cent-quarartte-hdit fraucs (t). ■ 'l • n/ >.< :.m.
On s’est oèéupé avec suctès',' dsins ces dernières années, dfbhtenir l’ôé qui est contenu, én‘ très-petite quantité dans ,-f •* ' !■;.)!■ ■ .<1 t! ; ■ ; «I> 1 -"i i' •> .... i‘ 1' 1 , ! i
(1) Ouvrage indiqué ci-dessus, de M. de Trcbra (Dresde, 1804),
pag.-' 13. ••
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Inpatunc. i«i ainés d'éuia.
Vais* de Scka««k*rg-
i’argent du Erzgebirge. Eu 1801, on en retira quatre marc* trois onces d’or.
Les mines d’étain d’Altenberg étoient ouvertes dès le milien du quinzième siècle; mais, dans le dix-septième, elles furent menacées d’une ruine totale par l’effet d’une mauvaie administration, ainsi que nous le verrons ailleurs. Aujourd’hui ces mines sont dans un état d’activité qui, joint à la disposition permanente de la masse de minerais qu’on y exploite, donne lieu de regarder comme un produit constant la quantité d’étain portée sur le tableau.
On a obtenu,
En 1791, de* mines de toute la Saxe a, 555 «•*■<»«■
En 1801 idem ........ 3,476
En 1 803, de» mines d’Altenberg considérées seules. 1,774
En i8o3 idem ........ a. 122
En 1804 idem 1919
Pour apprécier l’importance des mines d’étain que possède la Saxe, il suilira de se rappeler que ce royaume et la Bohême sont les deux seules parties du continent européen où l’ou exploite ce métal d’une manière soutenue. Sans le produit de ces deux contrées, qui n’est, à la vérité, qu’environ la douzième partie de la quantité d’étain que la Grande-Bretagne obtient annuellement do es mines, l’Europe seroit ou privée d’un métal nécessaire à plusieurs arts, ou réduite à l’acheter exclusivement de l’Angleterre. La Saxe livre annuellement au commerça extérieur pour trois cent raille francs d’étain. D’un autre côté, ce pays, est, sans contredit, celui où l’exploitation et le travail ultérieur du cobalt présentent les plus grands résultats. . , .......... . . .. . ,
Nous avons indiqué ci-dessus que la quantité de minerais
de coïtait que fournissent les mines de toute la Saxe, s’élève, année commune, à huit mille deux cent un quintaux. Ce n’est que par un calcul approximatif que nous pouvons estimer qu’il résulte , de la quantité de minerais énoncée ici comme un terme moyen , vingt mille quintaux , tant de safre que de smalt, à soixante-quatre francs le quintal. Il est à présumer qu’il se fabrique tantôt plus , tantôt moins de cette marchandise , dans les cinq usines qui sont en activité auprès de Schneeberg, parce que tout leur produit n’est pas de la qualité médiocre que suppose notre calcul ; nous avons dû nous contenter d’une approximation à l’égard de ces établissemens qui sont fermés au public : quand même ils seroient entièrement connus, nçus ne pourrions présenter ici qu’un terme moyen propre à exprimer l’importance relative de ce genre d’exploitation. On sait généralement que les usines de Schneeberg répandent, tous les ans, dans le commerce, une quantité de marchandises dont la valeur peut varier entre trois cent et quatre cent mille rthlr., c’est-à-dire entre douze cent et seize cent mille francs. Le nombre énoncé sur le tableau est suffisamment conforme à cette estimation, d’après le prix moyen què nous avons adopté. Quelques détails pourront paroitre nécessaires pour justifier les résultats que nous présentons à cet égard.
Le prix des marchandises qui proviennent des minerais de Commerce do «• cobalt est aussi variable que les proportions de sable ( ou llU' silice) qu’on peut ajouter aux divers minerais de ce genre , dans la préparation du verre bleu, et que les autres circonstances qui influent sur la beauté du smalt. On estime que. dans les travaux en grand, la plus forte addition de sable pur, qui puisse «voir lieu sans que le smalt perde son éclat , n’excède pas , en
Prix du «malt bleu de cobalt.
général , trois parties de silice contre une partie, de minerai de cobalt, et que l’addition s’élève rarement jasque-ià. D’un autre côté, nous allons voir que le prix du smali est près de quatre fois ajissi considérable pour les qualités supérieures, qu’il l'est pour les qualités inférieures de celte marchandise.
On veudoit, à Schneeberg, en t8o5, le saflor et le smalt des diverses qualités, pour les prix qui sont indiqués ci-après au moyen de leurs limites :
t.° Smalt ou azur dit B loue Farben.
Le qu'nlat dé 111 livre*.
— Première qualité désignée par FFFC 4.7 * rthlr.ou
184 fr.
— Sixième et dernière qualité , désignée par OH
a.° Smalt en poudre fine, dit EscheL
— Première qualité désignée par . . . FFFE.
— Cinquième et dernière OEces.