OS
(i) Si nous avions admis le prix de la qualité de smalt désignée par OEges, comme un prix moyen dans notre calcul, les vingt mille quintaux de celte marchandise, qui sont indiqués sur le tableau à l’article de la Saxe, cOinposcroient li peu près la plus haute valeur que l'on suppose généralement au produit annuel des usines de Schneeberg (un million six cent mille francs); mais un tel prix moyen seroit trop considérable pour les établisscinens analogues qui se trouvent dans quelques autres pays. D’un autre côte , si nous avions regardé comme prix moyen celui qui correspond à la qualité MCB, én nous arrêtant (ainsi que l’indique le tableau) à une valeur moyenne d’un million trois cent mille francs pour le produit annuel dm usines
Les minerais de cobalt sont livrés aux usines pour un prix très inférieur à celui du smalt qui en résulte. En 1807, les six mille sept cent trente-neuf quintaux de minerai , fournis p tr les exploitations de Schneeberg, leur ont été payés quatrevingt-deux mille deux cent quatre rthlr. Il s’ensuit que le prix moyen des minerais de cobalt n’excède pas quarante-huit francs par quintal, et que la valeur donnée à cette substance par le premier achat se trouve au moins triplée par la conversion en smalt de l’espèce la plus commune.
Daprès la statistique de M. Hassel, le royaume de Saxe exporte annuellement pour trois cent mille cinq cent quarante rthlr. de smalt. Cette valeur, qui corresj>ond à un million cent soixante mille francs, s’accorde avec le produit annuel que nous avons adopté sur le tableau, si l’on admet, ce qui
de Schneeberg, nous aurions pu énoncer, à l'anicle de la Saxe, vingtcinq mille quintaux de smalt; nous aurions même poussé l'estimation jusqu'à trente mille quintaux, mais point au-delà, en admettant que la plus haute valeur que l'opinion publique suppose aux produits de Schneeberg provînt entièrement de l'espèce de marchandise la la pl us commune; mais, si l’on veut admettre qu’il sorte, année corrmune, pour un million six cent mille francs de marchandise de> usines de Schneeberg (ce qui pourrait être exagéré), en calculant le nombre moyen de quintaux qui correspond à cette valeur, d’une pari, au prix de qualre-vingt-douxc francs, qui est la moitié du plus haut piix indiqué ci-dcssus, de l’autre, au plus haut prix lui-même, qui ot cent quatre-vingt -quatre francs; on trouvera, pour le premier cas, une production annuelle d’environ dix-sept mille quintaux de sinalt; pour le second, une production annuelle de huit mille quintaux. Ce sont ces considérations qui ont donné lieu d’adopter, comme des termes moyet s , le prix cl la production annuelle du smalt que nous avons énonces.
Frit Je» minerais de cobalt.
Exportation du imatt.
Plomb et cuItt#.
Parallèle du Erigé* fcirgc et dv Hart*.
est vraisemblable, que ce royaume livre au commerce extérieur douze fois autant de smalt qu’il eu consomme à l’intérieur.
Le plomb et le cuivre sont, dans le Erzgebirge, des objets accessoires de l’exploitation des mines. Nous devons observer à ce sujet que l’on s’est trompé quelquefois en comparant f quant à l’emploi des procédés métallurgiques, les exploitations du Hartz et celles de Tarnowitz eu Silésie, qui sont des mines de plomb tenant argent, soit avec les mines du Mausfeld, qui sont des mines de cuivre argentifère, soit avec les exploitations de Freyberg, qui sont, à proprement parler., des mines d’argent , d’où l’on extrait une certaine quantité de plomb et de cuivre.
Comme les mines du Erzgebirge et celles du Hartz ont été souvent observées par les mêmes personnes et décrites par les mêmes auteurs, ces deux contrées ont donné lieu, plus d’une fois, à des comparaisons qui n’ont pas toujours été justes ; qu’il me soit permis de saisir cette occasion d’en esquisser un parallèle.
Nous avons déjà remarqué, au sujet des mines du nouveau monde, que, même pour le traitement des minerais d'un même genre, les circonstances naturelles, les circonstances économiques et les circonstances politiques, en un mot, les localités , qu’il est impossible de perdre de vue dans l’application en grand des procédés techniques, sont susceptibles d’interdire, dans -un pays, l'introduction des méthodes qni conviennent dans un autre. Il ne sanroit y avoir de théorie générale pour un calcul qui, dans la pratique, doit admettre tant d’élémens variables. Nous ne chercherons donc point à prononcer, comme l’ont fait tant de personnes, entre les
mines de Erzgebirge et les mines du Hartz , soit d’après la quantité de plomb et de cuivre, soit d’après la quantité d’ar»v gent que fournissent annuellement les unes et les autres, soit enfin d’après les procédés qui se pratiquent dans les divers ateliers; mais si nous embrassons d’un coup-d’œil l’un et l’autre ensemble de mines et usines, nous ne pourrons que les admirer tous les deux. Nous n’examinerons point si les procédés d’amalgamation, que les localités de Freyberg rendent trèsavantageux et même indispensables pour une moitié de ses minerais d’argent, seroient applicables à une partie des minerais du Hartz, et si le traitement des minerais de plomb, par le moyen de la fonte de fer, tel qu’il se pratique avec succès dans les usines du Hartz, procureroit, comme il y a lieu de le croire, plus de plomb aux usines de Freyberg qu’elles n’en obtiennent par leur procédé actuel Un seul fait me paroit devoir éloigner ces discussions : c’est que le Hartz est un ensemble d’exploitation de minerais de plomb, situé au milieu de vastes forêts , et environné de grandes usines à fer; un ensemble qui n’a d’autre ressource que l’emploi de beaucoup de bras par les mines et usines, tandis que le Erzgebirge est un ensemble de mines d’argent , situé dans une contrée agricole et commerçante, mais dépourvue de bois, dans une contrée où la fonte de fer seroit toujours beaucoup plus coûteuse pour le traitement du plomb qu’elle ne l’est dans les usines du Hartz. Arrêtons-nous à quelques autres circonstances locales: que l’on jette les yeux, d’un côté, sur les roches feuilletées du Erzgebirge ( Gneiss ) qui se laissent diviser sans effort en pierres planes et faciles à assembler; de l’autre , sur les roches dures du Hartz ( Grauwacke ) qui ne présentent naturellement que des éclats anguleux , et
Mine* et torêu.
Rôtie*,
Fan ei moDtagnei.
Motif* de* procéder .
Coup-d'izil «or d'atr •m paj> de mm».
qu’on ne taille qu’avec beaucoup de peine; on s’expliquera pourquoi, dans le Erzgebirge, on soutient le plus souvent les puits et les galeries par le inuraillement, tandis que, dans le Hartz, on préfère la charpente pour cet objet. Considérons aussi le climat du Hartz, ses neiges abondantes, ses montagnes sur les flancs desquelles on creuse facilement des conduits propres à recevoir les eaux , et à les porter comme en dépôt dans un col de vallée fermé par une digue, tandis qu’on n’obtiendroit le plus souvent les eaux qu’en trop petite quantité et à des niveaux trop bas, si l’on devoit se contenter, pour cet objet , des petites rivières qui prennent leur source dans les montagnes. Remarquons, d’un autre côté, que le climat de Freyberg est moins âpre que celui du Hartz; que les montagnes sont, à Freyberg, moins entassées, moins escarpées; qu’une rivière assez forte, la Mulde, peut y être employée comme moteur; que d’ailleurs la nourriture des chevaux doit y être moins chère que dans le Hartz; enfin, que les chutes nécessaires d’enux-motrices y sont plus difficiles à obtenir, et les grandes machines en bois plus coûteuses à construire; nous verrons alors, sans discussion, pourquoi, dans le Hartz, il existe un grand nombre d’étangs pour le mouvement des machines, tandis que, dans le Erzgebirge, on n’en trouve que quelques-uns; pourquoi, dans le Erzgebirge, on fait un usage fréquent des machines d’extraction mues par des chevaux , tandis qu’au Hartz il n’en existe qu’une seule , qu’on emploie même très-rarement ; pourquoi , dans le Hartz , on est obligé de transmettre le mouvement des roues hydrauliques à l’aide de longs équipages en bois, tandis que le Erzgebirge n’est point hérissé de cet attirail dispendieux.
Si l’on examine de même, avec connoissance des localités,
les mines deTarnowitz , et les autres grandes exploitations de la Silésie, les mines de cuivre de Rolhenbourg dans le pays de Mansfeld, une grande partie de celles de l'Angleterre et de la France, et en général les exploitations des pays où l’on peut se procurer la houille en grande quantité et à un prix modique, on verra pourquoi l'emploi des machines à vapeur est répandu dans ces pays, tandis qu’il n'en existe aucune, ni dans le Hartz, ni dans le Erzgebirge, ni dans beaucoup d’autres mines célèbres. Veut-on considérer, relativement aux mines de l’empire russe, l’abondance de bois, en même temps que le vil prix du plomb et de la main-d’œuvre? On ne sera point étonné de voir qu’à Nertshinsck on exploite une grande quantité de minerais, uniquement pour obtenir du plomb, qui est, par lui-méme, sans valeur dans ce pays, et qui ne contient au quintal qu’un ou deux gros d’argent. On trouvera aussi que, dans certaines contrées, il suilitquele cuivre contienne une once d’argent pour qu’il y ait de l’avantage à le traiter par la liquation, tandis que, dans d’autres, il faut qu’il en contienne au moins quatre; en un mot, on aura sujet de se tenir en garde contre les règles trop générales et contre les jugemens trop prompts qui font abstraction des localités. Les hommes du métier me pardonneront, j’espère, cette digression ; elle pourra faire voir aux personnes étrangères à l’art des mines et usines , combien est grande l’erreur de ceux qui confondent, ainsi qu’il arrive souvent, un genre de mines avec un autre, et qui blâment ce qu’ils voient dans un lieu , uniquement parce que cela diffère de ce qû’ils ont vu autre part, comme s’il ex isloit, à l’égard des mines et usines, un type universel et une méthode exclusive. Revenons
t»int» de FffjWrf.
aux quantités de plomb et de cuivre que le tableau indique à l’égard des mines du Erzgebirge.
En i8o5, la masse totale de minerais de plomb, argent et cuivre, livrée par les mines de tout le Erzgebirge à l’usine de Halsbrück, qui est en activité sur la Mulde auprès de Freyberg, s’élevoit à cent un mille neuf cent cinquante-sept quintaux, contenant, d'après les essais, quarante-trois mille cinq cent vingt-six marcs d’argent. Eu y comprenant la réserve de l’année précédente, cette usine eut à traiter cent seize mille quatre cent sept quintaux de minerai , contenant cinquante mille cinq cent soixante-quinze marcs d’argent. Sur cette quantité, ou destina, i.°à l’amalgamation, soixantedeux mille deux cent cinquante quintaux de minerai , tenant vingt-neuf mille quatre cent quatre marcs d’argent; a.° au fondage des minerais pauvres ( Roharbeit ) ou travail de la matte crue , seize mille quatre cent quatre-vingt-trois quintaux, tenant mille six cent soixante-deux marcs; 3.° au travail du plomb, proprement dit, quinze mille sept cent vingt-neuf quintaux, tenant onze mille neuf cent vingt-un marcs; l\.° à la réserve pour l’année suivante, vingt-un mille neuf cent quarante-deux quintaux de minerai, tenant sept mille cinq cent soixante-un marcs d’argent. Des travaux d’amalgamation , et de l’ailinage qui leur fait suite, il résulta à peu prçs vingt-neuf mille trois cents marcs; des travaux de foudage, on obtint, y compris l'addition des produits à refondre, seize mille deux cent quarante-cinq marcs, contenus dans dix mille, quatre cent quatre-vingt-quinze quintaux du plomb argentifère, dit plomb d’œuvre ( fV erk) . Le travail du $uivre n’eut pour objet que trois cents quintaux de matte
concentrée (Durchstechstein) qui contenoient cent cinquantesix marcs d’argent (i).
Outre les mines de Freyberg et celles de Sangerhausen , dont il a déjà été question ( voyez page 22 et le tableau statistique), la Saxe ne possède plus d’exploitation qui puisse lui procurer le cuivre, que dans le Voigtland, auprès de Neustadt sur l’Orla. Les principales mines de cuivre de celte contrée sont celles de Camsdorf, dont les produits peu considérables sont expédiés à l’état de cuivre impur, ainsi que ceux de Freyberg, pour l’affinage et le travail ultérieur, à l’usine de Grünthal, qui est située auprès d'Olbernau sur les frontières de la Bohême. Lorsqu’une partie du Mansfeld appartenoit encore à la Saxe, ce royaume tiroit déjà de l’étranger, malgré l’activité de ses mines, pour plus de huit cent mille francs de cuivre par année. Le travail ultérieur de ce métal s'opère en Saxe dans huit ateliers de martinets, une fabrique de laiton , une de tombac et six tréhleries.
Les exploitations du Erzgebirge ont fourni, en 1791, d’a- ^ <«■ près M. Hœck , quinze mille sept cent cinq foudres de minerai de fer; en 1801, d’après M. Hassel, dix-neuf raille neuf cent quarante-un foudres. (Un tel foudre est, en général, une mesure de i5 à 20 pieds cubes. ) Voici quelle a été, dans les
(1) Voyez , pour les détails des diverses operations, et pour le* résultats obtenus dans l'année 1801 , 1.° le Manuel de métallurgie ( Handbuch der Hüttenkunde ), par M. Lampadios (Gotlingue,
1804), 2.* partie, pag. 75 et suiv.; pag. 246, etc.
2 ° La Description des procédés d’amalgamation employés dans l’usine de Halsbrück près Freyberg ' ( Kitrze Beschreibung der Amalgamirwerke , etc.) par M. Toussaint von Charpentier (Leipzig,
Vtiat' à fer.
années indiquées ci-après, la quantité de minerais livrée aux usines à fer par les divers arrondissemens; savoir:
Pas les hines de *„*».
Johann georgenstadt (i8o5) .
Schneeberg . . . .(1807) .
Scheibenberg .... (i8o5) .
Oberwiesenthal . . . (idem) .
Annabcrg (idem) .
Marienberg (idem) .
Gcycr (idem) .
Ehrenfriedersdorf . (idem) .
Aitenberg (idem) .
Glashütte (idem) ■
■la U r.
• 9>746 . 2,80a . 1,55a . i5o . So
Vndui pair
27,708 ribir.
Totaux. .. 1 5,8 16 37,164 rthlr. de Saxe*
— *ou 44,196 francs.
Les différences de prix suffiront pour indiquer quels sont les arrondissemens dont les minerais sont le plus recherchés , soit pour leur qualité, soit en général pour la convenance des usines qui les emploient. Le nombre total de foudres , qui vient d’étre énoncé, peut représenter deux cent mille quintaux de minerai de fer. Il ne comprend ni les minerais qu’on extrait dans plusieurs autres parties de la Saxe, par exemple, dans le pays de Henneberg, pour le service de l’usine à fer de Subi; et dans la Lusace, pour l’usine de Mückenberg; ni les pyrites (on minerais de fer sulfuré) qui sont employées pour d’autres opérations minéralurgiques j nous reviendrons sur ce dernier objet d’exploitation.
Suivant M. Hueck, il existe, dans le royaume de Saxe, vingtdeux usines à fer ; on peut admettre qu'elles présentent au moins douze hauts fourneaux ; de là le nombre énoncé sur le tableau.
M. Hassel indique, clans ce royaume, soixante-seize marteaux de forge, dix-neuf fabriques de tôle , quatre tréfileries , trenteneuf martinets pour la fabrication des outils, et deux fabriques d’acier.
Ou sait généralement que l’exploitation de la houille est bien loin d’avoir fait en Saxe autant de progrès que celle des autres substances minérales, quoique ce combustible soit abondamment répandu autour du Erzgebirge. Il est reconnu que l'insuffisance des mesures administratives, relativement aux mines de bouille, a privé cet état, pendant long-temps, d’une grande partie des ressources que lui offroit cette branche importante de sa richesse minérale; aussi le gouvernement s'est-il occupé, surtout depuis quelques années, de réformer les abus introduits par les entrepreneurs des mines de houille, et de donner à ce genre d’exploitation uue direction conforme à l’intérêt public.
Les exploitations de houille qui sont situées à Planitz, Buckwa , Oberhohendorf et Rainsdorf , aux environs de Zwickau, étoient en activité dès le seizième siècle. Elles sont remarquables par les traces multipliées d’inflammation que présentent les couches de ce combustible; c’est vers le milieu du dix-septième siècle que le feu s’y est manifesté. Nous lisons, daps un des recueils de Mémoires dont l’art des mines est redevable à la Saxe (i), que, par une ordonnance déjà ancienne , il est réglé suivant quelle proportion chacune des compagnies intéressées dans l’exploitation des mines de Zwickau , a droit aux quantités de houille qui en proviennent.
(«) Magasin fur die Bergbaukunde , par M. Lcmpe (Dresde, 1788), 5." parlie, pag, 36 cl suiv.
Mines de Zwickau.
Il paroi t que nous en pouvons conclure, à peu près, à combien se monte l'extraction annuelle de ce combustible. On calcule , d'après le règlement , que la distribution ou la vente ( Reihladung ) s’élève, chaque mois, à quarante mille pieds cubes, et l’on peut estimer que toutes les mines exploitées auprès de Zwickau fournissent annuellement quatre cent mille *■•*« ** f*ur quintaux de houille. Quant au reste de la quantité portée sur le tableau , c’est le résultat d’une estimation , fondée sur ce que les houillères ouvertes, soit dans la vallée de Plauen, soit à Berthelsdorf près Haynichen , soit à Schœnfeld auprès d’Altenberg, sont parvenues, depuis que le gouvernement s’est occupé d’en régulariser l’exploitation , à un degré d’activité qui permet de croire que leur produit annuel est le double du produit de Zwickau. D’après M. Has.se! , on a extrait, en 1801, des houillères situées à quelque distance de Freyberg, dix-neuf mille trois cent quatre-vingt-une tonnes , de combustible. Si, dans cette indication, il s’agit, comme je le
présume, de la mesure usitée dans les mines, il y a lieu de croire qu’elle ne comprend qu’une petite partie des houillères qui sont situées dans la vallée de Plauen , entre Freyberg et Dresde; c'est là que se trouvent les principales mines de ce genre, auprès de Burg, Potschappel, Dcehlen, Zauckerode et Kohlsdorf. L’exploitation est poussée, dans les houillères de Burg, jusqu’à trois cent vingt pieds de profondeur; mais, dans les autres endroits, elle ne va pas, en général, au-delà de cent pieds. Nous avons vu (page 27) que les mines de houille de la Saxe livrent au commerce extérieur une partie de leurs produits; ce sont principalement les mines de Potschappel qui fournissent à cette exportation. Quant à l’emploi de la houille à l’intérieur, pour les opérations métallurgiques, il n’est pas
encore très-élendn en Saxe. L’usine de Halsbrück n a consommé, en i8o5, que trois cent quatre-vingt-dix-huit tonnes de houille, qui provenoient de Dœhlen, Xauckerode , et principalement de Berthelsdorf près Hayuichen.
Une partie des minerais pyriteux de Schneeberg et de Geyer est soumise à une distillation, dont le produit est, année commune , la quantité de soufre énoncée sur le tahlean. En 1797, les minerais seuls de Schneeberg ont fourni deux cent cinquante quintaux de cette dernière substance} en i8o5, on a obtenu, des miuerais de Geyer, ceutcinquaute-sept quintaux de soufre brut, et de ceux de Jobanngeorgensladt, onze quintaux. En 1807, il est résulté, des minerais pyriteux de Schneeberg, deux cent un quintaux de soufre brut et cent vingt-un quintaux de soufre pur. Il paroit, d’après ces détails, que la production du soufre est un peu moins considérable quelle ne l’étoil il y a quinze ans; car, d’après M. Hœck, la Saxe produisit (en 1791) cinq cent soixante-huit quintaux de soufre.
Les minerais pyriteux jouent un rôle important dans le traitement des rainerais d’argent du Erzgebirge, comme nous l’avons déjà remarqué (page 360). i.° Il est nécessaire, à l’égard de l’amalgamation, que les minerais qu’on lui destine contiennent, dans le grillage préliminaire, assez de pyrite de fer ( Sch-wefelkies ) , pour que, dans la masse à traiter, il y ait par quintal environ trente-cinq livres de roatte sulfureuse ( Rohsteingehalt ) contre trois onces trois quarts d’argent; a.° à l’égard du fondage des minerais d’argent , pour obtenir ainsi trente mille marcs de ce métal , on a employé jusqu’à vingt mille quintaux de minçrais pyriteux,
Importance des pyrite*.
Vitriol.
▲noie.
qui coùtoient environ vingt mille francs ( à six gros le quintal ) (1).
La fabrication de vitriol a fait des progrès à Schneeberg , surtout depuis dix ans. En 1797,00 n’obtint, dans cet arrondissement de mines, que deux mille deux cent quatre-vingtdix-neuf quintaux de sulfate de fer et quatre-vingt-un quintaux de sulfate de cuivre; en 1807, on y a fabriqué cinq mille dix-huit quintaux de sulfate de fer et trois cent cinquante-un quintaux de sulfate de cuiVre. Les exploitations de Geyer ont fourni (en i8o5) neuf cent soixante-cinq quintaux de sulfate de fer; celles de Johnnngcorgstadt , six cent qnatre-vingt-huit quintaux; celles de Marienberg, deux mille cent quarante-nn quintaux. Dans les années antérieures, les minerais de l’arrondissement de Berggieshübel, auprès d'Altenberg, avoient fourni une quantité de sulfate de 1er, qui, de 1801 à 1804, a varié entre quatre-vingt-treize et deux cent cinquante quintaux par année; mais ce résultat d’exploitation paroît n’étre pas plus permanent dans cette contrée, que les petites quantités d’argent, de plomb et de cuivre qu’elle a fournies dans quelques-unes des premières années de ce siècle. On y avoit obtenu, par exemple (en 1804), trente-cinq marfcs d’argent, vingt quintaux de cuivre et trente-neuf quintaux de plomb: le compte de l’année suivante ne fait point mention de produits du même genre.
Dans un grand ensemble d’exploitation, rien de ce qui peut
(1) Voyez l’ouvrage fle'jh cite' de M. Toussaint von Charpentier, fils du célèbre auteur de la Géographie minéralogique de la Saxe, indiquée ci-dessus (Leipzig, t8oa, pag. ta «164)-
alimenter l'industrie n'est dédaigné par le mineur. Nous avons remarqué qu’il met à profit les pyrites ferrugineuses pour obtenir le soufre, le vitriol et l’argent; il sait également tirer parti des pyrites arsenicales et de l’arsenic qui se sublime dans les fourneaux. Celte substance, dout le nom ne rappelle ordinairement qu’un poison, devient, dans le Erzgebirge, un objet de commerce qui fournit aux arts dp brillantes couleurs, et à l’ouvrier ses moyens d'existence. En i8o5, il est sorti de l’usine de Geyer environ quinze cents quintaux de produits arsenicaux, principalement à l’état de sulfure rouge ou jaune. En 1807, l’arrondissement de Schneeherg a livré au commerce seize quintaux de sulfure rouge, pour une valeur de cent quatre-vingt-un rtlilr. ; et cent neuf quintaux d’autres produits arsenicaux , pour une valeur de six cent cinquantequatre rthlr. De ce même arrondissement, il provient tous les ans une certaine quantité de bismuth, qui s’est élevée, en A»tr«proiwu, «*, 1797, à quarante-quatre quintaux; en 1807, elle s’est bornée à vingt-cinq quintaux, formant une valeur de neuf cent cinquante-trois rthlr. Les mines de Scheibenberg fournissent quelques quintaux de manganèse oxidé ( Braunstein ) et de fer oxidé quartzifère ou émeril ( Schmirgel ). Ce produit accessoire s’est borné, en i8o5, à dix quintaux de la première de ces substances, et à trente de la seconde.
Il ne sera pas superflu d’ajouter à ces détails, que la quantité de substances minérales qui sont mises à profit dans le Erzgebirge, tandis que, dans beaucoup d’autres endroits, on les rejette comme inutiles , comprend , année commune, dix sept mille quintaux de pyrites à soufre, dix-huit mille quintaux de pyrites à vitriol, et six mille quintaux de pyrites arseni-
ÀJttO,
Cirrihii.
Influence du règoe minerai ; «te
cales; c’esl principalement des mines de Schneeberg, Johanngeorstadt, Marienberg et Geycr, que proviennent ces substances.
On exploite depuis cent ans, aux environs de Mühlau près Reichenbach, un schiste alumineux que l’on soumet à la calcination et au lavage pour en obtenir l’alun. Il existe d’autres élabhssemens dif même genre à Schmiedeberg, Schwemsal, Eckartsberg et Rïuskau. Je n’ai pu qu’estimer le produit annuel de ces ateliers, dont plusieurs paroissent peu considérables.
L’exploitation de la serpentine est en activité, à Zceblitz, depuis plus de deux cents ans; elle y entretient un grand nombre d’ouvriers qui façonnent cette roche en vases et autres objets du même genre. Le travail des grenats, qui abondent dans quelques-unes des roches de la Saxe, étoit autrefois en grande activité à Wolkersdorf dans la Lusace; mais aujourd’hui ce genre d'industrie est peu étendu.' Outre les substances dont nous avons fait mentiou, le royaume de Saxe tire, de son propre sol, des topases qui se trouvent dans le rocher de Schneckenstein près Auerbach; plusieurs variétés de granit, de porphyre et de marbre; des pierres à bâtir et de l’albâtre que l’on façonne en plusieurs endroits; de la terre à porcelaine, qui est exploitée principalement aux environs de Schneeberg pour la célèbre manufacture de porcelaine établie à Meissen; enfin, les terres qui sont employées par de nombreuses fabriques de poterie à Dresde, à Hubertsburg, à Pouch, à Bitterfelde, à Grimma, etc. et par les verreries de Friedrichstal , de Potschappel, etc.
On appréciera l’influence que le règne minéral exerce dans
le royaume de Saxe sur l’entretien de la population , si l’on considère que, dans le Erzgebirge , les travaux souterrains occupent directement neuf à dix mille hommes qui travaillent dans plus de quatre cents mines distinctes, mais coordbnnées à un même ensemble d’administration. D’après un terme moyen calculé sur dix années, on peut admettre que le corn* merce des marchandises tirées du règne minéral fait entrer en Saxe une valeur annuelle d’un million huit cent huit mille trente-neuf rthlr. , et sortir, pour l’importation des produits étrangers, quatre cent trente-trois mille sept cent dix-sept rthlr. Il en résulte que la balance du commerce est à l’avantage de la Saxe, d’une somme d’un million trois cent soixante-quatorze mille trois cent vingt-deux rthlr. (ou cinq millions trois cent trente-deux mille trois cent soixante-neuf francs), uniquement pour les produits du règne qui nous occupe, sans parler d’une foule d’autres avantages qu’enfante une industrie active et dirigée sagement par les grandes considérations d’utilité publique.
Houille et ferj
Cttifr*.
4rgeuU
Plomb.