‹ De la richesse minerale. Consideration sur les mines, usines et salines des differens etats, presentees comparativement ... Avec un Atlas infolio de 65 planches (volume 2)Chapitre 91 sur 121 · PRUSSE · texte numérisé non relu

PRUSSE

La houille et le fer sont en Prusse les principaux objets de l’art des mines et usines ; ces substances y composoient déjà la plus grande partie de la richesse minérale, lors même que les mines de cuivre et argent-du pays de Rothenbourg appartenaient à ce royaume. Nous avons vu ( pag. ,4) que la Prusse ne possède plus que deux exploitations de cuivre qui sont peu considérables; elles sont situées dans le pays de Jauer en Silésie : l’une , ouverte à Rudelstadt , est portée dans les registres de l’administration des mines comme fournissant , année commune, deux cent soixante-dix-sept quintaux de cuivre-rosette, six cent soixante-douze marcs d’argent et cent cinquante-un quintaux d’arsenic; l’autre, située à Kupferberg, ne produit annuellement que soixante quintaux de cuivre et deux marcs d’argent. Si l'on ajoute à ces foibles produits en argent, mille sept cent quatre-vingt-six marcs du même métal qui proviennent, année commune, du plomb que fournissent les mines de Tarnowitz, on connoltra tout ce que la Prusse relire aujourd’hui de ses minerais argentifères; car elle n’a point de mine d’argent proprement dite.

Les mines de plomb de Tarnowitz, dans la Haute-Silésie, présentent la seule grande exploitation de ce genre que possède la Prusse. Elles fournissent, année commune, six mille cent soixante-un quintaux de plomb , et de plus sept mille cinq cent huit quintaux de litharge ( plomb oxidé ) ; cette dernière quantité représente six mille sept cent cinquante-sept quintaux de métal pur. Outre les mines de Tarnowitz , qui sont exploitées par le souverain , il n’existe en Prusse que trois

petites exploitations «le plomb, qui ont été entreprises par des particuliers, dans la Basse-Silésie, à Jœnowitz, Arensberg et Lenthen. Leur produit total n’excède pas annuellement soixante-quatorze quintaux de ce métal.

Les mines de fer les plus considérables •de la Prusse sont c*u" 1 fersituées dans la Hante-Silésie , non loin de Beutben et de Oppeln ; les usines les plus célèbres sont celles de Malapane, de Gleywitz, de Creutzbourg, de Kœnigshütte ; elles appartiennent au souverain, et sont propres à servir de modèle, non-seulement à un grand nombre d’établissemens particuliers qui sont en activité daos ta même province, mais encore, ainsi que nous le verrons plus tard, à toutes les contrées où la bouille abonde, comme en Silésie, auprès du minerai de fer. Outre les fonderies et forges royales dont il vient d’étre question, il existe, dans la Haute-Silésie, vingt-cinq usines ayant une fonderie pour le premier traitement dn minerai de fer, et une forge pour le travail ultérieur du métal ; dixsept fonderies sans forge ; et quatre-vingt-onze forges sans fonderie. La Basse-Silésie présente six établissemens ayant fonderie et forge ; deux fonderies sans forge; et huit forges sans fonderie: total poor toute la Silésie, cent quarante-neuf établissemens qui sont propriétés particulières, et dont plusieurs ne sont que peu considérables. Chacune des usines royales présente au moins un haut fourneau ; celle de Kœnigshütte en a deux, et plusieurs ateliers accessoires. Gn trouve en Silésie, dans les établissemens tant royaux que particuliers, i° pour le traitement du minerai de fer, cinquantequatre hauts fourneaux et six ateliers montés suivant une autre méthode; a* pour le travail ultérieur du métal, cent soixante-dix feux d’afliacrie.

D'g,i d acüTiKi iu Quelques faits suffiront pour nous mettre à même de com-

parer l’activité des usines à fer exploitées par, le souverain , avec celle des établissemens particuliers. L’usine de Kœnigshütte fournit, année commune, trente-un mille cinq cents quintaux de fonte de fer brute {fonte en gueuse ); l’usine de Gleywitz, treize mille quintaux de fonte moulée; l’usine de Malapane, dix-huit mille trois cent-soixante-dix quintaux de fer en barres, et en outre, de la fonte moulée, de la tôle et dn fer blanc. Les autres usines royales produisent annuellement à peu près les mêmes quantités de marchandises, que les établissemens particuliers dont il va être question. Parmi ceuxci, on distingue les usines situées, t.° dans la Basse-Silésie, à Landskrone; 3.° dans la Haute-Silésie, à Kutschau, Stahlhammer, Caminiez, Krzizanzowitz, Grossborek, Rybuick, Zandowitz, et Kieferstædtel ; chacun de ces établissemens fournit annuellement de dix à douze mille quintaux de fonte de fier brute. La production annuelle de cette même substance varie de huit à dix mille quintaux , dans chacune des usines qui sont situées, i.° en Basse-Silésie, à Bankau, et à Lorensdorf; a." en Haute-Silésie, à Zabrze, Halemba,Koschmieder, Gutentag, Tanina, Nieborowitz, Kuczoherhammer, Bodland , Centawa , et Gottschütz. Enfin , la production annuelle de foute de fer brute varie de six à huit mille quintaux , dans les usines qui se trouvent, i.° en Basse-Silésie, à Lauterbach, et à Mallmitz ; 2.° En Haute-Silésie, à Breuitze, Saborowsky, Mollna, Bonker, Kokoteck, Poliwôda, Paproczan , Stodoll , Kadlub, Byzczyn et Althammer. Etle est au-dessous de six mille quintaux , dans chacun des seize établissemens particuliers de fonderie que nous n’avons point nommés, et dans plusieurs, elle ne s’élève pas au-dessus de trois mille.

Il résulte d’un état général dressé, en 1800, par l'administration des mines et usines de ia monarchie prussienne, que toute la Silésie fournit annuellement trois cent cinquante-un mille vingt-quatre quintaux de fonte de fer en gueuse. Sur cette quantité, il s’en vend quinze mille à l’état de fonte moulée, et l’on en consacre environ quatre mille à l'entretien des établissemens : total, dix-neuf mille quintaux de fonte moulée. Il reste, pour les autres genres d’emploi et de fabrication, trois cent trente-deux mille vingt-quatre quintaux de fonte brute, qui représentent deux cent quarante-six mille quatrevingt- trois quintaux de fer en barres. Ainsi, le produit annuel de cette province, tant en fonte moulée qu’en fer en barres, doit être estimé deux cent soixante-cinq mille quatre-vingt-trois quintaux. Sur les deux cent quarante-six mille quatre-vingttrois quintaux de fer en barres indiqués ci-dessus, il ne s’en débite réellement à. cet état, c’est-à-dire comme gros fer marchand, que les huit,<h*'èmes, ou deux cent mille quintaux, dont près de la moitié est exportée hors de la Silésie; un autre dixième environ employé à la fabrication du fer martiné, de la tôle, de l’acier et des outils, dans les ateliers accessoires que renferment les principales usines de celte province (1); enfin, le dixième restant ne parvient pas eu

(1) 11 se fabrique, anne'e commune, en Silésie : i.° de la tôle et du fer blanc, pour une valeur de cent cinquante mille francs; a.° des outils en fer (à peu près au nombre de cinquante-quatre mille pièces de pelles, scies , faux, etc. ) , pour une valeur de cent mille francs ; 5." du fil de fer, pour douze mille francs. Le premier genre de fabrication est en activité à Malapane et à Koenigshuld , mais dans ce dernier endroit, seulement pour une partie de la tôle. Les outils sont fabriqués à

Commerça dm fer , eu Silctie.

général à l’état de fer en barres, soit dans l’année même, soit daus le pays, qui a fourni les trente-six mille quintaux qu’il représente à peu près, tant parce qu’une partie de celte fonte ( partie qui s’élève à vingt-quatre mille quintaux ) est mise en réserve dans les usines qui l’ont produite, que parce qu’il sort de la Silésie douze mille quintaux de fonte de fer brute ; mais cette foibte différence ne doit point influer sur notre évaluation de la richesse minérale; d’un côté, parce que la réserve d'une année est mise à profit dans l’année suivante , et augmente la production annuelle; de l’autro, parce que la fonte de fer brute, qui s’exporte au prix de a rlblr. ou 8 fr. le quintal, alteindroit facilement en Silésie la valeur du fer en barres et de la fonte moulée, si l’on jugeoit à propos de l’y traiter pour cet objet, et parvient au moins à celte dernière valeur dans les autres parties de la Prusse qui la ' reçoivent de la Silésie.

d.<» tes MsrcVes. On sait que les minerais de la Silésie sont en général d’une nature qui les rend aussi propr^à la fabrication de la fonte moulée, qu’à celle du fer en ha^es et de la tôle; il n’en est pas de même de ceux qui s’exploitent dans la Marche électorale et dans la Nouvelle-Marche. Le phosphore qu’ils contiennent ne permet le plus souvent de les employer que pour obtenir , soit certaines espèces de fonte moulée , comme cela a lieu aux usines royales de Gottow, de Vietz, de Pleiske et

Kœnigshuld ; le fil de fer, à Rauden. Dans les Marches, on fabrique aussi les mêmes objets, savoir : dans la Marche électorale , à Carlswcrk , du fil de fer (trois cent soixante quintaux par an ); dans la iNouvcllc- Marche, à Zanzthal, sept cent cinquante quintaux de tôle; et à lliniwclatedl, huit ceut quarante barils de fer blanc par année.

de Tor gelow , soit quelqnes objets en fer médiocre, ainsi qae cela se pratique dans les forges de Peilz , de Rutzdorf et de Zanzhausen , qui appartiennent aussi au souverain. Outre les minerais des contrées où ils sont situés , plusieurs de ces établissemeos emploient de la fonte de fer brute qui leur vient de la Silésie; c’est entièrement de cette même province que la forge de Keustadt-Eberswald, située dans la Marche électorale, tire la fonte qu’elle emploie. La fonderie qui est établie à Berlin reçoit aussi de la Silésie une certaine quantité de cette matière première, qu’elle transforme en objets de fonte moulée, célèbres par leur belle exécution ; une partie de ce qui lui est nécessaire en ce genre provient de débris de fonte qu’elle achète pour les mettre à profit.'

L’ensemble des mines et usines à fer situées dans les Marches fournit, année commune, vingt-cinq mille quintaux de fonte moulée ,. et trente-un mille neuf cent soixante-dix quintaux de fer en barres; le total (cinquante-six mille neuf cent soixante-dix quintaux, tant de fonte moulée que de fer en barres) ajouté au produit de la Silésie ( deux cent soixantecinq mille quatre-vingt-trois quintaux ) , donne le nombre énoncé sur le tableau (i).

(1) Je n’ai pas cru devoir comprendre dans cette évaluation vingtquatre feux de forges catalanes, dans lesquelles le traitement des minerais fournit immédiatement dix-huit mille trois cent soixante-dix quintaux de fer, année commune; ces élablisscmens sont situés dans la province dite Westpreussen, ou Prusse occidentale, et vraisemblablement dans la partie considérable de cette province , que la Prusse a perdue par la paix de Tilsitt. U n’est point question ici , par la même raison, des forges de Kahlbude, Oliva, Freudcnthal et Suckrau, qui sont situées dans celte même province, qu’on appeloit Prusse occi-

La Silésie est la seule province de la Prusse qui possède des mines de houille; mais elle fournit ce combustible à une grande partie du royaume, tant parce qu’il abonde en plusieurs endroits, que parce qu’une communication facile entre l’Oder et l’Elbe est a surée au commerce par le canal de Fiuow. Plus de cent exploitations distinctes sont en activité pour l’extraction de la houille. Sur ce nombre, i.° la Haute- Silésie présente trente-quatre mines qui sont situées dans les districts de Leobschütz, de Ratibor. et surtout de Gleywitz , de Beuthen et de Plessen. On estime quelles fournissent annuellement, toutes ensemble, un indlion cent mille quintaux de houille; a* il existe, dans la Basse-Silésie, sur le territoire de Scbweidnitz, quarante mines où l’extraction totale de combustible s’élève, année commune, à trois millions cinq cent mille quintaux ; dans le pays deGlatz et Münsterberg, dixneuf mines d'où il sort, tous les ans, cinq cent cinquante mille quintaux de houille; et sur le territoire de Jauer, quelques exploitations du même genre , dont le produit total n’excède

dentale. Elles produisent treize mille six cent soixante-six quintaux . de fer forgé, et quatre mille quintaux d’acier. Vu les changcmens qui ont eu lieu depuis que j’ai recueilli ces renseignemens concernant les mines et usines de la Prusse, je ne saurois dire exactement quelles sont, parmi les forges qui viennent d'être indiquées, celles qui appartiennent aujourd'hui au territoire de la Russie, du duché de Varsovie ou de la Prusse. J’cprouve la même incertitude à l’égard de l’usine de Wondolleck , située dans la Prusse orientale ( Ostpreussen ), et de l’usine de Panky, située dans la Piusse méridionale ( Siidpreiissen). La première fournil, année commune, six mille quintaux de fonte de’ fer, et la seconde six mille quatre cents quintaux de fer en barres.

pas vingt-cinq mille quintaux ; 3.° dans la Nouvelle-Silésie , le district dit Siewierer-Revier présente trois mines, d’où l’on extrait annuellement cent vingt mille quintaux de houille ; ces dernières exploitations sont ouvertes à Strzizowitz , à Dumbrowa et auprès de Sielze, pour le compte du gouvernement, qui, parmi les mines de la Haute-Silésie, en fait aussi exploiter deux à ses frais, l’une près Zahrze dans le district de Gleywitz, l’autre près de Chorzow dans le district de Beulhen. Le produit brut de celles-ci compose près de la moitié du total énoncé pour les mines de bouille de la Haute- Silésie (i). Toutes les autres exploitations qui viennent d'étre indiquées sont des entreprises particulières, soumises à l’inspection du gouvernement, ainsi que nous l’avons exposé ailleurs ( voyez première partie).

On ne se contente point en Silésie d’employer la houille Emploi d«ut»i*iae. comme moyen de chauffage, et d’en exporter une quantité considérable vers la Sprée et jusques vers la Saale. Aux usines

(i) Les quantités qui sont exprimée* en quintaux dans cette estimation sont déduites des nombres de boisseaux {Schejffel)( chacun de trois pieds cubes b peu près ) qui se trouvent sur les états d'extraction annuelle de la bouille, dressés, il j a déjà quelques armées , par l’administration des mines. Notre es imation en nombres ronds suppose que le pied cube de houille pesé quatre vingt-cinq livres, ce qui pourra pa. oilre trop fort pour la bouille mesurée, quoique cette substance , considérée physiquement , pesé quatre-vingt-onze livres le pied cube ,et quoiqu’on sache qu’elle ne se vend qu’à la mesure comble , ce qui augmente de beaucoup le poids du boisseau-, mais, comme le. traction de la houille devient de jour en jour plus active en Silésie, les nombres de quintaux énoncés ci-dcssus ont paru propres à faire connoître létal actuel des mines.

Emploi de la touiLr.

Economie de boit.

de Kœnigshütte et de Gleywitz,on applique ce combustible, avec autant de succès qu’en Angleterre, au traitement des minerais de fer, dans des fourneaux dont la hauteur excède quarante pieds; l’usine de Tarnowilz met à proût la houille pour le traitement des minerais de plomb; plusieurs des martinets à cuivre qui sont situés dans la Marche électorale n’emploient point d’autre combustible; enfin, la houille, tant brute que charbonnée ( ou réduite en coak ) , remplace le bois dans un grand nombre d’établissemens de tout genre, et le gouvernement ne néglige rien pour procurer cet avantage aux contrées qui n’en jouissent pas encore.

Dans les parties de la Prusse qui n’ont point de mines de houille, on a cherché la tourbe avec une heureuse activité. Les grandes tourbières qui sont situées dans la Marche électorale, principalement auprès de Linum, de Friedersdorf et de Dœllen , etc. , fournissent annuellement plus de cent mille milliers de pièces de tourbe; on extrait de celles de ta Nouvelle-Marche environ trente mille milliers de pièces; de celles du territoire d’Elbing, huit mille; et de celles de la Nouvelle- Marche, deux à trois mille milliers.

Si l’on veut se faire une idée de l'économie de bois qui résulte, pour la Prusse, de l’exploitation fie ses tourbières, il suffira de remarquer que les cent quarante millions de pièces de tourbe, qu’elle consomme annuellement, équivalent à peu près à quatorze millions de pieds cubes de cette substance et remplacent, dans la combustion , au moins deux cent mille stères, ou mètres cubes, de bois. On peut estimer, d’une manière analogue, que la quantité de houille qui s’extrait de la Silésie remplace, tous les ans, à peu près trois millions deux cent mille stères de bois. Ainsi, l’économie annuelle que pro-

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cure à la Prusse l’exploitalion de ses mines de houille et de ses tourbières équivaut à trois millions cinq cent mille stères de bois, quantité qui seroit le produit d’environ vingt-cinq mille arpens de bois-taillis (suivant l’ancienne mesure de France )( t ).

Le cobalt n’est exploité en Prusse qu’aux mines de Queer- Coi.n.iioc, n*. bach, dont il est question dans le tableau; la quantité de calamine qu’il énonce provient entièrement des mines situées aux environs dè Tarnowitz et de Buuthen dans la Haute- Silésie. Le soufre est un produit accessoire de deux exploi- &.«&«, riinoi.ac. tâtions qui sont en activité daDS le pays de Jauer, auprès de Schreiberau et de Rohnau; la première fournit, année commune, deux mille cent douze quintaux de vitriol, ou sulfate de fer ; dix-huit mille trois cent cinquante-quatre livres d’acide sulfurique ; trois mille deux cent vingt-deux livres d’acide nitrique; soixante-dix quintaux d’oxide rouge de fer, dit Colcothar , et quarante un quintaux de soufre. La seconde verse annuellement dans le commerce onze cent quarante quintaux de sulfate de fer; quatorze mille cinq cent quinze livres d’acide sulfuriqug; onze cent trente-cinq livres d’acide nitrique; deux cent quatre-vingt-dix quintaux de soufre, et quelque peu d’oxide rouge de fer. Une autre exploitation de minerais vitrioliques se trouve dans le pays de Glatz, à Kamnig. Elle fournit annuellement douze ceut soixante-dixsept quintaux de sulfate de fer, et mille quatre-vingt-six livres d’acide sulfurique.

L’alun n’est exploité, en Silésie, qu’à Rohnau, dans le pays de Jauer; le produit de cet établissement se borne à quatre-

(1) V oyez ci-apres les calculs du même genre qui ont été établis b l’égard des niiues de l’empire françois (article France).

vingt-dix-sept quintaux par an. Il n’existe d'autre mine d’alun en Prusse qu’à Freyenwald, sur l’Oder, non loin de Custrin; cette intéressante exploitation fournit, année commune, huit mille quintaux d’alun très- recherché dans le commerce. Ses produits sont affectés à l’entretien d’un asyle d’orphelins, qui embellit Potsdam.

L’exploitation des carrières n’est pas moins active que celle des mines, dans plusieurs contrées de la Pruése; elle présente ‘ en quelques endroits des résultats dignes d'attention. Entre l’Elbe et la Vistule, il n’existe point, si l’on eo excepte la Silésie, d’autre carrière de pierre à chaux, que celle qui est exploitée à Rudersdorf, non loin de Berlin, pour le compte du gouvernement. On en extrait annuellement deux millions quatre cent quinze mille pieds cubes de pierre calcaire; les fourneaux remarquables qui font partie de ce grand établissement procurent annuellement quatre-vingt-dix mille boisseaux de chaux vive ( Scheffel de Berlin). Le produit brut de cette carrière compose, année commune, une valeur de deux cent trente-cinq mille francs ; à geine sorti de la terre , il circule par eau , d’un côté , jusqu’à l’Oder , et de l’autre jusqu’à l’Elbe.

Outre les fours à chaux de Rudersdorf, il en existe un grand nombre d’autres qui emploient les produits de cette carrière. Le gouvernement possède plusieurs établissemens de ce genre; ceux de la Marche électorale, situés à Beeskow et à Rathenow, lui fournissent quarante-six mille boisseaux de chaux vive ; ceux de la Nouvelle-Marche, établis à Landsberg sur la Warthe, lui en livrent, année commune, cinquante-cinq mille boisseaux ; ceux de la Poméranie, situés à Podjuch et à Rochow, soixantequinze mille. On trouve de plus, dans la Marche électorale,

trente-deux établissemens du uiéme genre concédés à des particuliers par le gouvernement; leur produit total s’élève, année commune, à deux cent quarante mille boisseaux de chaux vive, et compose une valeur de cinq cent viugt-huit mille francs. Les entreprises particulières n’en fournissent, dans la Nouvelle-Marche, que huit mille boisseaux par an; et dans la Poméranie, deux mille. Enfin, le gouvernement fait exploiter pour son compte une carrière à plâtre située à Sperenberg dans la Marche électorale; on en extrait annuellement dix mille deux cent cinquante boisseaux de cette substance.

Les terres et pierres propres à la fabrication du verre et des poteries sont mises à prolit dans plusieurs parties de la Prusse. Le plus célèbre établissement de ce genre est sans contredit la manufacture de Berlin, qui, dans l’année i8o5, livra au commerce pour huit cent mille francs de ses produits. Ou estime à peu près à cette même valeur la quantité totale de marchandises qui sort, année Commune, des faïenceries établies à Kœnigsberg , Neustadt-Eberswald , Francfort-surl’Oder, Berlin, Reinsberget Ratibor. Plusieurs verreries sont en activité dans la Marche électorale, dans la Nouvelle- Marche, dans la Poméranie et dans la Basse- Silésie. 11 existe une manufacture de glaces dans cette dernière province , et une autre à Neustadt-sur-la-Dosse. La Silésie présente un grand nombre d’ateliers dans lesquels on polit les grenats. La chrysoprase, pierre assez recherchée, dont l’existence n’est constatée par les minéralogistes qu’en Prusse et dans l’Attique, a été jadis l’objet d’une exploitation particulière, en Silésie; Frédéric-le-Grand encourageoit ce genre de travail, ainsi que tous les autres; mais les urines de chrysoprase, ouvertes sous son règne, dans la montagne deKosemitz, auprès de la petite

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ville de Nimptscb, n’ont été remises en activité que depuis peu de temps, et sans beaucoup de succès. Les ateliers établis à Kœnigsberg et à Slolpe, pour façonner le succin, ou ambre jaune, livrent au commerce une quantité de cette substance, qu’on estime valoir annuellement plus de cent cinquante mille francs (i).

Si l’on ajoute aux divers produits minéraux dont nous venons de faire l’énumération environ deux mille deux cents quintaux de sulfure d’arsenic, dont les sept huitièmes proviennent des mines de Reichenstein, dans le pays de Glatz, et le reste, de trois petites exploitations du même genre, qui sont ouvertes dans le pays de Jauer, on connoilra à-peu-près tout ce qui constitue la richesse minérale de la Prusse.

Ces détails, auxquels on reprochera peut-être leur étendue, contribueront du moins à faire sentir, par l’exemple de la Prusse, comme nous l’avons déjà indiqué (page 171) que, si toutes les matières premières qui composent la richesse minérale de chaque état avoient pu être comprises dans notre tableau statistique, la valeur première des substances qu’on extrait du sein de la terre s'élèverait au moins à un milliard de francs annuellement, pour la portion du globe qui nous est connue sous ce rapport. Ils feront voir, ces mêmes détails, que l’exploitation des minéraux qui sont regardés généralement comme les plus vils n’est pas indigne des soins d’une sage administration, puisqu'il en résulte des avantages politiques de tout genre, dont la conservation est aussi intéressante, et en général, plus profitable que celle des mines d’or et d’argent.

(1) Stalist. de M. Hasscl, indiquée ci-dessus.

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